Un savoir doit recueillir et relier.
- Un savoir doit recueillir et relier. (1)
Ne pas vouloir tout savoir
- Ne pas vouloir tout savoir (1)
La culture ne pense pas ; elle gère et digère des enseignements transformés en renseignements.
- La culture ne pense pas ; elle gère et digère des enseignements transformés en renseignements. (1)
Cette fuite se dirigeant vers le sommet (qu'est, dominant les empires eux-mêmes, la composition du savoir) n'est que l'un des parcours du labyrinthe. Mais ce parcours qu'il nous faut suivre de leurre en leurre, à la recherche de l'être, nous ne pouvons l'éviter d'aucune façon.
- Cette fuite se dirigeant vers le sommet (qu'est, dominant les empires eux-mêmes, la composition du savoir) n'est que l'un des parcours du labyrinthe. Mais ce parcours qu'il nous faut suivre de leurre en leurre, à la recherche de l'être, nous ne pouvons l'éviter d'aucune façon. (1)
Savoir s'étonner à propos est le premier pas fait sur la route de la découverte.
- Savoir s'étonner à propos est le premier pas fait sur la route de la découverte. (1)
Savoir et étonnement
- Savoir et étonnement (1)
La connaissance se comporte comme une collection et, plus précisément, comme une collection d'organismes interféconds, ce qui est encore plus intéressant.
- La connaissance se comporte comme une collection et, plus précisément, comme une collection d'organismes interféconds, ce qui est encore plus intéressant. (1)
Collectionner les savoirs
- Collectionner les savoirs (1)
Les connaissances nous suivent tout le reste de notre vie, nous sont toujours utiles, et quelquefois, nous consolent de bien des peines.
- Les connaissances nous suivent tout le reste de notre vie, nous sont toujours utiles, et quelquefois, nous consolent de bien des peines. (1)
La consolation par le savoir
- La consolation par le savoir (1)
Comprendre, c'est déjà aimer
- Comprendre, c'est déjà aimer (1)
Comprendre, c'est déjà aimer.
- Comprendre, c'est déjà aimer. (1)
Utilité du savoir
- Utilité du savoir (1)
On se lasse de tout, excepté d'apprendre
- On se lasse de tout, excepté d'apprendre (1)
La connaissance est en elle-même puissance
- La connaissance est en elle-même puissance (1)
Notre savoir consiste en grande partie à "croire savoir ", et à croire que d'autres savent.
- Notre savoir consiste en grande partie à "croire savoir ", et à croire que d'autres savent. (1)
Croire savoir
- Croire savoir (1)
On ne peut retenir qu'en comprenant.
- On ne peut retenir qu'en comprenant. (1)
Ce qu'on sait de quelqu'un empêche de le connaître.
- Ce qu'on sait de quelqu'un empêche de le connaître. (1)
Vouloir savoir
- Vouloir savoir (1)
La responsabilité de chacun implique deux actes : vouloir savoir et oser dire.
- La responsabilité de chacun implique deux actes : vouloir savoir et oser dire. (1)
La philosophie ne consiste-t-elle pas, après tout, à faire semblant d'ignorer ce que l'on sait et de savoir ce que l'on ignore ?
- La philosophie ne consiste-t-elle pas, après tout, à faire semblant d'ignorer ce que l'on sait et de savoir ce que l'on ignore ? (1)
Ce qu'on doit chercher à savoir, c'est de quelle façon on doit vivre sa vie pour qu'elle soit la meilleure possible.
- Ce qu'on doit chercher à savoir, c'est de quelle façon on doit vivre sa vie pour qu'elle soit la meilleure possible. (1)
Ce qu'on doit chercher à savoir
- Ce qu'on doit chercher à savoir (1)
Savoir empêche de connaître
- Savoir empêche de connaître (1)
Le dauphin
- Le dauphin (1)
Vivrais-tu un siècle, apprends toujours
- Vivrais-tu un siècle, apprends toujours (1)
Je ne sais pas
- Je ne sais pas (1)
Enseigne à ta langue à dire : Je ne sais pas.
- Enseigne à ta langue à dire : Je ne sais pas. (1)
L'Internet représente une menace pour ceux qui savent et qui décident. Parce qu'il donne accès au savoir autrement que par le cursus hiérarchique.
- L'Internet représente une menace pour ceux qui savent et qui décident. Parce qu'il donne accès au savoir autrement que par le cursus hiérarchique. (1)
Le sage doit avoir écouter les conseils du fou.
- Le sage doit avoir écouter les conseils du fou. (1)
L'esprit est absurde par ce qu'il cherche, il est grand par ce qu'il trouve.
- L'esprit est absurde par ce qu'il cherche, il est grand par ce qu'il trouve. (1)
Le sens tel qu'il est conçu chez Dôgen est essentiellement de l'ordre de la production, l'ordre du paraître. C'est pourquoi il doit naître ici et maintenant dans cet univers de la résonance qui est l'écriture, par la trituration d'une fleur. [...] Le sens doit se réaliser comme présence à ce-juste-moment-tel-quel où la pureté de la méditation assise sans formes ni couleurs - comme l'Oeil sans objet - transperce le recto. L'ordre atemporel du zazen dans sa radicalité du rien réalisera alors de parfaites épousailles avec l'ordre temporel de la Loi du phénomène, sans mélange ni confusion. Le sens n'est ni du côté du recto ni du côté du verso, ni du côté du texte (l'objet) ni du côté du lecteur (le sujet) ; il est de l'ordre de la rencontre et de la résonance.
- Le sens tel qu'il est conçu chez Dôgen est essentiellement de l'ordre de la production, l'ordre du paraître. C'est pourquoi il doit naître ici et maintenant dans cet univers de la résonance qui est l'écriture, par la trituration d'une fleur. [...] Le sens doit se réaliser comme présence à ce-juste-moment-tel-quel où la pureté de la méditation assise sans formes ni couleurs - comme l'Oeil sans objet - transperce le recto. L'ordre atemporel du zazen dans sa radicalité du rien réalisera alors de parfaites épousailles avec l'ordre temporel de la Loi du phénomène, sans mélange ni confusion. Le sens n'est ni du côté du recto ni du côté du verso, ni du côté du texte (l'objet) ni du côté du lecteur (le sujet) ; il est de l'ordre de la rencontre et de la résonance. (1)
Plus le texte est trituré, commenté, interprété et traduit, plus sa valeur augmente
- Plus le texte est trituré, commenté, interprété et traduit, plus sa valeur augmente (1)
Le coeur de l'Eveil remplit l'univers de la résonance, puisque l'Eveil consiste précisément à s'éveiller à l'écho constant que la Nature se fait à elle-même. Tel est le sens du mot de l'Eveillé-Shâkyamuni : "Lorsqu'est apparue l'étoile du matin, j'ai réalisé la Voie avec la vaste terre et tous les êtres vivants."
