La banlieue
- La banlieue (2) Traiter
Evasion, évasion, effort d'imagination, ici tout est gris
- Evasion, évasion, effort d'imagination, ici tout est gris (1) Traiter
Good times for a change
- Good times for a change (2) Traiter
Please, please, please | Let me, let me, let me | Let me get what I want this time
- Please, please, please | Let me, let me, let me | Let me get what I want this time (1) Traiter
Un sourire qui pleure
- Un sourire qui pleure (1) Traiter
On risque pas de tenir longtemps
- On risque pas de tenir longtemps (1) Traiter
On est cuits
- On est cuits (2) Traiter
Garde le sourire, plus rien est grave | Tant qu'il nous reste une seconde de souvenir dans le crâne
- Garde le sourire, plus rien est grave | Tant qu'il nous reste une seconde de souvenir dans le crâne (1) Traiter
Autour, c'est le chaos
- Autour, c'est le chaos (1) Traiter
Le chaos
- Le chaos (1) Traiter
Le destin n'a pas honte
- Le destin n'a pas honte (1) Traiter
On dirait bien qu'on est cuits
- On dirait bien qu'on est cuits (1) Traiter
On fonce vers la mort
- On fonce vers la mort (1) Traiter
Garde le sourire
- Garde le sourire (1) Traiter
Les mots se font de l'ombre
- Les mots se font de l'ombre (1) Traiter
Sous le feu j'abandonne, les forces m'ont quitté
- Sous le feu j'abandonne, les forces m'ont quitté (1) Traiter
L'abandon
- L'abandon (2) Traiter
Et cet espoir tenace, insatisfait
- Et cet espoir tenace, insatisfait (1) Traiter
Même si s'effacent toutes ces impasses
- Même si s'effacent toutes ces impasses (1) Traiter
Les impasses
- Les impasses (1) Traiter
Nos yeux usés par tant d'images
- Nos yeux usés par tant d'images (1) Traiter
Après la pluie pas de beau temps
- Après la pluie pas de beau temps (1) Traiter
Le temps qu'il fait
- Le temps qu'il fait (3) Traiter
La littérature
- La littérature (4) Traiter
L'homme (photographies)
- L'homme (photographies) (20) Traiter
Le situationnisme
- Le situationnisme (3) Traiter
Les roses
- Les roses (1) Traiter
Le rôle des réseaux sociaux dans les révolutions arabes
- Le rôle des réseaux sociaux dans les révolutions arabes (1) Traiter
Le rôle politique des réseaux sociaux
- Le rôle politique des réseaux sociaux (1) Traiter
Il n'y a pas d'autre bonheur que la paix.
- Il n'y a pas d'autre bonheur que la paix. (1) Traiter
La forêt
- La forêt (1) Traiter
L'altruisme
- L'altruisme (3) Traiter
Le concept existentialiste de "facticité" de l'existence
- Le concept existentialiste de "facticité" de l'existence (1) Traiter
L'action au fonds ne change rien et n'"agit" pas
- L'action au fonds ne change rien et n'"agit" pas (1) Traiter
"Au fond", concept houellebecquien
- "Au fond", concept houellebecquien (1) Traiter
Il n'est à chercher de force et de vertu humaine que dans le domaine de la contemplation
- Il n'est à chercher de force et de vertu humaine que dans le domaine de la contemplation (1) Traiter
La contemplation
- La contemplation (6) Traiter
Nietzsche déclarait préférer lire Schopenhauer dans sa traduction française que dans sa version originale
- Nietzsche déclarait préférer lire Schopenhauer dans sa traduction française que dans sa version originale (1) Traiter
La volonté ou le vouloir-vivre comme essence du réel
- La volonté ou le vouloir-vivre comme essence du réel (1) Traiter
L'art comme contemplation, c'est à dire libération des souffrances occasionnées par la réalité et la volonté
- L'art comme contemplation, c'est à dire libération des souffrances occasionnées par la réalité et la volonté (1) Traiter
La volonté est la substance de la réalité
- La volonté est la substance de la réalité (1) Traiter
La volonté est omniprésente et toute-puissante
- La volonté est omniprésente et toute-puissante (1) Traiter
La pensée (représentation) est impuissante à modifier le cours de la volonté. Elle doit se contenter du rôle d'informateur infidèle et générateur d'illusion.
- La pensée (représentation) est impuissante à modifier le cours de la volonté. Elle doit se contenter du rôle d'informateur infidèle et générateur d'illusion. (1) Traiter
A propos du "monde comme volonté et comme représentation", on ne saurait parler de système, car il ne s'agit pas d'un édifice logique, patiemment construit, par déductions successives, mais bien d'une vision unique, d'un éclair génial; d'une intuition d'artiste qui satisfait l'esprit d'un coup ou le repousse définitivement. C'est dire qu'on ne réfute pas Schopenhauer, on l'accepte ou le rejette.
- A propos du "monde comme volonté et comme représentation", on ne saurait parler de système, car il ne s'agit pas d'un édifice logique, patiemment construit, par déductions successives, mais bien d'une vision unique, d'un éclair génial; d'une intuition d'artiste qui satisfait l'esprit d'un coup ou le repousse définitivement. C'est dire qu'on ne réfute pas Schopenhauer, on l'accepte ou le rejette. (1) Traiter
A propos du Monde comme volonté et comme représentation
- A propos du Monde comme volonté et comme représentation (4) Traiter
Schopenhauer s'approprie la théorie platonicienne des Idées qui ne sont en définitive que des approximations de la véritable essence du Monde, de la chose en soi, enfin reconnue et déterminée comme volonté.
- Schopenhauer s'approprie la théorie platonicienne des Idées qui ne sont en définitive que des approximations de la véritable essence du Monde, de la chose en soi, enfin reconnue et déterminée comme volonté. (1) Traiter
La sagesse des nations
- La sagesse des nations (1) Traiter
L'humanité n'a pas d'autre ressource pour échapper à ses souffrances que le reniement de la volonté.
- L'humanité n'a pas d'autre ressource pour échapper à ses souffrances que le reniement de la volonté. (1) Traiter
Du moins l'esprit humain peut-il se reconnaître dans le non-moi et parvenir au renoncement volontaire, à la résignation, à la véritable impassibilité et à l'arrêt absolu du vouloir.
