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- La banlieue (2) Traiter
- Evasion, évasion, effort d'imagination, ici tout est gris (1) Traiter
- Good times for a change (2) Traiter
- Please, please, please | Let me, let me, let me | Let me get what I want this time (1) Traiter
- Un sourire qui pleure (1) Traiter
- On risque pas de tenir longtemps (1) Traiter
- On est cuits (2) Traiter
- Garde le sourire, plus rien est grave | Tant qu'il nous reste une seconde de souvenir dans le crâne (1) Traiter
- Autour, c'est le chaos (1) Traiter
- Le chaos (1) Traiter
- Le destin n'a pas honte (1) Traiter
- On dirait bien qu'on est cuits (1) Traiter
- On fonce vers la mort (1) Traiter
- Garde le sourire (1) Traiter
- Les mots se font de l'ombre (1) Traiter
- Sous le feu j'abandonne, les forces m'ont quitté (1) Traiter
- L'abandon (2) Traiter
- Et cet espoir tenace, insatisfait (1) Traiter
- Même si s'effacent toutes ces impasses (1) Traiter
- Les impasses (1) Traiter
- Nos yeux usés par tant d'images (1) Traiter
- Après la pluie pas de beau temps (1) Traiter
- Le temps qu'il fait (3) Traiter
- (3) Traiter
- La littérature (4) Traiter
- L'homme (photographies) (20) Traiter
- Le situationnisme (3) Traiter
- Les roses (1) Traiter
- Le rôle des réseaux sociaux dans les révolutions arabes (1) Traiter
- Le rôle politique des réseaux sociaux (1) Traiter
- Il n'y a pas d'autre bonheur que la paix. (1) Traiter
- La forêt (1) Traiter
- L'altruisme (3) Traiter
- Le concept existentialiste de "facticité" de l'existence (1) Traiter
- L'action au fonds ne change rien et n'"agit" pas (1) Traiter
- "Au fond", concept houellebecquien (1) Traiter
- Il n'est à chercher de force et de vertu humaine que dans le domaine de la contemplation (1) Traiter
- La contemplation (6) Traiter
- Nietzsche déclarait préférer lire Schopenhauer dans sa traduction française que dans sa version originale (1) Traiter
- La volonté ou le vouloir-vivre comme essence du réel (1) Traiter
- L'art comme contemplation, c'est à dire libération des souffrances occasionnées par la réalité et la volonté (1) Traiter
- La volonté est la substance de la réalité (1) Traiter
- La volonté est omniprésente et toute-puissante (1) Traiter
- La pensée (représentation) est impuissante à modifier le cours de la volonté. Elle doit se contenter du rôle d'informateur infidèle et générateur d'illusion. (1) Traiter
- A propos du "monde comme volonté et comme représentation", on ne saurait parler de système, car il ne s'agit pas d'un édifice logique, patiemment construit, par déductions successives, mais bien d'une vision unique, d'un éclair génial; d'une intuition d'artiste qui satisfait l'esprit d'un coup ou le repousse définitivement. C'est dire qu'on ne réfute pas Schopenhauer, on l'accepte ou le rejette. (1) Traiter
- A propos du Monde comme volonté et comme représentation (4) Traiter
- Schopenhauer s'approprie la théorie platonicienne des Idées qui ne sont en définitive que des approximations de la véritable essence du Monde, de la chose en soi, enfin reconnue et déterminée comme volonté. (1) Traiter
- La sagesse des nations (1) Traiter
- L'humanité n'a pas d'autre ressource pour échapper à ses souffrances que le reniement de la volonté. (1) Traiter
- Du moins l'esprit humain peut-il se reconnaître dans le non-moi et parvenir au renoncement volontaire, à la résignation, à la véritable impassibilité et à l'arrêt absolu du vouloir. (1) Traiter
- La tragédie du vouloir (1) Traiter
- Le goût de la clarté (1) Traiter
- Schopenhauer, selon le mot de Thomas Mann, est un "humaniste pessimiste" (1) Traiter
- Schopenhauer prêche la résignation et l'anéantissement de la volonté (1) Traiter