- Le coeur de l'Eveil remplit l'univers de la résonance, puisque l'Eveil consiste précisément à s'éveiller à l'écho constant que la Nature se fait à elle-même. Tel est le sens du mot de l'Eveillé-Shâkyamuni : "Lorsqu'est apparue l'étoile du matin, j'ai réalisé la Voie avec la vaste terre et tous les êtres vivants." (1)
Je reste pourtant dubitatif
- Je reste pourtant dubitatif (1)
Je suis négatif
- Je suis négatif (1)
Cette attention portée à l'infime, cette tendresse envers le monde et toutes les créatures vivantes, principe bouddhique s'il en est, participe aussi d'un souci constant du détail, caractéristique de l'art japonais [...] L'attention se centre sur un ou deux détails à même de dire la totalité d'un ensemble - la partie devient le tout.
- Cette attention portée à l'infime, cette tendresse envers le monde et toutes les créatures vivantes, principe bouddhique s'il en est, participe aussi d'un souci constant du détail, caractéristique de l'art japonais [...] L'attention se centre sur un ou deux détails à même de dire la totalité d'un ensemble - la partie devient le tout. (1)
La doctrine de la vacuité : les choses [...] sont vides d'être propre. La vacuité d'être propre des choses implique la vacuité de leur déroulement et de leur coproduction conditionnée. Tout changement, toute évolution et tout mouvement de l'apparaître et du disparaître des choses vides d'être propre ne peuvent être qu'eux-mêmes vides d'être propre. La vacuité, qui n'est ni l'être ni le ne-pas-être, ni à affirmer ni à nier dans son éternelle similitude à elle-même, n'est autre que la nature originelle de toutes choses, et toutes choses sont elles-mêmes de l'ordre de la non-naissance et de la non-disparition. Rien n'apparaît, rien ne disparaît, rien ne diminue, rien n'augmente fondamentalement.
- La doctrine de la vacuité : les choses [...] sont vides d'être propre. La vacuité d'être propre des choses implique la vacuité de leur déroulement et de leur coproduction conditionnée. Tout changement, toute évolution et tout mouvement de l'apparaître et du disparaître des choses vides d'être propre ne peuvent être qu'eux-mêmes vides d'être propre. La vacuité, qui n'est ni l'être ni le ne-pas-être, ni à affirmer ni à nier dans son éternelle similitude à elle-même, n'est autre que la nature originelle de toutes choses, et toutes choses sont elles-mêmes de l'ordre de la non-naissance et de la non-disparition. Rien n'apparaît, rien ne disparaît, rien ne diminue, rien n'augmente fondamentalement. (1)
Art de l'ellipse et du bref, le haiku se tient à l'évidence du côté de la "phrase vivante", mais il procède par retranchement, par soustraction - par dépouillement. Habité par une exigence d'expression absolue, il dénude la langue jusqu'à sa moelle.
- Art de l'ellipse et du bref, le haiku se tient à l'évidence du côté de la "phrase vivante", mais il procède par retranchement, par soustraction - par dépouillement. Habité par une exigence d'expression absolue, il dénude la langue jusqu'à sa moelle. (1)
Qui sait, au fond, si le monde vu par un papillon n'est pas plus réel que le nôtre ?
- Qui sait, au fond, si le monde vu par un papillon n'est pas plus réel que le nôtre ? (1)
[Le haikiste] met la focale au point sur ce qui est là, maintenant, inépuisable dans l'éphémère - non pas une essence, mais une dynamique, une énergie
- [Le haikiste] met la focale au point sur ce qui est là, maintenant, inépuisable dans l'éphémère - non pas une essence, mais une dynamique, une énergie (1)
Le présent et l'éternité
- Le présent et l'éternité (1)
[Le haiku] suspend, comme en se jouant, la raison discursive qui nous tient lieu de béquille - avec une ambition souveraine : dire la réalité telle qu'elle est.
- [Le haiku] suspend, comme en se jouant, la raison discursive qui nous tient lieu de béquille - avec une ambition souveraine : dire la réalité telle qu'elle est. (1)
Devant l'éclair - sublime est celui qui ne sait rien (Bashô)
- Devant l'éclair - sublime est celui qui ne sait rien (Bashô) (1)
Le haikiste semble photographier, enregistrer (André Breton dans le Premier Manifeste du Surréalisme n'appelait-il pas les poètes à être des "appareils enregistreurs" ?) un simple rien, mais dont l'éclat irradierait sans trêve. Il ne conçoit pas, il découvre.
- Le haikiste semble photographier, enregistrer (André Breton dans le Premier Manifeste du Surréalisme n'appelait-il pas les poètes à être des "appareils enregistreurs" ?) un simple rien, mais dont l'éclat irradierait sans trêve. Il ne conçoit pas, il découvre. (1)
"On appelle phrase morte une phrase dont le langage est encore du langage : une phrase vivante est celle dont le langage n'est plus du langage", Leang-Kiai de Tong-chan
- "On appelle phrase morte une phrase dont le langage est encore du langage : une phrase vivante est celle dont le langage n'est plus du langage", Leang-Kiai de Tong-chan (1)
Exercices spirituels
- Exercices spirituels (1)
L'être est voué à se défaire corps et âme, à se fondre dans le vide
- L'être est voué à se défaire corps et âme, à se fondre dans le vide (1)
Corps et âme
- Corps et âme (1)
L'éveil ? Une limpide immédiateté, sans la moindre grandiloquence. Une immanence prête à bruire dans les lieux les plus communs. Sauf qu'il n"est plus ici aucun lieu commun. Comme si chaque chose dans sa dimension fugitive dévoilait l'économie ultime de la nature
- L'éveil ? Une limpide immédiateté, sans la moindre grandiloquence. Une immanence prête à bruire dans les lieux les plus communs. Sauf qu'il n"est plus ici aucun lieu commun. Comme si chaque chose dans sa dimension fugitive dévoilait l'économie ultime de la nature (1)
Si le haiku est un exercice spirituel, c'est au sens où il approfondit le spiritus, c'est à dire le souffle, du monde en nous.