- Du moins l'esprit humain peut-il se reconnaître dans le non-moi et parvenir au renoncement volontaire, à la résignation, à la véritable impassibilité et à l'arrêt absolu du vouloir. (1) Traiter
La tragédie du vouloir
- La tragédie du vouloir (1) Traiter
Le goût de la clarté
- Le goût de la clarté (1) Traiter
Schopenhauer, selon le mot de Thomas Mann, est un "humaniste pessimiste"
- Schopenhauer, selon le mot de Thomas Mann, est un "humaniste pessimiste" (1) Traiter
Schopenhauer prêche la résignation et l'anéantissement de la volonté
- Schopenhauer prêche la résignation et l'anéantissement de la volonté (1) Traiter
En Schopenhauer s'exprime déjà le nihilisme de ce siècle, le vide d'un monde sans dieux, ce vide que l'oin cherche alors à remplir en substituant aux anciennes certitudes la foi dans le progrès et les sciences, le culte de l'histoire et du succès, ou, plus banalement, la sécurité matérielle et le confort moral.
- En Schopenhauer s'exprime déjà le nihilisme de ce siècle, le vide d'un monde sans dieux, ce vide que l'oin cherche alors à remplir en substituant aux anciennes certitudes la foi dans le progrès et les sciences, le culte de l'histoire et du succès, ou, plus banalement, la sécurité matérielle et le confort moral. (1) Traiter
Le culte du succès
- Le culte du succès (1) Traiter
L'exègèse savante n'a pu rendre la pensée de Schopenhauer ni plus claire, ni plus systématique. Tout au plus a-t-on tenté de ranger ses propositions sous des catégories provenant d'autres systèmes.
- L'exègèse savante n'a pu rendre la pensée de Schopenhauer ni plus claire, ni plus systématique. Tout au plus a-t-on tenté de ranger ses propositions sous des catégories provenant d'autres systèmes. (1) Traiter
Tell me where I'm going...
- Tell me where I'm going... (1) Traiter
Turn the pages over
- Turn the pages over (1) Traiter
Turn the world around
- Turn the world around (1) Traiter
Open up the broken door for all lost will be found
- Open up the broken door for all lost will be found (1) Traiter
I've seen everybody | Everybody's seen me
- I've seen everybody | Everybody's seen me (1) Traiter
I'm in everybody | Everybody's in me
- I'm in everybody | Everybody's in me (1) Traiter
So the story goes it | Everybody knows it
- So the story goes it | Everybody knows it (1) Traiter
And you check your condition, your shape and your health
- And you check your condition, your shape and your health (1) Traiter
So you open the door with a look on your face | Your hands in your pockets and your family to face | And you go downstairs and you sit in your place
- So you open the door with a look on your face | Your hands in your pockets and your family to face | And you go downstairs and you sit in your place (1) Traiter
Family
- Family (1) Traiter
Contemplating Babylon
- Contemplating Babylon (1) Traiter
There's a place for everyone
- There's a place for everyone (1) Traiter
But until the web is spun | Everybody must have fun
- But until the web is spun | Everybody must have fun (1) Traiter
Everybody must have fun
- Everybody must have fun (1) Traiter
We went to the same schools and we | All learned the same rules of lament
- We went to the same schools and we | All learned the same rules of lament (1) Traiter
There's isn't anywhere to run
- There's isn't anywhere to run (1) Traiter
The masterpiece is done
- The masterpiece is done (1) Traiter
On the street for knowledge | You must eat your porridge
- On the street for knowledge | You must eat your porridge (1) Traiter
Let me tell you this | Before I walk out of this
- Let me tell you this | Before I walk out of this (1) Traiter
Let me tell you this
- Let me tell you this (1) Traiter
To feel
- To feel (5) Traiter
I must be dreaming
- I must be dreaming (1) Traiter
What we believe in | Is just a feeling
- What we believe in | Is just a feeling (1) Traiter
What we believe in
- What we believe in (1) Traiter
If you know what's good for you | Then you know what you can do
- If you know what's good for you | Then you know what you can do (1) Traiter
Photographies de Claire Libaux
- Photographies de Claire Libaux (42) Traiter
Caddies
- Caddies (1) Traiter
Déstresser
- Déstresser (1) Traiter
Everything is OK
- Everything is OK (1) Traiter
Le socialisme
- Le socialisme (2) Traiter
Le travail
- Le travail (32) Traiter
La vache enragée
- La vache enragée (1) Traiter
Le mauvais coton
- Le mauvais coton (1) Traiter
La pensée systémique
- La pensée systémique (1) Traiter
L'homme et la femme
- L'homme et la femme (2) Traiter
Eloge du loisir
- Eloge du loisir (5) Traiter
Le devoir
- Le devoir (6) Traiter
Arrêter la clope, avant qu'elle n'arrête ma vie
- Arrêter la clope, avant qu'elle n'arrête ma vie (10) Traiter
Les réseaux sociaux
- Les réseaux sociaux (1) Traiter
Internet
- Internet (2) Traiter
Le virtuel
- Le virtuel (3) Traiter
C'est merveilleux l'existence, ça commence par des vacances
- C'est merveilleux l'existence, ça commence par des vacances (1) Traiter
Les vacances
- Les vacances (1) Traiter
L'agriculture
- L'agriculture (1) Traiter
Les gens se lèvent, ils sont brimés. C'est l'heure où je vais me coucher
- Les gens se lèvent, ils sont brimés. C'est l'heure où je vais me coucher (1) Traiter
Lazing on a sunny afternoon, in a summertime
- Lazing on a sunny afternoon, in a summertime (1) Traiter
Laziness
- Laziness (2) Traiter
Idleness
- Idleness (2) Traiter
I love to live so pleasantly | Live this life of luxury
- I love to live so pleasantly | Live this life of luxury (1) Traiter
He made a home in the wilderness
- He made a home in the wilderness (1) Traiter
Wilderness
- Wilderness (1) Traiter
The melody always finds me
- The melody always finds me (1) Traiter
The melody
- The melody (1) Traiter
If you look in your mind | Do you know what you will find | Open your mind
- If you look in your mind | Do you know what you will find | Open your mind (1) Traiter
Open your mind
- Open your mind (1) Traiter
Ouvre ton esprit
- Ouvre ton esprit (1) Traiter
Even the words they fail me | Oh look what it's doing to me | I never say what I want to say | It's only a word believe me
- Even the words they fail me | Oh look what it's doing to me | I never say what I want to say | It's only a word believe me (1) Traiter
I was looking through my eyes
- I was looking through my eyes (1) Traiter
If you're in the right mind
- If you're in the right mind (1) Traiter
Now he's doing time in the back of his mind
- Now he's doing time in the back of his mind (1) Traiter
Run into the sun
- Run into the sun (1) Traiter
The sun
- The sun (1) Traiter
Murder lives forever | And so does war
- Murder lives forever | And so does war (1) Traiter
Rich against the poor
- Rich against the poor (1) Traiter
I'm not the only one who | Finds it hard to understand
- I'm not the only one who | Finds it hard to understand (1) Traiter
I'm not afraid of God | I am afraid of Man
- I'm not afraid of God | I am afraid of Man (1) Traiter
We can be as bad as we can good
- We can be as bad as we can good (1) Traiter
Good and bad
- Good and bad (1) Traiter
Underneath it all, we're just savages | Hidden behind shirts, ties and marriages
- Underneath it all, we're just savages | Hidden behind shirts, ties and marriages (1) Traiter
Savages
- Savages (2) Traiter
We're just animals, still learning how to crawl
- We're just animals, still learning how to crawl (1) Traiter
You can see it on the news | You can watch it on TV | You can read it on your phone
- You can see it on the news | You can watch it on TV | You can read it on your phone (1) Traiter
Smartphone
- Smartphone (1) Traiter
Non ! économique
- Non ! économique (7) Traiter
L'opinion
- L'opinion (2) Traiter
La guerre cognitive
- La guerre cognitive (1) Traiter
L'impossible seul vaut la peine d'être accompli.