- En Schopenhauer s'exprime déjà le nihilisme de ce siècle, le vide d'un monde sans dieux, ce vide que l'oin cherche alors à remplir en substituant aux anciennes certitudes la foi dans le progrès et les sciences, le culte de l'histoire et du succès, ou, plus banalement, la sécurité matérielle et le confort moral. (1) Traiter
- Le culte du succès (1) Traiter
- L'exègèse savante n'a pu rendre la pensée de Schopenhauer ni plus claire, ni plus systématique. Tout au plus a-t-on tenté de ranger ses propositions sous des catégories provenant d'autres systèmes. (1) Traiter
- Tell me where I'm going... (1) Traiter
- Turn the pages over (1) Traiter
- Turn the world around (1) Traiter
- Open up the broken door for all lost will be found (1) Traiter
- I've seen everybody | Everybody's seen me (1) Traiter
- I'm in everybody | Everybody's in me (1) Traiter
- So the story goes it | Everybody knows it (1) Traiter
- And you check your condition, your shape and your health (1) Traiter
- So you open the door with a look on your face | Your hands in your pockets and your family to face | And you go downstairs and you sit in your place (1) Traiter
- Family (1) Traiter
- Contemplating Babylon (1) Traiter
- There's a place for everyone (1) Traiter
- But until the web is spun | Everybody must have fun (1) Traiter
- Everybody must have fun (1) Traiter
- We went to the same schools and we | All learned the same rules of lament (1) Traiter
- There's isn't anywhere to run (1) Traiter
- The masterpiece is done (1) Traiter
- On the street for knowledge | You must eat your porridge (1) Traiter
- Let me tell you this | Before I walk out of this (1) Traiter
- Let me tell you this (1) Traiter
- To feel (5) Traiter
- I must be dreaming (1) Traiter
- What we believe in | Is just a feeling (1) Traiter
- What we believe in (1) Traiter
- If you know what's good for you | Then you know what you can do (1) Traiter
- Photographies de Claire Libaux (42) Traiter
- Caddies (1) Traiter
- Déstresser (1) Traiter
- Everything is OK (1) Traiter
- Le socialisme (2) Traiter
- Le travail (32) Traiter
- Humor (2) Traiter
- La vache enragée (1) Traiter
- Le mauvais coton (1) Traiter
- La pensée systémique (1) Traiter
- L'homme et la femme (2) Traiter
- Eloge du loisir (5) Traiter
- Le devoir (6) Traiter
- Arrêter la clope, avant qu'elle n'arrête ma vie (10) Traiter
- Les réseaux sociaux (1) Traiter
- Internet (2) Traiter
- Le virtuel (3) Traiter
- C'est merveilleux l'existence, ça commence par des vacances (1) Traiter
- Les vacances (1) Traiter
- L'agriculture (1) Traiter
- Les gens se lèvent, ils sont brimés. C'est l'heure où je vais me coucher (1) Traiter
- Lazing on a sunny afternoon, in a summertime (1) Traiter
- Laziness (2) Traiter
- Idleness (2) Traiter
- I love to live so pleasantly | Live this life of luxury (1) Traiter
- He made a home in the wilderness (1) Traiter
- Wilderness (1) Traiter
- The melody always finds me (1) Traiter
- The melody (1) Traiter
- If you look in your mind | Do you know what you will find | Open your mind (1) Traiter
- Mind (3) Traiter
- Open your mind (1) Traiter
- Ouvre ton esprit (1) Traiter
- Even the words they fail me | Oh look what it's doing to me | I never say what I want to say | It's only a word believe me (1) Traiter
- Words (4) Traiter
- I was looking through my eyes (1) Traiter
- If you're in the right mind (1) Traiter
- Now he's doing time in the back of his mind (1) Traiter
- Run into the sun (1) Traiter
- The sun (1) Traiter
- Murder lives forever | And so does war (1) Traiter
- War (2) Traiter
- Rich against the poor (1) Traiter
- I'm not the only one who | Finds it hard to understand (1) Traiter
- I'm not afraid of God | I am afraid of Man (1) Traiter
- Man (1) Traiter
- We can be as bad as we can good (1) Traiter
- Good and bad (1) Traiter
- Underneath it all, we're just savages | Hidden behind shirts, ties and marriages (1) Traiter
- Savages (2) Traiter