- Si le haiku est un exercice spirituel, c'est au sens où il approfondit le spiritus, c'est à dire le souffle, du monde en nous. (1)
L'insondabilité des choses
- L'insondabilité des choses (1)
Débordant les mots par les mots, leur faisant dire ce qu'ils ne semblent pouvoir dire, il [le haiku] gambade toujours aux limites du langage. Et s'il apparaît comme l'expression vraie d'un vertige, c'est sans doute parce qu'il s'attache à ciseler sans fin cette pure aporie : mettre en mots le silence
- Débordant les mots par les mots, leur faisant dire ce qu'ils ne semblent pouvoir dire, il [le haiku] gambade toujours aux limites du langage. Et s'il apparaît comme l'expression vraie d'un vertige, c'est sans doute parce qu'il s'attache à ciseler sans fin cette pure aporie : mettre en mots le silence (1)
[A propos du haiku] Ses quelques syllabes ouvrent un espace de naissance infinie que la lecture échoue à épuiser. Un espace de pure intensité mentale. Il faut dire que le lecteur est convoqué au plus vif, au plus vrai de sa palette sensible, pour "compléter" le poème. Le faire résonner. Comme si la métaphore cédait ici le pas à la résonance - onde d'un galet de sens ricochant sur les eaux du silence
- [A propos du haiku] Ses quelques syllabes ouvrent un espace de naissance infinie que la lecture échoue à épuiser. Un espace de pure intensité mentale. Il faut dire que le lecteur est convoqué au plus vif, au plus vrai de sa palette sensible, pour "compléter" le poème. Le faire résonner. Comme si la métaphore cédait ici le pas à la résonance - onde d'un galet de sens ricochant sur les eaux du silence (1)
Un sentiment du monde comme miracle. Un sentiment d'ouverture à l'insondabilité des choses que semble avoir peu ou prou oublié l'héritage philosophique occidental, gouverné d'ordinaire par un esprit de distance vis-à-vis de la réalité
- Un sentiment du monde comme miracle. Un sentiment d'ouverture à l'insondabilité des choses que semble avoir peu ou prou oublié l'héritage philosophique occidental, gouverné d'ordinaire par un esprit de distance vis-à-vis de la réalité (1)
Selon Bashô, un poème achevé doit révéler - dans le même temps - l'immuable, l'éternité qui nous déborde (fueki) et le fugitif, l'éphémère qui nous traverse (ryukô). Le haiku tremble et scintille alors comme un instant-poème, une étincelle jaillie de la confrontation permanent entre le présent et l'éternité, un minuscule aérolithe de modestie à l'échelle du cosmos.
- Selon Bashô, un poème achevé doit révéler - dans le même temps - l'immuable, l'éternité qui nous déborde (fueki) et le fugitif, l'éphémère qui nous traverse (ryukô). Le haiku tremble et scintille alors comme un instant-poème, une étincelle jaillie de la confrontation permanent entre le présent et l'éternité, un minuscule aérolithe de modestie à l'échelle du cosmos. (1)
Une fleur de sens
- Une fleur de sens (1)
Un cendrier plein n'est pas moins triste qu'un lit défait
- Un cendrier plein n'est pas moins triste qu'un lit défait (1)
Le lit défait
- Le lit défait (1)
L'ère du soupçon
- L'ère du soupçon (1)
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige | Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir
- Voici venir les temps où vibrant sur sa tige | Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir (1)
Pour que mûrisse le fruit - de soi-même -, les fleurs ont besoin du soleil, de la pluie, de la terre et du vent. L'écloqion d'une seule fleur nous délivre ainsi l'un des points cardinaux de la doctrine de la vacuité : l'interdépendance et l'interférence de toutes choses en toutes choses.
- Pour que mûrisse le fruit - de soi-même -, les fleurs ont besoin du soleil, de la pluie, de la terre et du vent. L'écloqion d'une seule fleur nous délivre ainsi l'un des points cardinaux de la doctrine de la vacuité : l'interdépendance et l'interférence de toutes choses en toutes choses. (1)
C'est fort mal connaître le sommeil qu'imaginer qu'on va le voir venir. On peut à la rigueur le sentir qui s'installe, mais on ne le voit pas plus qu'on ne regarde le soleil en face. C'est lui qui va s'emparer de vous par derrière ou dans un angle mort.
- C'est fort mal connaître le sommeil qu'imaginer qu'on va le voir venir. On peut à la rigueur le sentir qui s'installe, mais on ne le voit pas plus qu'on ne regarde le soleil en face. C'est lui qui va s'emparer de vous par derrière ou dans un angle mort. (1)
"And I shall have some peace there"
- "And I shall have some peace there" (1)
I will arise and go now, and go to Innisfree
- I will arise and go now, and go to Innisfree (1)
And I shall have some peace there
- And I shall have some peace there (1)
On s'en veut quelquefois de sortir de son bain
- On s'en veut quelquefois de sortir de son bain (1)
Lorsque se produit un effet inattendu sans qu'il n'y ait de rapport apparent entre la cause et cet effet, les Japonais citent volontiers l'aphorisme populaire : "Si le vent souffle fort, le tonnelier se frotte les mains". Voici l'une des explications possibles de cet aphorisme : quand le vent souffle fort, un nuage de poussière se soulève. Comme le nuage de poussière rend malade l'oeil des hommes, le nombre des aveugles augmente. Comme les aveugles aiment jouer su shamisen, une sorte de banjo japonais à trois cordes, la demande du shamizen augmente. Comme la fabrication du shamizen nécessite de la peau de chat, peau à tendre sur la partie supérieure de la caisse de résonnance, on tue nombre de chats pour obtenir leur peau. Comme le nombre de chats diminue, celui des rats augmente. Comme ces rats rongent les tonneaux, la commande de nouveaux tonneaux afflue chez le tonnelier.
- Lorsque se produit un effet inattendu sans qu'il n'y ait de rapport apparent entre la cause et cet effet, les Japonais citent volontiers l'aphorisme populaire : "Si le vent souffle fort, le tonnelier se frotte les mains". Voici l'une des explications possibles de cet aphorisme : quand le vent souffle fort, un nuage de poussière se soulève. Comme le nuage de poussière rend malade l'oeil des hommes, le nombre des aveugles augmente. Comme les aveugles aiment jouer su shamisen, une sorte de banjo japonais à trois cordes, la demande du shamizen augmente. Comme la fabrication du shamizen nécessite de la peau de chat, peau à tendre sur la partie supérieure de la caisse de résonnance, on tue nombre de chats pour obtenir leur peau. Comme le nombre de chats diminue, celui des rats augmente. Comme ces rats rongent les tonneaux, la commande de nouveaux tonneaux afflue chez le tonnelier. (1)
Quand tu seras môme, on t'apprendra le temps d'aimer
- Quand tu seras môme, on t'apprendra le temps d'aimer (1)
Rien n'existe indépendamment des autres, aucun évènement ne se produit sans qu'il exerce la moindre influence sur le reste des choses
- Rien n'existe indépendamment des autres, aucun évènement ne se produit sans qu'il exerce la moindre influence sur le reste des choses (1)
L'interdépendance totale et infinie de toutes choses et leur interférence insondable, cela même s'il n'y a aucun rapport direct et apparent...