- L'impossible seul vaut la peine d'être accompli. (10) Traiter
Je cherche l'impossible
- Je cherche l'impossible (1) Traiter
Never explain
- Never explain (2) Traiter
Le vague
- Le vague (3) Traiter
Ce qui signifie que l'efficacité ne vient plus strictement de moi, sujet d'initiative, concevant et voulant, construisant idéalement un plan, puis m'acharnant à le mettre en oeuvre, selon le bon vieux rapport théorie-pratique dont l'Europe n'a pas décollé ; mais qu'elle procède à même la situation si je sais y diagnostiquer le potentiel en ma faveur, à titre de facteurs porteurs, puis l'exploiter graduellement. La situation ne sera plus, dès lors, cette donnée rétive et résistante à quoi je dois imposer mon plan dressé d'avance, mais une mine dont j'explorerai les filons, un champ de ressources dont je suivrai les sillons tel un réseau d'opportunités diverses sur lesquelles j'apprends à "surfer"
- Ce qui signifie que l'efficacité ne vient plus strictement de moi, sujet d'initiative, concevant et voulant, construisant idéalement un plan, puis m'acharnant à le mettre en oeuvre, selon le bon vieux rapport théorie-pratique dont l'Europe n'a pas décollé ; mais qu'elle procède à même la situation si je sais y diagnostiquer le potentiel en ma faveur, à titre de facteurs porteurs, puis l'exploiter graduellement. La situation ne sera plus, dès lors, cette donnée rétive et résistante à quoi je dois imposer mon plan dressé d'avance, mais une mine dont j'explorerai les filons, un champ de ressources dont je suivrai les sillons tel un réseau d'opportunités diverses sur lesquelles j'apprends à "surfer" (1) Traiter
L'art du surf
- L'art du surf (1) Traiter
L'efficacité
- L'efficacité (4) Traiter
L'initiative
- L'initiative (3) Traiter
Il s'agit, en effet, de rien de moins, pour le sujet, que de renoncer à son initiative de "sujet". d'un sujet qui dés l'abord présume et projette, choisit, décide, se fixe des fins et s'en donne les moyens. Or, s'il renonce momentanément à ce pouvoir de maîtrise, à quoi l'invite la disponibilité, c'est qu'il craint, alors, que cette initiative dont il se prévaut ne fasse barrage et soit intempestive, qu'elle le ferme à l'"opportunité"...
- Il s'agit, en effet, de rien de moins, pour le sujet, que de renoncer à son initiative de "sujet". d'un sujet qui dés l'abord présume et projette, choisit, décide, se fixe des fins et s'en donne les moyens. Or, s'il renonce momentanément à ce pouvoir de maîtrise, à quoi l'invite la disponibilité, c'est qu'il craint, alors, que cette initiative dont il se prévaut ne fasse barrage et soit intempestive, qu'elle le ferme à l'"opportunité"... (1) Traiter
Non, cette déprise de la disponibilité est une prise, et même plus adroite parce que fluide, non engoncée, non arrêtée. La notion, en même temps qu'elle est éthique, est stratégique. "Prise" d'autant plus efficace qu'elle ne se localise plus, ne se spécifie plus, ne s'impose plus. Elle est d'autant plus continûment ajustée que , ne visant plus, elle n'est jamais déçue ni dapourvue, elle n'est ni déroutée ni fragmentée. "Prise" d'autant plus ample - ou plutôt ne connaît elle plus de borne ou d'extrémité - du seul fait qu'elle ne se donne plus de piste à suivre, de but à satisfaire, de quête à combler, d'objet à s'emparer. Car cette prise par déprise n'est plus orientée ; elle ne projette plus, elle est sans ombre portée, n'est plus conduite par une intentionalité, tient par conséquent tout à égalité. Son captage est grand ouvert parce qu'il n'attend rien à capter.