- We're just animals, still learning how to crawl (1) Traiter
- You can see it on the news | You can watch it on TV | You can read it on your phone (1) Traiter
- TV (1) Traiter
- Smartphone (1) Traiter
- Non ! économique (7) Traiter
- L'opinion (2) Traiter
- La guerre cognitive (1) Traiter
- L'impossible seul vaut la peine d'être accompli. (10) Traiter
- Je cherche l'impossible (1) Traiter
- Never explain (2) Traiter
- Le vague (3) Traiter
- Ce qui signifie que l'efficacité ne vient plus strictement de moi, sujet d'initiative, concevant et voulant, construisant idéalement un plan, puis m'acharnant à le mettre en oeuvre, selon le bon vieux rapport théorie-pratique dont l'Europe n'a pas décollé ; mais qu'elle procède à même la situation si je sais y diagnostiquer le potentiel en ma faveur, à titre de facteurs porteurs, puis l'exploiter graduellement. La situation ne sera plus, dès lors, cette donnée rétive et résistante à quoi je dois imposer mon plan dressé d'avance, mais une mine dont j'explorerai les filons, un champ de ressources dont je suivrai les sillons tel un réseau d'opportunités diverses sur lesquelles j'apprends à "surfer" (1) Traiter
- L'art du surf (1) Traiter
- L'efficacité (4) Traiter
- L'initiative (3) Traiter
- Il s'agit, en effet, de rien de moins, pour le sujet, que de renoncer à son initiative de "sujet". d'un sujet qui dés l'abord présume et projette, choisit, décide, se fixe des fins et s'en donne les moyens. Or, s'il renonce momentanément à ce pouvoir de maîtrise, à quoi l'invite la disponibilité, c'est qu'il craint, alors, que cette initiative dont il se prévaut ne fasse barrage et soit intempestive, qu'elle le ferme à l'"opportunité"... (1) Traiter
- Non, cette déprise de la disponibilité est une prise, et même plus adroite parce que fluide, non engoncée, non arrêtée. La notion, en même temps qu'elle est éthique, est stratégique. "Prise" d'autant plus efficace qu'elle ne se localise plus, ne se spécifie plus, ne s'impose plus. Elle est d'autant plus continûment ajustée que , ne visant plus, elle n'est jamais déçue ni dapourvue, elle n'est ni déroutée ni fragmentée. "Prise" d'autant plus ample - ou plutôt ne connaît elle plus de borne ou d'extrémité - du seul fait qu'elle ne se donne plus de piste à suivre, de but à satisfaire, de quête à combler, d'objet à s'emparer. Car cette prise par déprise n'est plus orientée ; elle ne projette plus, elle est sans ombre portée, n'est plus conduite par une intentionalité, tient par conséquent tout à égalité. Son captage est grand ouvert parce qu'il n'attend rien à capter. (1) Traiter
- Le sage, autrement dit, maintient tous les possibles ouverts, n'en exclut à priori aucun, et se maintient dans le compossible (1) Traiter
- Le juste milieu, pour qui sait le penser avec rigueur, est de pouvoir faire l'un aussi bien que l'autre, c'est à dire d'être capable de l'un comme de l'autre extrême. C'est dans cet "égal" de l'égal accès à l'un comme à l'autre qu'est le "mi-lieu". Trois ans de deuil à la mort de son père, nous dit-on, ce n'est pas trop ; mais boire des coupes sans compter au cours d'un banquet, ce n'est pas trop non plus - je n'exagère d'aucun côté (mais vais à l'extrême de chaque possibilité, remplis complètement chaque exigence). Le risque est plutôt que, s'enlisant d'un côté, on se ferme à l'autre possibilité et qu'on en rate ainsi l'occurence. Par opposition à quoi, la disponibilité sera de maintenir l'éventail complètement ouvert - sans raidissement ni évitement - de façon à répondre pleinement à chaque sollicitation qui passe, c'est à dire sans rien laisser de côté ni soi-même se braquer. (1) Traiter
- Du choix dans la pensée (1) Traiter
- Le magasin d'idées (2) Traiter
- Un autre monde est possible (1) Traiter
- Les classes (1) Traiter
- Sortir du cadre (1) Traiter