- L'interdépendance totale et infinie de toutes choses et leur interférence insondable, cela même s'il n'y a aucun rapport direct et apparent... (1)
La non-naissance et la non-disparition
- La non-naissance et la non-disparition (1)
La subtilité
- La subtilité (1)
Pourquoi aimons-nous le haiku ? Sans doute pour l'acquiescement qu'il suscite en nous, entre émerveillement et mystère. Le temps d'un souffle (un haiku, selon la règle, ne doit pas être plus long qu'une respiration), le poème coïncide tout à coup avec notre exacte intimité, provoquant le plus subtil des séismes. Sans doute aussi parce qu'il nous déroute, parce qu'il nous sort de notre pli, déchirant une taie sur notre regard, rappelant que la création a lieue à chaque instant. "Salve contre l'habitude", disait justement Henri Pichette à propos de la poésie - "ravissement soudain dans l'imprévisible", répondraient les haikistes qui traquent l'inconnu au coeur du familier. Peut-être enfin parce qu'il sait pincer le coeur avec légèreté. Rien de pesant, rien de solennel, rien de convenu. Juste un tressaillement complice. Une savante simplicité. L'éclosion spontanée d'une fleur de sens.
- Pourquoi aimons-nous le haiku ? Sans doute pour l'acquiescement qu'il suscite en nous, entre émerveillement et mystère. Le temps d'un souffle (un haiku, selon la règle, ne doit pas être plus long qu'une respiration), le poème coïncide tout à coup avec notre exacte intimité, provoquant le plus subtil des séismes. Sans doute aussi parce qu'il nous déroute, parce qu'il nous sort de notre pli, déchirant une taie sur notre regard, rappelant que la création a lieue à chaque instant. "Salve contre l'habitude", disait justement Henri Pichette à propos de la poésie - "ravissement soudain dans l'imprévisible", répondraient les haikistes qui traquent l'inconnu au coeur du familier. Peut-être enfin parce qu'il sait pincer le coeur avec légèreté. Rien de pesant, rien de solennel, rien de convenu. Juste un tressaillement complice. Une savante simplicité. L'éclosion spontanée d'une fleur de sens. (1)
"Inventer une rencontre singulière exige un effort soutenu d'attention. Organiser un service collectif suppose le renfort d'une institution. La première voie est éthique et morale, la seconde est politique et économique."
- "Inventer une rencontre singulière exige un effort soutenu d'attention. Organiser un service collectif suppose le renfort d'une institution. La première voie est éthique et morale, la seconde est politique et économique." (1)
Eloge des institutions
- Eloge des institutions (1)
Le lieu commun
- Le lieu commun (1)
La pensée discursive
- La pensée discursive (1)
La sémantique
- La sémantique (1)
Les territoires de sens
- Les territoires de sens (1)
Ce "flou irisé de ressources" qu'évoque Claude Roy à propos du chinois.
- Ce "flou irisé de ressources" qu'évoque Claude Roy à propos du chinois. (1)
Exprimer l'inexprimable
- Exprimer l'inexprimable (1)
La graphie japonaise - alliant idéogrammes et syllabaire phonétique - favorise l'extrême densité du haiku. Là où l'écriture littéraire de l'Occident semble donner d'emblée un socle cartésien à la description de la réalité, la figure fulgurante de l'idéogramme se prête plus facilement à "l'expression de l'inexprimable", à la transmission d'un espace que ne saurait saisir la seule pensée discursive.
En outre, la structure même de la langue favorise l'ambiguïté. Le japonais offre un vocabulaire des plus riches, à la fois flou et extrêmement nuancé. Il décline le monde avec autant de subtilité que le français - mais sur un mode plus énigmatique. Ici, un vocable recouvre souvent un éventail de notions que d'autres mots traversent. Incertaine, la frontière délimitant les territoires de sens dévoile tout un champ d'associations. Ambiguïté permanente qui déploie l'étendue de ses facettes dans le haiku, jusqu'à en faire parfois un véritable "langage crépusculaire", lequel n'est pas sans évoquer le sandhya-bhasa ("langue du paradoxe") chère au bouddhisme médiéval indien : les mots sont alors détournés de leur rôle en vue de dire un au-delà (ou un en-deça) d'eux-mêmes, de cerner une conscience globale antérieure à toute conceptualisation, y compris celle du langage.
Au delà du clair de lune
je laisse ma barque
pour entrer dans le ciel
(Koda Rohan)
La grammaire particulière du haiku nourrit encore d'autres ambivalences. Ainsi, le "collage" de plusieurs idéogrammes - dont la fonction grammaticale reste "flottante" - ouvre la porte à plusieurs sens, révélant du même coup une palette d'interprétations. Les sens se chevauchent, se complètent, se démultiplient - trivial et spirituel s'entrecroisent. Le flou sémantique accroit l'exactitude poétique.
Un seul et même mot, uta, désigne en japonais la poésie et le chant. Et c'est à voix haute, comme un chant, que le haiku se lit.
- La graphie japonaise - alliant idéogrammes et syllabaire phonétique - favorise l'extrême densité du haiku. Là où l'écriture littéraire de l'Occident semble donner d'emblée un socle cartésien à la description de la réalité, la figure fulgurante de l'idéogramme se prête plus facilement à "l'expression de l'inexprimable", à la transmission d'un espace que ne saurait saisir la seule pensée discursive.
En outre, la structure même de la langue favorise l'ambiguïté. Le japonais offre un vocabulaire des plus riches, à la fois flou et extrêmement nuancé. Il décline le monde avec autant de subtilité que le français - mais sur un mode plus énigmatique. Ici, un vocable recouvre souvent un éventail de notions que d'autres mots traversent. Incertaine, la frontière délimitant les territoires de sens dévoile tout un champ d'associations. Ambiguïté permanente qui déploie l'étendue de ses facettes dans le haiku, jusqu'à en faire parfois un véritable "langage crépusculaire", lequel n'est pas sans évoquer le sandhya-bhasa ("langue du paradoxe") chère au bouddhisme médiéval indien : les mots sont alors détournés de leur rôle en vue de dire un au-delà (ou un en-deça) d'eux-mêmes, de cerner une conscience globale antérieure à toute conceptualisation, y compris celle du langage.
Au delà du clair de lune
je laisse ma barque
pour entrer dans le ciel
(Koda Rohan)
La grammaire particulière du haiku nourrit encore d'autres ambivalences. Ainsi, le "collage" de plusieurs idéogrammes - dont la fonction grammaticale reste "flottante" - ouvre la porte à plusieurs sens, révélant du même coup une palette d'interprétations. Les sens se chevauchent, se complètent, se démultiplient - trivial et spirituel s'entrecroisent. Le flou sémantique accroit l'exactitude poétique.
Un seul et même mot, uta, désigne en japonais la poésie et le chant. Et c'est à voix haute, comme un chant, que le haiku se lit. (1)
Une poésie fondée sur l'imprécision et l'ambiguïté - en même temps que sur la concision.