- Non, cette déprise de la disponibilité est une prise, et même plus adroite parce que fluide, non engoncée, non arrêtée. La notion, en même temps qu'elle est éthique, est stratégique. "Prise" d'autant plus efficace qu'elle ne se localise plus, ne se spécifie plus, ne s'impose plus. Elle est d'autant plus continûment ajustée que , ne visant plus, elle n'est jamais déçue ni dapourvue, elle n'est ni déroutée ni fragmentée. "Prise" d'autant plus ample - ou plutôt ne connaît elle plus de borne ou d'extrémité - du seul fait qu'elle ne se donne plus de piste à suivre, de but à satisfaire, de quête à combler, d'objet à s'emparer. Car cette prise par déprise n'est plus orientée ; elle ne projette plus, elle est sans ombre portée, n'est plus conduite par une intentionalité, tient par conséquent tout à égalité. Son captage est grand ouvert parce qu'il n'attend rien à capter. (1) Traiter
Le sage, autrement dit, maintient tous les possibles ouverts, n'en exclut à priori aucun, et se maintient dans le compossible
- Le sage, autrement dit, maintient tous les possibles ouverts, n'en exclut à priori aucun, et se maintient dans le compossible (1) Traiter
Le juste milieu, pour qui sait le penser avec rigueur, est de pouvoir faire l'un aussi bien que l'autre, c'est à dire d'être capable de l'un comme de l'autre extrême. C'est dans cet "égal" de l'égal accès à l'un comme à l'autre qu'est le "mi-lieu". Trois ans de deuil à la mort de son père, nous dit-on, ce n'est pas trop ; mais boire des coupes sans compter au cours d'un banquet, ce n'est pas trop non plus - je n'exagère d'aucun côté (mais vais à l'extrême de chaque possibilité, remplis complètement chaque exigence). Le risque est plutôt que, s'enlisant d'un côté, on se ferme à l'autre possibilité et qu'on en rate ainsi l'occurence. Par opposition à quoi, la disponibilité sera de maintenir l'éventail complètement ouvert - sans raidissement ni évitement - de façon à répondre pleinement à chaque sollicitation qui passe, c'est à dire sans rien laisser de côté ni soi-même se braquer.
- Le juste milieu, pour qui sait le penser avec rigueur, est de pouvoir faire l'un aussi bien que l'autre, c'est à dire d'être capable de l'un comme de l'autre extrême. C'est dans cet "égal" de l'égal accès à l'un comme à l'autre qu'est le "mi-lieu". Trois ans de deuil à la mort de son père, nous dit-on, ce n'est pas trop ; mais boire des coupes sans compter au cours d'un banquet, ce n'est pas trop non plus - je n'exagère d'aucun côté (mais vais à l'extrême de chaque possibilité, remplis complètement chaque exigence). Le risque est plutôt que, s'enlisant d'un côté, on se ferme à l'autre possibilité et qu'on en rate ainsi l'occurence. Par opposition à quoi, la disponibilité sera de maintenir l'éventail complètement ouvert - sans raidissement ni évitement - de façon à répondre pleinement à chaque sollicitation qui passe, c'est à dire sans rien laisser de côté ni soi-même se braquer. (1) Traiter
Du choix dans la pensée
- Du choix dans la pensée (1) Traiter
Le magasin d'idées
- Le magasin d'idées (2) Traiter
Un autre monde est possible
- Un autre monde est possible (1) Traiter
Les classes
- Les classes (1) Traiter
Sortir du cadre
- Sortir du cadre (1) Traiter
Qui dit "penser" dit "cadre", l'un ne va pas sans l'autre. Il n'y a pas de réflexion sans contexte, on ne réfléchit jamais à partir de rien. Les idées nouvelles n'apparaissent qu'en s'appuyant sur une structure d'idées existantes : un cadre de pensée. Le cerveau ne fait jamais table rase.
- Qui dit "penser" dit "cadre", l'un ne va pas sans l'autre. Il n'y a pas de réflexion sans contexte, on ne réfléchit jamais à partir de rien. Les idées nouvelles n'apparaissent qu'en s'appuyant sur une structure d'idées existantes : un cadre de pensée. Le cerveau ne fait jamais table rase. (1) Traiter
Le contexte
- Le contexte (1) Traiter
Il y a deux formes de pensées : la déduction, qui part d'une hypothèse et se confronte à la réalité, et l'induction, qui à partir de l'expérience, conduit à des hypothèses.
- Il y a deux formes de pensées : la déduction, qui part d'une hypothèse et se confronte à la réalité, et l'induction, qui à partir de l'expérience, conduit à des hypothèses. (1) Traiter
Il y a quatre grandes catégories de cadres. Les connaissances et les croyances sont des modèles mentaux qui tendent à être permanents, à l'inverse des représentations qui sont des constructions de l'instant, qui mettent en scène le moment présent pour lui donner un sens et disparaissent tout aussi vite. Les cadres de quatrième type conduisent aux trouvailles, et de provisoires, ils deviennent alors définitifs.
- Il y a quatre grandes catégories de cadres. Les connaissances et les croyances sont des modèles mentaux qui tendent à être permanents, à l'inverse des représentations qui sont des constructions de l'instant, qui mettent en scène le moment présent pour lui donner un sens et disparaissent tout aussi vite. Les cadres de quatrième type conduisent aux trouvailles, et de provisoires, ils deviennent alors définitifs. (1) Traiter
La catégorisation est une mise en cadre inévitable. Penser va de pair avec classer.
- La catégorisation est une mise en cadre inévitable. Penser va de pair avec classer. (1) Traiter
Il existe trois types de trouvailles - la découverte, l'invention et la création, suivant que l'on trouve ce qui était, ce qui sera ou ce qui peut être.
- Il existe trois types de trouvailles - la découverte, l'invention et la création, suivant que l'on trouve ce qui était, ce qui sera ou ce qui peut être. (1) Traiter
Les cadres n'existent pas dans la réalité, mais ils sont indispensables pour l'appréhender.
- Les cadres n'existent pas dans la réalité, mais ils sont indispensables pour l'appréhender. (1) Traiter
Il y a des cadres de toutes les tailles. Le plus petit modèle est le concept (exemple : le restaurant). Ensuite vient le stéréotype qui est un jugement minimal. Par exemple : le climat de l'Islande est froid, les banques sont riches... A l'autre extrémité, il y a les paradigmes qui sont des cadres tellement grands qu'on n'en voit plus les contours, qu'on en oublie parfois l'existence. Par exemple : une Europe sans conflit armé. Entre les extrêmes, il existe de nombreux schémas, structures, matrices et autres grilles de lecture.
- Il y a des cadres de toutes les tailles. Le plus petit modèle est le concept (exemple : le restaurant). Ensuite vient le stéréotype qui est un jugement minimal. Par exemple : le climat de l'Islande est froid, les banques sont riches... A l'autre extrémité, il y a les paradigmes qui sont des cadres tellement grands qu'on n'en voit plus les contours, qu'on en oublie parfois l'existence. Par exemple : une Europe sans conflit armé. Entre les extrêmes, il existe de nombreux schémas, structures, matrices et autres grilles de lecture. (1) Traiter
Les cadres sont des abstractions simplificatrices, des réductions incomplètes.