- Qui dit "penser" dit "cadre", l'un ne va pas sans l'autre. Il n'y a pas de réflexion sans contexte, on ne réfléchit jamais à partir de rien. Les idées nouvelles n'apparaissent qu'en s'appuyant sur une structure d'idées existantes : un cadre de pensée. Le cerveau ne fait jamais table rase. (1) Traiter
- Le contexte (1) Traiter
- Il y a deux formes de pensées : la déduction, qui part d'une hypothèse et se confronte à la réalité, et l'induction, qui à partir de l'expérience, conduit à des hypothèses. (1) Traiter
- Il y a quatre grandes catégories de cadres. Les connaissances et les croyances sont des modèles mentaux qui tendent à être permanents, à l'inverse des représentations qui sont des constructions de l'instant, qui mettent en scène le moment présent pour lui donner un sens et disparaissent tout aussi vite. Les cadres de quatrième type conduisent aux trouvailles, et de provisoires, ils deviennent alors définitifs. (1) Traiter
- La catégorisation est une mise en cadre inévitable. Penser va de pair avec classer. (1) Traiter
- Il existe trois types de trouvailles - la découverte, l'invention et la création, suivant que l'on trouve ce qui était, ce qui sera ou ce qui peut être. (1) Traiter
- Les cadres n'existent pas dans la réalité, mais ils sont indispensables pour l'appréhender. (1) Traiter
- Il y a des cadres de toutes les tailles. Le plus petit modèle est le concept (exemple : le restaurant). Ensuite vient le stéréotype qui est un jugement minimal. Par exemple : le climat de l'Islande est froid, les banques sont riches... A l'autre extrémité, il y a les paradigmes qui sont des cadres tellement grands qu'on n'en voit plus les contours, qu'on en oublie parfois l'existence. Par exemple : une Europe sans conflit armé. Entre les extrêmes, il existe de nombreux schémas, structures, matrices et autres grilles de lecture. (1) Traiter
- Les cadres sont des abstractions simplificatrices, des réductions incomplètes. (1) Traiter
- L'art de la créativité est celui de construire de nouveaux cadres de pensée qui permettront alors de nombreuses trouvailles. (1) Traiter
- Pour pouvoir penser, il faut pouvoir oublier. Sans une prise de distance par rapport au monde, l'homme ne peut forger de concept, il ne peut penser au monde. S'il voit chacun des arbres, il ne peut voir la forêt. Pour pouvoir abstraire, il doit d'abord pouvoir s'extraire. Cet éloignement par rapport aux choses crée un espace où la réflexion peut se déployer. D'un côté il y a les objets, et de l'autre, il y a nous, les sujets, obligés de ^rendre de la hauteur. (1) Traiter
- Prendre de la hauteur (2) Traiter
- L'oubli (7) Traiter
- Penser consiste à relier, à organiser, à connecter quelques données entre elles pour essayer de construire une structure qui a du sens, un schéma cohérent, ou un modèle qui permet de comprendre [...] Ces connexions conduisent le sujet à élaborer une nouvelle "idée" qui peut ainsi être définie comme une "hypothèse de travail". (1) Traiter
- Relier (1) Traiter
- L'invention simultanée du calcul infinitésimal par Newton et Leibnitz (1) Traiter
- A l'origine de bien des idées se trouve l'étonnement. Une perception aiguisée, une attention en éveil permet de détecter ces petites choses qui conduisent aux grandes trouvailles (1) Traiter
- Les marins ont des dizaines de mots différents pour qualifier ce que nous appelons simplement une corde. Les habitants du Groenland ont des dizaines de mots différents pour qualifier ce que nous appelons simplement de la neige. Ils voient ce que nous ne voyons pas : le détail, la nuance, la caractéristique qui nous échappe. Ils perçoivent une différence là où nous ne voyons que ressemblance. Ils sont riches de la diversité là où nous sommes les pauvres de l'uniformité. (1) Traiter