- Une poésie fondée sur l'imprécision et l'ambiguïté - en même temps que sur la concision. (1)
La poésie d'une langue où les adjectifs se conjguent, où les noms, délivrés de fioritures tels que genre ou nombre, se présentent sous la forme de dessins
- La poésie d'une langue où les adjectifs se conjguent, où les noms, délivrés de fioritures tels que genre ou nombre, se présentent sous la forme de dessins (1)
La grammaire
- La grammaire (1)
les ressources
- les ressources (1)
L'étrangeté est toujours partageable
- L'étrangeté est toujours partageable (1)
L'icône de la Trinité d'Andreï Roublev
- L'icône de la Trinité d'Andreï Roublev (1)
Prépare-toi à la mort
prépare-toi
bruissent les cerisiers en fleur
(Issa)
- Prépare-toi à la mort
prépare-toi
bruissent les cerisiers en fleur
(Issa) (1)
Profond
plus profond encore
dans les montagnes bleues
(Santôka)
- Profond
plus profond encore
dans les montagnes bleues
(Santôka) (1)
Dans la brume de printemps
le vol blanc
d'un insecte au nom inconnu
(Yosa Buson)
- Dans la brume de printemps
le vol blanc
d'un insecte au nom inconnu
(Yosa Buson) (1)
Questions/réponses
- Questions/réponses (1)
Guérir du moi
- Guérir du moi (1)
L'étrangeté
- L'étrangeté (1)
Nuit sans fin -
je pense
à ce qui viendra dans dix mille ans
(Shiki)
- Nuit sans fin -
je pense
à ce qui viendra dans dix mille ans
(Shiki)
(1)
Tu es riche ?
J'ai tout
Je ne me possède plus
- Tu es riche ?
J'ai tout
Je ne me possède plus (1)
La plus extrême minutie apportée à la codification des instants du monde [devient] le gage d'une vraie liberté.
- La plus extrême minutie apportée à la codification des instants du monde [devient] le gage d'une vraie liberté. (1)
Exactitude esthétique
- Exactitude esthétique (1)
Des poèmes-lâcher-prise
- Des poèmes-lâcher-prise (1)
Le lâcher prise
- Le lâcher prise (1)
[Ces poèmes] n'imposent rien, ils offrent, ils tendent, ls éclosent
- [Ces poèmes] n'imposent rien, ils offrent, ils tendent, ls éclosent (1)
Folle sagesse
- Folle sagesse (1)
Entendre chanter les choses
- Entendre chanter les choses (1)
Le souhait rilkien d'"entendre chanter les choses"
- Le souhait rilkien d'"entendre chanter les choses" (1)
Le fugitif
- Le fugitif (1)
Toutes les formes de coïncidences.
- Toutes les formes de coïncidences. (1)
La coïncidence
- La coïncidence (1)
[Le haiku] plaide à sa manière pour un esprit désoccupé, un esprit qui se laisse habiter. Il met en scène un je-monde à la fois totalement impliqué et parfaitement désimpliqué, un je-univers, un corps au diapason de l'espace.
- [Le haiku] plaide à sa manière pour un esprit désoccupé, un esprit qui se laisse habiter. Il met en scène un je-monde à la fois totalement impliqué et parfaitement désimpliqué, un je-univers, un corps au diapason de l'espace. (1)
Imaginez un univers enfin désentravé, dégrippé. Comme un terrain de jeu infini. Une facétie, révélée dans tout sa nudité cocasse.
- Imaginez un univers enfin désentravé, dégrippé. Comme un terrain de jeu infini. Une facétie, révélée dans tout sa nudité cocasse. (1)
Un terrain de jeu infini
- Un terrain de jeu infini (1)
L'importance que les japonais accordent aux circonstances, toujours uniques, jamais dues au seul hasard, mais bien à un lien prédestiné qui unit les êtres et les choses.
- L'importance que les japonais accordent aux circonstances, toujours uniques, jamais dues au seul hasard, mais bien à un lien prédestiné qui unit les êtres et les choses. (1)
Les circonstances
- Les circonstances (1)
Le haiku comme une salutation, un hommage au moment présent
- Le haiku comme une salutation, un hommage au moment présent (1)
On compte accumulés au fil des siècles dans des almanach poétiques(saïjiki) quelques milliers d'expressions ou de mots-saison, à partir desquels les haikistes façonnent leurs poèmes. Ces recueils, ces glossaires répertorient scrupuleusement tous les mots exprimant l'essence - le "parfum" - de la saison et els classent selon plusieurs catégories évocatrices : les moments de la saison, les phénomènes du ciel, le paysage, les activités humaines, la faune et la flore. Volonté d'ordonnancement du monde, souci d'exactitude esthétique, qui apparaissent comme une constante spécifique, intime du génie japonais.
- On compte accumulés au fil des siècles dans des almanach poétiques(saïjiki) quelques milliers d'expressions ou de mots-saison, à partir desquels les haikistes façonnent leurs poèmes. Ces recueils, ces glossaires répertorient scrupuleusement tous les mots exprimant l'essence - le "parfum" - de la saison et els classent selon plusieurs catégories évocatrices : les moments de la saison, les phénomènes du ciel, le paysage, les activités humaines, la faune et la flore. Volonté d'ordonnancement du monde, souci d'exactitude esthétique, qui apparaissent comme une constante spécifique, intime du génie japonais. (1)
Le haiku se développe d'ordinaire sur la toile de fond d'un mot-saison (kigo)
- Le haiku se développe d'ordinaire sur la toile de fond d'un mot-saison (kigo) (1)
L'inattendu
- L'inattendu (1)
Errance libertaire des gestes et du regard
- Errance libertaire des gestes et du regard (1)
Errance libertaire
- Errance libertaire (1)
Une confiance illimitée dans l'inattendu
- Une confiance illimitée dans l'inattendu (1)
Et là j'aurai quelque paix
- Et là j'aurai quelque paix (1)
Et dans ma clairière je vivrai seul, devenu le bruit des abeilles
- Et dans ma clairière je vivrai seul, devenu le bruit des abeilles (1)
Et maintenant, que vais-je faire de tout ce temps que sera ma vie
- Et maintenant, que vais-je faire de tout ce temps que sera ma vie (1)
Je vais en rire, pour ne plus pleurer
- Je vais en rire, pour ne plus pleurer (1)
L"écriture automatique révèle les constantes les plus fondamentales de l"individu
- L"écriture automatique révèle les constantes les plus fondamentales de l"individu (1)
Ce qui détruit le monde, c'est l'indifférence
- Ce qui détruit le monde, c'est l'indifférence (1)
Laisse-moi te dire, laisse-moi te dire et te redire ce que tu sais
- Laisse-moi te dire, laisse-moi te dire et te redire ce que tu sais (1)
- Pourquoi tu peux pas sauver le monde ?
- Parce que j'suis pas Superman, et qu'ça va super mal
Et que Barbie et Ken sont devenus super mad
- - Pourquoi tu peux pas sauver le monde ?