- Les cadres sont des abstractions simplificatrices, des réductions incomplètes. (1) Traiter
L'art de la créativité est celui de construire de nouveaux cadres de pensée qui permettront alors de nombreuses trouvailles.
- L'art de la créativité est celui de construire de nouveaux cadres de pensée qui permettront alors de nombreuses trouvailles. (1) Traiter
Pour pouvoir penser, il faut pouvoir oublier. Sans une prise de distance par rapport au monde, l'homme ne peut forger de concept, il ne peut penser au monde. S'il voit chacun des arbres, il ne peut voir la forêt. Pour pouvoir abstraire, il doit d'abord pouvoir s'extraire. Cet éloignement par rapport aux choses crée un espace où la réflexion peut se déployer. D'un côté il y a les objets, et de l'autre, il y a nous, les sujets, obligés de ^rendre de la hauteur.
- Pour pouvoir penser, il faut pouvoir oublier. Sans une prise de distance par rapport au monde, l'homme ne peut forger de concept, il ne peut penser au monde. S'il voit chacun des arbres, il ne peut voir la forêt. Pour pouvoir abstraire, il doit d'abord pouvoir s'extraire. Cet éloignement par rapport aux choses crée un espace où la réflexion peut se déployer. D'un côté il y a les objets, et de l'autre, il y a nous, les sujets, obligés de ^rendre de la hauteur. (1) Traiter
Prendre de la hauteur
- Prendre de la hauteur (2) Traiter
L'oubli
- L'oubli (7) Traiter
Penser consiste à relier, à organiser, à connecter quelques données entre elles pour essayer de construire une structure qui a du sens, un schéma cohérent, ou un modèle qui permet de comprendre [...] Ces connexions conduisent le sujet à élaborer une nouvelle "idée" qui peut ainsi être définie comme une "hypothèse de travail".
- Penser consiste à relier, à organiser, à connecter quelques données entre elles pour essayer de construire une structure qui a du sens, un schéma cohérent, ou un modèle qui permet de comprendre [...] Ces connexions conduisent le sujet à élaborer une nouvelle "idée" qui peut ainsi être définie comme une "hypothèse de travail". (1) Traiter
Relier
- Relier (1) Traiter
L'invention simultanée du calcul infinitésimal par Newton et Leibnitz
- L'invention simultanée du calcul infinitésimal par Newton et Leibnitz (1) Traiter
A l'origine de bien des idées se trouve l'étonnement. Une perception aiguisée, une attention en éveil permet de détecter ces petites choses qui conduisent aux grandes trouvailles
- A l'origine de bien des idées se trouve l'étonnement. Une perception aiguisée, une attention en éveil permet de détecter ces petites choses qui conduisent aux grandes trouvailles (1) Traiter
Les marins ont des dizaines de mots différents pour qualifier ce que nous appelons simplement une corde. Les habitants du Groenland ont des dizaines de mots différents pour qualifier ce que nous appelons simplement de la neige. Ils voient ce que nous ne voyons pas : le détail, la nuance, la caractéristique qui nous échappe. Ils perçoivent une différence là où nous ne voyons que ressemblance. Ils sont riches de la diversité là où nous sommes les pauvres de l'uniformité.
- Les marins ont des dizaines de mots différents pour qualifier ce que nous appelons simplement une corde. Les habitants du Groenland ont des dizaines de mots différents pour qualifier ce que nous appelons simplement de la neige. Ils voient ce que nous ne voyons pas : le détail, la nuance, la caractéristique qui nous échappe. Ils perçoivent une différence là où nous ne voyons que ressemblance. Ils sont riches de la diversité là où nous sommes les pauvres de l'uniformité. (1) Traiter
La matière première de la pensée est le concept. Par exemple, le travail est un concept, et le repos aussi. Tout comme le bureau, qui nous montre au passage que l'amplitude des concepts peut être large : il peut être l'endroit où je vais travailler mais aussi ma table de traval. Le concept est une idée générale qui permet de regrouper beausoup de choses particulières. Un concept englobe la diversité dans une unité confortable à l'esprit qui peut alors la manipuler à sa guise pour réfléchir. Il permet d'organiser notre connaissance qur les objets, c'est l'entité cognitive de base où nous mettons le sens des mots que nous utilisons. Le concept est à la pensée ce que la brique est au maçon, ce que les molécules sont au chimiste.
- La matière première de la pensée est le concept. Par exemple, le travail est un concept, et le repos aussi. Tout comme le bureau, qui nous montre au passage que l'amplitude des concepts peut être large : il peut être l'endroit où je vais travailler mais aussi ma table de traval. Le concept est une idée générale qui permet de regrouper beausoup de choses particulières. Un concept englobe la diversité dans une unité confortable à l'esprit qui peut alors la manipuler à sa guise pour réfléchir. Il permet d'organiser notre connaissance qur les objets, c'est l'entité cognitive de base où nous mettons le sens des mots que nous utilisons. Le concept est à la pensée ce que la brique est au maçon, ce que les molécules sont au chimiste. (1) Traiter
Le concept a une fonction de classement et cette mise en catégorie consiste en deux opérations distinctes : 1. La première définit le périmètre de la classe (que puis-je mettre dans cette catégorie ?). 2. La seconde décrit les liens entre cette classe et les autres (en quoi cette catégorie est-elle différente de sa voisine ?). Cette double opération peut se faire selon deux modes différents : le point de vue classique et le point de vue relativiste.
A/ Le point de vue classique : La catégorie y est définie par un ensemble de propriétés. Les restaurants sont par exemple les endroits où, moyennant paiement, on peut prendre un repas. Selon ce point de vue, les catégories peuvent s'emboiter comme des poupées russes. Le restaurant d'entreprise, la taverne et le restauroute sont tous des restaurants qui sont eux-mêmes des commerces. Précisons encore : le restaurant est un conceptqui peut s'exprimer "en extension". C'est à dire qu'il s'étend aussi bien au Fouquet's et à la taverne de la gare d'Anvers qu'au McDonald's en bas de ma rue. Mais on peut aussi parler d'un restaurant "en compréhension", dire qu'il y a des tables, des chaises, de la nourriture, quelqu'un pour cuisiner etc. Plus la compréhension est grande, moins l'extension le sera... Autrement dit, plus on précisera en détail ce qu'est un restaurant, moins on pourra en donner d'exemples.