- Parce que j'suis pas Superman, et qu'ça va super mal
Et que Barbie et Ken sont devenus super mad (1)
J'aimerais qu'tu fasses quelque chose
Je te l'demande, promets - moi
Si tu le peux, s'il te plait
Si vous le pouvez : sauvez le monde
- J'aimerais qu'tu fasses quelque chose
Je te l'demande, promets - moi
Si tu le peux, s'il te plait
Si vous le pouvez : sauvez le monde (1)
Il en faut peu pour être heureux
- Il en faut peu pour être heureux (1)
L'oeil qui voit sans voir et qui entends ce qui n'est pas perceptible à nos oreilles de chair : la résonance de l'univers
- L'oeil qui voit sans voir et qui entends ce qui n'est pas perceptible à nos oreilles de chair : la résonance de l'univers (1)
Invisibilité du visible et visibilité de l'invisible
- Invisibilité du visible et visibilité de l'invisible (1)
Au cours de nos recherches, nous avions constaté en effet que l'esprit, dégagé de toutes les pressions critiques et des habitudes scolaires, offrait des images et non des propositions logiques et que, si nous acceptions d'adopter ce que le psychiatre Pierre Janet appelait l'écriture automatique, nous notions des textes où nous décrivions un univers inexploré jusqu'alors. Nous décidâmes donc de nous donner quinze jours pour écrire en collaboration un ouvrage où nous [sic] interdisions de corriger et de raturer nos élucubrations. Nous n'eûmes aucune peine à respecter ce délai et c'est avec une joie croissante que nous prîmes connaissance des textes
- Au cours de nos recherches, nous avions constaté en effet que l'esprit, dégagé de toutes les pressions critiques et des habitudes scolaires, offrait des images et non des propositions logiques et que, si nous acceptions d'adopter ce que le psychiatre Pierre Janet appelait l'écriture automatique, nous notions des textes où nous décrivions un univers inexploré jusqu'alors. Nous décidâmes donc de nous donner quinze jours pour écrire en collaboration un ouvrage où nous [sic] interdisions de corriger et de raturer nos élucubrations. Nous n'eûmes aucune peine à respecter ce délai et c'est avec une joie croissante que nous prîmes connaissance des textes (1)
Liberté : DADA DADA DADA, hurlement des couleurs crispées, entrelacement des contraires et de toutes les contradictions, des grotesques, des inconséquences : LA VIE (Manifeste dada, 1918)
- Liberté : DADA DADA DADA, hurlement des couleurs crispées, entrelacement des contraires et de toutes les contradictions, des grotesques, des inconséquences : LA VIE (Manifeste dada, 1918) (1)
Les contraires
- Les contraires (1)
Lorsqu'on observe la montagne en plein jour, celle-ci cache son secret profond au sein même de sa visibilité.
- Lorsqu'on observe la montagne en plein jour, celle-ci cache son secret profond au sein même de sa visibilité. (1)
Celui qui est toujours sans désir peut voir le mystère | Et le mystère est lui-même la porte de toute manifestation (Tao Te King)
- Celui qui est toujours sans désir peut voir le mystère | Et le mystère est lui-même la porte de toute manifestation (Tao Te King) (1)
Ecriture automatique : dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale
- Ecriture automatique : dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale (1)
Ces expériences les amenaient à considérer la poésie, non plus comme un système à la façon de Mallarmé, mais comme une libération, comme une possibilité d'accorder à l'esprit une liberté qu'ils n'avaient jusqu'alors à leurs yeux, jamais connue et à constater qu'elle les délivrait de l'appareil logique.
- Ces expériences les amenaient à considérer la poésie, non plus comme un système à la façon de Mallarmé, mais comme une libération, comme une possibilité d'accorder à l'esprit une liberté qu'ils n'avaient jusqu'alors à leurs yeux, jamais connue et à constater qu'elle les délivrait de l'appareil logique. (1)
Le délire poétique de Lautréamont
- Le délire poétique de Lautréamont (1)
Les "grandes chasses intérieures" (Aragon)
- Les "grandes chasses intérieures" (Aragon) (1)
L'osmose serait de changer les choses
De voir en anamorphose jusqu'à la métamorphose
D'écouter le Choeur des Anges comme les voix d'outre-tombe
Parce que j'entends leur cri du coeur qui nous dit : Sauvez le Monde !
- L'osmose serait de changer les choses
De voir en anamorphose jusqu'à la métamorphose
D'écouter le Choeur des Anges comme les voix d'outre-tombe
Parce que j'entends leur cri du coeur qui nous dit : Sauvez le Monde ! (1)
Il faudrait tout recommencer
- Il faudrait tout recommencer (1)
Quand vous méditez, vous êtes au courant de tout
- Quand vous méditez, vous êtes au courant de tout (1)
Etre au courant de tout
- Etre au courant de tout (1)
Parfois, après de longues années de travail et d'épuisement, on parvient à tracer un trait, mais qui ressemble à une étincelle de magie. Or ce moment de grâce survient toujours à l'instant précis où le corps et l'esprit sont les plus relâchés. C'est là tout l'art du zen.
- Parfois, après de longues années de travail et d'épuisement, on parvient à tracer un trait, mais qui ressemble à une étincelle de magie. Or ce moment de grâce survient toujours à l'instant précis où le corps et l'esprit sont les plus relâchés. C'est là tout l'art du zen. (1)
La notion de geste naturel, rester vrai
- La notion de geste naturel, rester vrai (1)
L'énergie collective de la pleine conscience, de la joie et de la fraternité, est là
- L'énergie collective de la pleine conscience, de la joie et de la fraternité, est là (1)
Porter une attention entière, sans interruption, sur l'inspir et l'expir
- Porter une attention entière, sans interruption, sur l'inspir et l'expir (1)
L'attention entière sur l'inspir et l'expir génère de la concentration et de la vision profonde
- L'attention entière sur l'inspir et l'expir génère de la concentration et de la vision profonde (1)
On n'a pas besoin de l'argent pour être heureux
- On n'a pas besoin de l'argent pour être heureux (1)
La joie et le bonheur peuvent être générés par une inspiration et une expiration dans la pleine conscience
- La joie et le bonheur peuvent être générés par une inspiration et une expiration dans la pleine conscience (1)
Nommer les objets, les choses autour de soi, leur conférer une âme est un acte essentiel. C'est ce qui les rend précieux et vivants.
- Nommer les objets, les choses autour de soi, leur conférer une âme est un acte essentiel. C'est ce qui les rend précieux et vivants. (1)
Purification
- Purification (1)
J'aurais aimé porter la lampe, la torche et le flambeau
Aimé changer le monde par le poids des mots
Apporter l'étincelle au plus grand nombre
Mais quoi qu'je fasse, je n'pourrai pas sauver le monde
- J'aurais aimé porter la lampe, la torche et le flambeau
Aimé changer le monde par le poids des mots
Apporter l'étincelle au plus grand nombre
Mais quoi qu'je fasse, je n'pourrai pas sauver le monde (1)
Imagine le monde, la modernité | Avec de la volonté on peut tout changer
- Imagine le monde, la modernité | Avec de la volonté on peut tout changer (1)
Tout changer
- Tout changer (1)
Il faut étudier l'enseignement essentiel du nombre : "faire avec la multitude"
- Il faut étudier l'enseignement essentiel du nombre : "faire avec la multitude" (1)
La multitude
- La multitude (1)
J'ai lutté contre vents et marées
Résisté aux sirènes qui voulaient me noyer
Naufragé isolé seul et face au monde
Malgré tous ces efforts, je ne pourrai pas sauver le monde
- J'ai lutté contre vents et marées
Résisté aux sirènes qui voulaient me noyer
Naufragé isolé seul et face au monde
Malgré tous ces efforts, je ne pourrai pas sauver le monde (1)
Le zen c'est la vacuité, la paix intérieure. Zazen c'est s'asseoir en silence, parfaitement immobile, et faire le vide en soi. Ne plus courir, apprendre à vivre et à observer. Devenir immobile. Et contempler ce qui nous entoure. Avec un ravissement toujours plus grand. Voila le début du zen.
- Le zen c'est la vacuité, la paix intérieure. Zazen c'est s'asseoir en silence, parfaitement immobile, et faire le vide en soi. Ne plus courir, apprendre à vivre et à observer. Devenir immobile. Et contempler ce qui nous entoure. Avec un ravissement toujours plus grand. Voila le début du zen. (1)
Examinez et analysez le moment où il ne fait ni jour ni nuit
- Examinez et analysez le moment où il ne fait ni jour ni nuit (1)
Depuis, quand le soleil est sombre
Nombre d'entre nous résistent ou bien succombent
- Depuis, quand le soleil est sombre
Nombre d'entre nous résistent ou bien succombent (1)
Sortir de soi moyennant le kôan
- Sortir de soi moyennant le kôan (1)
Nagarjuna fait usage du tétralemme :
Ni x |
Ni non-x |
Ni x et non-x |
Ni x ni non-x.
Cette logique s'applique finalement à l'Être. Il n'y a:
Ni «Être» |
Ni «Non-Être» |
Ni «Être et Non-Être» |
Ni «Ni Être ni Non-Être»
- Nagarjuna fait usage du tétralemme :
Ni x |
Ni non-x |
Ni x et non-x |
Ni x ni non-x.
Cette logique s'applique finalement à l'Être. Il n'y a:
Ni «Être» |
Ni «Non-Être» |
Ni «Être et Non-Être» |
Ni «Ni Être ni Non-Être» (1)
Nagarjuna : "Tout est bien comme il semble, rien comme il semble. À la fois comme il semble et non comme il semble. Ni l'un ni l'autre. Tel est l'enseignement progressif des Buhha."
- Nagarjuna : "Tout est bien comme il semble, rien comme il semble. À la fois comme il semble et non comme il semble. Ni l'un ni l'autre. Tel est l'enseignement progressif des Buhha." (1)
"A suivre les liens du monde, on est sans entrave". La distinction de l'entrave et du sans-entrave provient justement de nos yeux discriminants qui ne savent voir le monde que du point de vue dualiste entre le moi et l'autre, le sujet et l'objet, contrairement à la fluidité du mouvement par laquelle les liens du monde suivent les liens du monde.
- "A suivre les liens du monde, on est sans entrave". La distinction de l'entrave et du sans-entrave provient justement de nos yeux discriminants qui ne savent voir le monde que du point de vue dualiste entre le moi et l'autre, le sujet et l'objet, contrairement à la fluidité du mouvement par laquelle les liens du monde suivent les liens du monde. (1)
L'intelligence des océans
- L'intelligence des océans (1)
Le principe de contradiction et le principe du tiers exclu ont été formulés pour la première fois clairement en Occident par Aristote dans sa Métaphysique.
- Le principe de contradiction et le principe du tiers exclu ont été formulés pour la première fois clairement en Occident par Aristote dans sa Métaphysique. (1)
Principe de non-contradiction [Aristote] : loi qui interdit d'affirmer et nier le même terme ou la même proposition
- Principe de non-contradiction [Aristote] : loi qui interdit d'affirmer et nier le même terme ou la même proposition (1)
Le Bouddha dit : "Pour qui voit l'origine du monde tel qu'il est avec un juste discernement, le terme "non-existence" ne survient pas à son égard. Pour qui voit la cessation du monde tel qu'il est avec un juste discernement, le terme "existence" ne survient pas à son égard."
- Le Bouddha dit : "Pour qui voit l'origine du monde tel qu'il est avec un juste discernement, le terme "non-existence" ne survient pas à son égard. Pour qui voit la cessation du monde tel qu'il est avec un juste discernement, le terme "existence" ne survient pas à son égard." (1)
Nagarjuna, attache une très grande importance aux raisonnements pour démontrer la vacuité des phénomènes. Pourtant, les constructions logiques sont pour lui des vues de l'esprit, des constructions de l'imagination. Utiles et valables au niveau pragmatique, elles nous piègent dès que nous leur prêtons nature d'exister.
- Nagarjuna, attache une très grande importance aux raisonnements pour démontrer la vacuité des phénomènes. Pourtant, les constructions logiques sont pour lui des vues de l'esprit, des constructions de l'imagination. Utiles et valables au niveau pragmatique, elles nous piègent dès que nous leur prêtons nature d'exister. (1)
Nagarjuna utilise beaucoup le principe de non-contradiction mais il abandonne le principe du tiers exclus.
- Nagarjuna utilise beaucoup le principe de non-contradiction mais il abandonne le principe du tiers exclus. (1)
Le principe du tiers exclu [Aristote] pose que de deux propositions contradictoires l'une est nécessairement vraie, l'autre nécessairement fausse ; elles ne peuvent être vraies toutes les deux à la fois, ni fausses toutes les deux à la fois. Ou encore, de deux propositions contradictoires on peut accepter l'une au plus, on doit accepter l'une au moins.
- Le principe du tiers exclu [Aristote] pose que de deux propositions contradictoires l'une est nécessairement vraie, l'autre nécessairement fausse ; elles ne peuvent être vraies toutes les deux à la fois, ni fausses toutes les deux à la fois. Ou encore, de deux propositions contradictoires on peut accepter l'une au plus, on doit accepter l'une au moins. (1)
"Dans le désert, voyez-vous, il y a tout et il n'y a rien. C'est Dieu sans les hommes.", Balzac
- "Dans le désert, voyez-vous, il y a tout et il n'y a rien. C'est Dieu sans les hommes.", Balzac (1)
Objets inanimés, avez-vous donc une âme, qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?
- Objets inanimés, avez-vous donc une âme, qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ? (1)
Un paysage c'est comme un visage
- Un paysage c'est comme un visage (1)
"Mûrir de soi-même" n'est autre que le moment favorable où la fleur éclôt et porte le fruit
- "Mûrir de soi-même" n'est autre que le moment favorable où la fleur éclôt et porte le fruit (1)
Que je me lève et je parte, que je parte pour Innisfree
- Que je me lève et je parte, que je parte pour Innisfree (1)
Que le visiteur qui arrive à Barcelone en avion réserve un siège F et qu'il garde le présent petit livre dans son sac. La route le plus souvent attribuée au avions venant du nord survole la mer, et ce sont les hublots au tribord de l'appareil qui offrent la plus belle vue. Il y embrassera la ville comme un visage sur le corps de son territoire tout autour, de montagnes, d'étendues vertes ou roussies d'après la saison, de villes-satellites... Tout l'hinterland de la cité catalane...