Le point de vue classique suppose deux hypothèses : 1. Les catégories sont homogènes. Tous les commerces qui peuvent être appelés "restaurant" le sont au même degré. 2. Les catégories sont décidables. Il est toujours possible de dire si une entité est un restaurant où ne l'est pas. Cette manière de voir les choses provient de la philosophie grècque. Elle a permis de structurer la pensée sur les bases de jugements et de raisonnements. Elle a également permis la naissance d'une discipline nouvelle : la logique formelle. Mais cette manière de voir les choses a aussi des faiblesses flagrantes. Il n'y a finalement qu'en mathématiques qu'une définition capture parfaitement un concept. La logique formelle a ses vices de forme...
B/ Le point de vue relativiste : On le sent intuitivement, les deux hypothèses précédentes sont intenables : au sein des catégories, ce n'est pas vraiment l'uniformité, ni l'homogénéité. On ne peut pas dire exactement pourquoi mais un chêne est plus représentatif de la catégorie "arbre" qu'un cerisier ou un peuplier. Un berger allemand est plus représentatif de la catégorie "chien" qu'un lévrier ou un basset. Tout se passe comme si toute catégorie avait son emblème, sa moyenne arithmétique, son prototype qui pourrait agir en ambassadeur de la classe. Un moineau est un peu plus "oiseau" qu'une perruche ou qu'un poulet qui sont pourtant des oiseaux, et ce n'est donc pas seulement une question de quantité ou de nombre. Quand on demande à une personne de citer les éléments d'une catégorie, une forme de séquence apparaît. La pomme vient avant le kiwi, le bleu vient avant le violet. Les catégories définies par des caractéristiques précises devraient être homogènes. Eh bien non, il faut bien l'admettre, certains éléments sont "un peu plus" que ce qui devrait être la même chose. Cela paraît absurde et pourtant, pour nous belges et français, F est "plus" une lettre de l'alphabet que O, l'Italie est "plus" un pays que Singapour. Et si on parle des célibataires, vous pensez à beaucoup de gens mais pas immédiatement au pape. A l'appui de cette thèse, faites le test suivant. Demandez à quelqu'un successivement : Un taxi est un véhicule. Vrai ou faux ? Un tank est un véhicule. Vrai ou faux ? Une navette spatiale est un véhicule. Vrai ou faux ? Les réponses sont trois foi "vrai". Mais il faudra chaque fois quelques instants de plus pour l'entendre... Comme si on pouvait être un peu plus ou u peu moins "véhicule" ! Une toute nouvelle approche devient alors possible. La catégorie est définie par son prototype et non plus par son périmètre. Et l'appartenance à la catégorie devient une question de distance au prototype, et non plus une question de caractéristiques partagées. Si l'approche classique relevait d'une vue "oui ou non" des choses, l'approche relativiste est au contraire tout en nuance et en continuité. Ludwig Wittgenstein a ainsi présenté en 1953 l'idée de family ressemblance, en prenant l'exemple des jeux. Ceux-ci forment indiscutablement une catégorie. Mais qui pourrait bien donner les caractéristiques communes au rugby et aux mots croisés ? Il est plus adéquat de parler de ressemblance de proche en proche. Le rugby a une parenté avec lae football, qui a une parenté avec le tennis, le tennis avec les échecs, les échecs avec le Scrabble, et le Scrabble avec les mots croisés. La réussite et le calembour font aussi partie des jeux, tout comme Sim City, le poker, le Rubik's Cube ou même la séduction. La liste est longue. Des enfants qui jouent à "papa-maman" ou encore des jongleurs qui jouent avec des quilles sont là pour témoigner que la catégorie de sjeux existe non pas grâce à des propriétés communes (comme le fait d'être plusieurs ou le rôle du hasard) mais par une ressemblance de proche en proche, un peu comme les membres d'une même famille (d'où l'appellation de l'idée présentée par Wittgenstein).
Alors quel serait le jeu "type" ? Un sport comme le football sans doute, ou alors le Monopoly. L'expérience montre en effet que les prototypes choisis sont un compromis entre la visualisation et l'abstraction.
Le prototype aura un grand nombre de propriétés communes à beaucoup d'autres éléments (définition doublement imprécise) tout en permettant une représentation imagée. Je "vois" une table de bridge ou une table d'opération, mais quand on me dit "meuble", je ne "vois" plus rien. Table sera alors le prototype, c'est le concept le plus abstrait qui entraîne néanmoins une visualisation instantanée, car je vois bien les pieds...
L'approche relativiste n'est sans doute pas très rationnelle, elle est certes subjective et les aspects psychologiques rivalisent avec les aspects philosophiques. Si on dit de quelqu'un que c'est une girafe, on pense à sa taille. Si on dit que c'est un requin, on pensera à son tempérament. Pourquoi dans un cas penser à son physique et dans un autre à son comportement ?
L'approche relativiste s'inspire évidemment du nominalisme, qui est devenu célèbre au Moyen Age lors de la tout aussi célèbre querelle des universaux. Pour les nominalistes, les propriétés communes aux objets ne sont que des mots et des noms, et il est vain de les rechercher car elles ne sont qu'illusions. Le rouge n'existe pas, même s'il y a des poissons rouges et des croix rouges. Les pèlerins ,n'existent pas même si beaucoup de gens vont à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Prenons un dernier exemple. Je lisais récemment dans un journal que Shanghai était devenue une ville "occidentale". Plutôt étrange, non ? Il y a quelques années encore, si ma mémoire est bonne, la Chine était en Orient. Comment ce pays est-il donc devenu lui aussi un pays du soleil couchant ? Ce genre de surprise sémantique illustre bien l'inévitable différence entre la fluidité d'un monde en changement continu, et la rigidité des concepts que nous formons pour le décrire et l'interpréter. Car finalement, qu'est-ce que l'"Occident" ? Il y a aujourd'hui au moins six significations !