- Que le visiteur qui arrive à Barcelone en avion réserve un siège F et qu'il garde le présent petit livre dans son sac. La route le plus souvent attribuée au avions venant du nord survole la mer, et ce sont les hublots au tribord de l'appareil qui offrent la plus belle vue. Il y embrassera la ville comme un visage sur le corps de son territoire tout autour, de montagnes, d'étendues vertes ou roussies d'après la saison, de villes-satellites... Tout l'hinterland de la cité catalane... (1)
Barcelone - Autobiographie et documentation
- Barcelone - Autobiographie et documentation (1)
Chacune des opérations de pensée est unique. Chacune d'elle est toujours de l'ordre de la non-naissance, elle est la totalité de la substance qui se manifeste totalement.
- Chacune des opérations de pensée est unique. Chacune d'elle est toujours de l'ordre de la non-naissance, elle est la totalité de la substance qui se manifeste totalement. (1)
La spontanéité, c'est à dire l'authenticité, rivalise avec la valeur de "vérité" plus spécifiquement attachée, dans la tradition philosophique classique, à la conscience de soi raisonnée.
- La spontanéité, c'est à dire l'authenticité, rivalise avec la valeur de "vérité" plus spécifiquement attachée, dans la tradition philosophique classique, à la conscience de soi raisonnée. (1)
On pourrait presque dire que l'eau est folle, à cause de cet hystérique besoin de n'obéir qu'à sa pesanteur, qui la possède comme une idée fixe. Certes, tout au monde connaît ce besoin, qui toujours et en tous lieux doit être satisfait. Cette armoire, par exemple, se montre fort têtue dans son désir d'adhérer au sol, et si elle se trouve un jour en équilibre instable, elle préférera s'abîmer plutôt que d'y contrevenir. Mais enfin, dans une certaine mesure, elle joue avec la pesanteur, elle la défie : elle ne s'effondre pas dans toutes ses parties, sa corniche, ses moulures ne s'y conforment pas. Il existe en elle une résistance au profit de sa personnalité et de sa forme. LIQUIDE est par définition ce qui préfère obéir à la pesanteur, plutôt que maintenir sa forme, ce qui refuse toute forme pour obéir à sa pesanteur. Et qui perd toute tenue à cause de cette idée fixe, de ce scrupule maladif. De ce vice, qui le rend rapide, précipité ou stagnant; amorphe ou féroce, amorphe et féroce, féroce térébrant, par exemple ; rusé, filtrant, contournant ; si bien que l'on peut faire de lui ce que l'on veut, et conduire l'eau dans des tuyaux pour la faire ensuite jaillir verticalement afin de jouir enfin de sa façon de s'abîmer en pluie : une véritable esclave.
... Cependant le soleil et la lune sont jaloux de cette influence exclusive, et ils essayent de s'exercer sur elle lorsqu'elle se trouve offrir la prise de grandes étendues, surtout si elle y est en état de moindre résistance, dispersée en flaques minces. Le soleil alors prélève un plus grand tribut. Il la force à un cyclisme perpétuel, il la traite comme un écureuil dans sa roue.
- On pourrait presque dire que l'eau est folle, à cause de cet hystérique besoin de n'obéir qu'à sa pesanteur, qui la possède comme une idée fixe. Certes, tout au monde connaît ce besoin, qui toujours et en tous lieux doit être satisfait. Cette armoire, par exemple, se montre fort têtue dans son désir d'adhérer au sol, et si elle se trouve un jour en équilibre instable, elle préférera s'abîmer plutôt que d'y contrevenir. Mais enfin, dans une certaine mesure, elle joue avec la pesanteur, elle la défie : elle ne s'effondre pas dans toutes ses parties, sa corniche, ses moulures ne s'y conforment pas. Il existe en elle une résistance au profit de sa personnalité et de sa forme. LIQUIDE est par définition ce qui préfère obéir à la pesanteur, plutôt que maintenir sa forme, ce qui refuse toute forme pour obéir à sa pesanteur. Et qui perd toute tenue à cause de cette idée fixe, de ce scrupule maladif. De ce vice, qui le rend rapide, précipité ou stagnant; amorphe ou féroce, amorphe et féroce, féroce térébrant, par exemple ; rusé, filtrant, contournant ; si bien que l'on peut faire de lui ce que l'on veut, et conduire l'eau dans des tuyaux pour la faire ensuite jaillir verticalement afin de jouir enfin de sa façon de s'abîmer en pluie : une véritable esclave.
... Cependant le soleil et la lune sont jaloux de cette influence exclusive, et ils essayent de s'exercer sur elle lorsqu'elle se trouve offrir la prise de grandes étendues, surtout si elle y est en état de moindre résistance, dispersée en flaques minces. Le soleil alors prélève un plus grand tribut. Il la force à un cyclisme perpétuel, il la traite comme un écureuil dans sa roue. (1)
L'école Madhyamaka professe la vacuité, Sunyata, de tous les phénomènes sans exception. Le fait que tous les phénomènes sont vide d'existence intrinsèque.
- L'école Madhyamaka professe la vacuité, Sunyata, de tous les phénomènes sans exception. Le fait que tous les phénomènes sont vide d'existence intrinsèque. (1)
Le sujet et l'objet
- Le sujet et l'objet (1)
Lao Tseu invite ses lecteurs à na pas porter de jugement au sein de la parfaite unité. Il invite notre sagesse à combiner ce que nous percevons comme des contraires et à vivre une vie unifiée. La perfection du Tao consiste à accepter la dualité apparente tout en voyant l'unité qui est l'ultime réalité.
- Lao Tseu invite ses lecteurs à na pas porter de jugement au sein de la parfaite unité. Il invite notre sagesse à combiner ce que nous percevons comme des contraires et à vivre une vie unifiée. La perfection du Tao consiste à accepter la dualité apparente tout en voyant l'unité qui est l'ultime réalité. (1)
Une fois que les dichotomies ou les contraires sont transcendés, ou à tout le moins perçus pour ce qu'ils sont, ils vont et viennent dans nos vies comme les marées.
- Une fois que les dichotomies ou les contraires sont transcendés, ou à tout le moins perçus pour ce qu'ils sont, ils vont et viennent dans nos vies comme les marées. (1)
Laissez les contraires et les idées opposées subsister en vous en même temps. Acceptez d'avoir à l'esprit ces pensées contradictoires sans qu'elles s'annulent les unes les autres.
- Laissez les contraires et les idées opposées subsister en vous en même temps. Acceptez d'avoir à l'esprit ces pensées contradictoires sans qu'elles s'annulent les unes les autres. (1)