Au départ, l'Occident était une direction, celle de l'Ouest, ce qui suppose bien-sûr un point de référence pour nous... orienter. Ce fut évidemment - pour nous ! - Athènes. Et l'ennemi perse était donc à l'Est; L'Occident désigna ensuite petit à petit une région du monde, l'Europe de l'Ouest, même si son centre de gravité se déplaçait vers Rome. Le mot glissa alors de la géographie vers la religion. A l'époque des croisades, "occidental" et "chrétien" étaient presque synonymes. Depuis la révolution industrielle, l'Occident englobe l'Europe et les Etats-Unis partis à la conquête de l'Ouest. Les dimensions scientifiques, industrielles et économiques l'emportèrent sur les autres et relient les deux côtés de l'Atlantique. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la politique devint dominante. Celui qui s'échappait d'URSS vers sont sinistre rideau de fer passait en Occident. Aujourd'hui, l'Occident serait plutôt qualifié par quelques valeurs fondamentales comme l'universalité (le fait de s'adresser à tous), l'attrait pour la nouveauté (la mode est une invention occidentale) et la perpétuelle remise en cause (le droit à l'expression et à la critique). Shanghai n'est donc pas si occidentale que cela...
Alors qu'est-ce que l'Occident finalement ? C'est un concept, une idée qui sert à interpréter ce qui se passe, et comme pour tous les modèles mentaux, l'image en nous est floue, réductrice et discontinue. impossible de dire à quel moment précis la signification du mot "Occident" a changé, mais les six étapes sont bien présentes.
- Le concept a une fonction de classement et cette mise en catégorie consiste en deux opérations distinctes : 1. La première définit le périmètre de la classe (que puis-je mettre dans cette catégorie ?). 2. La seconde décrit les liens entre cette classe et les autres (en quoi cette catégorie est-elle différente de sa voisine ?). Cette double opération peut se faire selon deux modes différents : le point de vue classique et le point de vue relativiste.
A/ Le point de vue classique : La catégorie y est définie par un ensemble de propriétés. Les restaurants sont par exemple les endroits où, moyennant paiement, on peut prendre un repas. Selon ce point de vue, les catégories peuvent s'emboiter comme des poupées russes. Le restaurant d'entreprise, la taverne et le restauroute sont tous des restaurants qui sont eux-mêmes des commerces. Précisons encore : le restaurant est un conceptqui peut s'exprimer "en extension". C'est à dire qu'il s'étend aussi bien au Fouquet's et à la taverne de la gare d'Anvers qu'au McDonald's en bas de ma rue. Mais on peut aussi parler d'un restaurant "en compréhension", dire qu'il y a des tables, des chaises, de la nourriture, quelqu'un pour cuisiner etc. Plus la compréhension est grande, moins l'extension le sera... Autrement dit, plus on précisera en détail ce qu'est un restaurant, moins on pourra en donner d'exemples.
Le point de vue classique suppose deux hypothèses : 1. Les catégories sont homogènes. Tous les commerces qui peuvent être appelés "restaurant" le sont au même degré. 2. Les catégories sont décidables. Il est toujours possible de dire si une entité est un restaurant où ne l'est pas. Cette manière de voir les choses provient de la philosophie grècque. Elle a permis de structurer la pensée sur les bases de jugements et de raisonnements. Elle a également permis la naissance d'une discipline nouvelle : la logique formelle. Mais cette manière de voir les choses a aussi des faiblesses flagrantes. Il n'y a finalement qu'en mathématiques qu'une définition capture parfaitement un concept. La logique formelle a ses vices de forme...
B/ Le point de vue relativiste : On le sent intuitivement, les deux hypothèses précédentes sont intenables : au sein des catégories, ce n'est pas vraiment l'uniformité, ni l'homogénéité. On ne peut pas dire exactement pourquoi mais un chêne est plus représentatif de la catégorie "arbre" qu'un cerisier ou un peuplier. Un berger allemand est plus représentatif de la catégorie "chien" qu'un lévrier ou un basset. Tout se passe comme si toute catégorie avait son emblème, sa moyenne arithmétique, son prototype qui pourrait agir en ambassadeur de la classe. Un moineau est un peu plus "oiseau" qu'une perruche ou qu'un poulet qui sont pourtant des oiseaux, et ce n'est donc pas seulement une question de quantité ou de nombre. Quand on demande à une personne de citer les éléments d'une catégorie, une forme de séquence apparaît. La pomme vient avant le kiwi, le bleu vient avant le violet. Les catégories définies par des caractéristiques précises devraient être homogènes. Eh bien non, il faut bien l'admettre, certains éléments sont "un peu plus" que ce qui devrait être la même chose. Cela paraît absurde et pourtant, pour nous belges et français, F est "plus" une lettre de l'alphabet que O, l'Italie est "plus" un pays que Singapour. Et si on parle des célibataires, vous pensez à beaucoup de gens mais pas immédiatement au pape. A l'appui de cette thèse, faites le test suivant. Demandez à quelqu'un successivement : Un taxi est un véhicule. Vrai ou faux ? Un tank est un véhicule. Vrai ou faux ? Une navette spatiale est un véhicule. Vrai ou faux ? Les réponses sont trois foi "vrai". Mais il faudra chaque fois quelques instants de plus pour l'entendre... Comme si on pouvait être un peu plus ou u peu moins "véhicule" ! Une toute nouvelle approche devient alors possible. La catégorie est définie par son prototype et non plus par son périmètre. Et l'appartenance à la catégorie devient une question de distance au prototype, et non plus une question de caractéristiques partagées. Si l'approche classique relevait d'une vue "oui ou non" des choses, l'approche relativiste est au contraire tout en nuance et en continuité. Ludwig Wittgenstein a ainsi présenté en 1953 l'idée de family ressemblance, en prenant l'exemple des jeux. Ceux-ci forment indiscutablement une catégorie. Mais qui pourrait bien donner les caractéristiques communes au rugby et aux mots croisés ? Il est plus adéquat de parler de ressemblance de proche en proche. Le rugby a une parenté avec lae football, qui a une parenté avec le tennis, le tennis avec les échecs, les échecs avec le Scrabble, et le Scrabble avec les mots croisés. La réussite et le calembour font aussi partie des jeux, tout comme Sim City, le poker, le Rubik's Cube ou même la séduction. La liste est longue. Des enfants qui jouent à "papa-maman" ou encore des jongleurs qui jouent avec des quilles sont là pour témoigner que la catégorie de sjeux existe non pas grâce à des propriétés communes (comme le fait d'être plusieurs ou le rôle du hasard) mais par une ressemblance de proche en proche, un peu comme les membres d'une même famille (d'où l'appellation de l'idée présentée par Wittgenstein).
Alors quel serait le jeu "type" ? Un sport comme le football sans doute, ou alors le Monopoly. L'expérience montre en effet que les prototypes choisis sont un compromis entre la visualisation et l'abstraction.
Le prototype aura un grand nombre de propriétés communes à beaucoup d'autres éléments (définition doublement imprécise) tout en permettant une représentation imagée. Je "vois" une table de bridge ou une table d'opération, mais quand on me dit "meuble", je ne "vois" plus rien. Table sera alors le prototype, c'est le concept le plus abstrait qui entraîne néanmoins une visualisation instantanée, car je vois bien les pieds...
L'approche relativiste n'est sans doute pas très rationnelle, elle est certes subjective et les aspects psychologiques rivalisent avec les aspects philosophiques. Si on dit de quelqu'un que c'est une girafe, on pense à sa taille. Si on dit que c'est un requin, on pensera à son tempérament. Pourquoi dans un cas penser à son physique et dans un autre à son comportement ?
L'approche relativiste s'inspire évidemment du nominalisme, qui est devenu célèbre au Moyen Age lors de la tout aussi célèbre querelle des universaux. Pour les nominalistes, les propriétés communes aux objets ne sont que des mots et des noms, et il est vain de les rechercher car elles ne sont qu'illusions. Le rouge n'existe pas, même s'il y a des poissons rouges et des croix rouges. Les pèlerins ,n'existent pas même si beaucoup de gens vont à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Prenons un dernier exemple. Je lisais récemment dans un journal que Shanghai était devenue une ville "occidentale". Plutôt étrange, non ? Il y a quelques années encore, si ma mémoire est bonne, la Chine était en Orient. Comment ce pays est-il donc devenu lui aussi un pays du soleil couchant ? Ce genre de surprise sémantique illustre bien l'inévitable différence entre la fluidité d'un monde en changement continu, et la rigidité des concepts que nous formons pour le décrire et l'interpréter. Car finalement, qu'est-ce que l'"Occident" ? Il y a aujourd'hui au moins six significations !
Au départ, l'Occident était une direction, celle de l'Ouest, ce qui suppose bien-sûr un point de référence pour nous... orienter. Ce fut évidemment - pour nous ! - Athènes. Et l'ennemi perse était donc à l'Est; L'Occident désigna ensuite petit à petit une région du monde, l'Europe de l'Ouest, même si son centre de gravité se déplaçait vers Rome. Le mot glissa alors de la géographie vers la religion. A l'époque des croisades, "occidental" et "chrétien" étaient presque synonymes. Depuis la révolution industrielle, l'Occident englobe l'Europe et les Etats-Unis partis à la conquête de l'Ouest. Les dimensions scientifiques, industrielles et économiques l'emportèrent sur les autres et relient les deux côtés de l'Atlantique. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la politique devint dominante. Celui qui s'échappait d'URSS vers sont sinistre rideau de fer passait en Occident. Aujourd'hui, l'Occident serait plutôt qualifié par quelques valeurs fondamentales comme l'universalité (le fait de s'adresser à tous), l'attrait pour la nouveauté (la mode est une invention occidentale) et la perpétuelle remise en cause (le droit à l'expression et à la critique). Shanghai n'est donc pas si occidentale que cela...
Alors qu'est-ce que l'Occident finalement ? C'est un concept, une idée qui sert à interpréter ce qui se passe, et comme pour tous les modèles mentaux, l'image en nous est floue, réductrice et discontinue. impossible de dire à quel moment précis la signification du mot "Occident" a changé, mais les six étapes sont bien présentes. () Traiter
L'échec de la rationalité face au divin
- L'échec de la rationalité face au divin (1) Traiter
Les mathématiques
- Les mathématiques (9) Traiter
Ce qu'exprime la nature
- Ce qu'exprime la nature (1) Traiter
Le cinéma ne sert pas à raconter des histoires
- Le cinéma ne sert pas à raconter des histoires (1) Traiter
La signification
- La signification (1) Traiter
Ecrire
- Ecrire (2) Traiter
Tu sais être seul c'est la mort, c'est comme un cancer qui te mord | Tu te sens mourir chaque instant sans pouvoir dormir pour autant
- Tu sais être seul c'est la mort, c'est comme un cancer qui te mord | Tu te sens mourir chaque instant sans pouvoir dormir pour autant (1) Traiter
Le poète a toujours raison | Qui voit plus haut que l'horizon | Et le futur est son royaume
- Le poète a toujours raison | Qui voit plus haut que l'horizon | Et le futur est son royaume (1) Traiter
La femme est l'avenir de l'homme
- La femme est l'avenir de l'homme (1) Traiter
Il faudra réapprendre à vivre | Ensemble écrire un nouveau livre | Redécouvrir tous les possibles
- Il faudra réapprendre à vivre | Ensemble écrire un nouveau livre | Redécouvrir tous les possibles (1) Traiter
Réapprendre à vivre
- Réapprendre à vivre (1) Traiter
les dispositif de légitimation de l'ordre social
- les dispositif de légitimation de l'ordre social (1) Traiter
L'ordre social
- L'ordre social (1) Traiter
Une des mythologies les plus profondément ancrées dans l'imaginaire social de notre pays : l'égalité des chances
- Une des mythologies les plus profondément ancrées dans l'imaginaire social de notre pays : l'égalité des chances (1) Traiter
Les mythologies
- Les mythologies (2) Traiter
L'imaginaire social français
- L'imaginaire social français (2) Traiter
La question des conditions de travail
- La question des conditions de travail (1) Traiter
la reproduction des classes sociales
- la reproduction des classes sociales (1) Traiter
Les classes sociales
- Les classes sociales (3) Traiter
Transformer la société
- Transformer la société (1) Traiter
L'école comme entreprise de domestication sociale
- L'école comme entreprise de domestication sociale (1) Traiter
L'école
- L'école (1) Traiter
la recherche des mots "les moins faux possibles"
- la recherche des mots "les moins faux possibles" (1) Traiter
Utiliser l'étymologie pour "relier les mots étroitement aux choses"
- Utiliser l'étymologie pour "relier les mots étroitement aux choses" (1) Traiter
Proverbes
- Proverbes (1) Traiter