- La matière première de la pensée est le concept. Par exemple, le travail est un concept, et le repos aussi. Tout comme le bureau, qui nous montre au passage que l'amplitude des concepts peut être large : il peut être l'endroit où je vais travailler mais aussi ma table de traval. Le concept est une idée générale qui permet de regrouper beausoup de choses particulières. Un concept englobe la diversité dans une unité confortable à l'esprit qui peut alors la manipuler à sa guise pour réfléchir. Il permet d'organiser notre connaissance qur les objets, c'est l'entité cognitive de base où nous mettons le sens des mots que nous utilisons. Le concept est à la pensée ce que la brique est au maçon, ce que les molécules sont au chimiste. (1) Traiter
- Le concept a une fonction de classement et cette mise en catégorie consiste en deux opérations distinctes : 1. La première définit le périmètre de la classe (que puis-je mettre dans cette catégorie ?). 2. La seconde décrit les liens entre cette classe et les autres (en quoi cette catégorie est-elle différente de sa voisine ?). Cette double opération peut se faire selon deux modes différents : le point de vue classique et le point de vue relativiste.
A/ Le point de vue classique : La catégorie y est définie par un ensemble de propriétés. Les restaurants sont par exemple les endroits où, moyennant paiement, on peut prendre un repas. Selon ce point de vue, les catégories peuvent s'emboiter comme des poupées russes. Le restaurant d'entreprise, la taverne et le restauroute sont tous des restaurants qui sont eux-mêmes des commerces. Précisons encore : le restaurant est un conceptqui peut s'exprimer "en extension". C'est à dire qu'il s'étend aussi bien au Fouquet's et à la taverne de la gare d'Anvers qu'au McDonald's en bas de ma rue. Mais on peut aussi parler d'un restaurant "en compréhension", dire qu'il y a des tables, des chaises, de la nourriture, quelqu'un pour cuisiner etc. Plus la compréhension est grande, moins l'extension le sera... Autrement dit, plus on précisera en détail ce qu'est un restaurant, moins on pourra en donner d'exemples.
Le point de vue classique suppose deux hypothèses : 1. Les catégories sont homogènes. Tous les commerces qui peuvent être appelés "restaurant" le sont au même degré. 2. Les catégories sont décidables. Il est toujours possible de dire si une entité est un restaurant où ne l'est pas. Cette manière de voir les choses provient de la philosophie grècque. Elle a permis de structurer la pensée sur les bases de jugements et de raisonnements. Elle a également permis la naissance d'une discipline nouvelle : la logique formelle. Mais cette manière de voir les choses a aussi des faiblesses flagrantes. Il n'y a finalement qu'en mathématiques qu'une définition capture parfaitement un concept. La logique formelle a ses vices de forme...
B/ Le point de vue relativiste : On le sent intuitivement, les deux hypothèses précédentes sont intenables : au sein des catégories, ce n'est pas vraiment l'uniformité, ni l'homogénéité. On ne peut pas dire exactement pourquoi mais un chêne est plus représentatif de la catégorie "arbre" qu'un cerisier ou un peuplier. Un berger allemand est plus représentatif de la catégorie "chien" qu'un lévrier ou un basset. Tout se passe comme si toute catégorie avait son emblème, sa moyenne arithmétique, son prototype qui pourrait agir en ambassadeur de la classe. Un moineau est un peu plus "oiseau" qu'une perruche ou qu'un poulet qui sont pourtant des oiseaux, et ce n'est donc pas seulement une question de quantité ou de nombre. Quand on demande à une personne de citer les éléments d'une catégorie, une forme de séquence apparaît. La pomme vient avant le kiwi, le bleu vient avant le violet. Les catégories définies par des caractéristiques précises devraient être homogènes. Eh bien non, il faut bien l'admettre, certains éléments sont "un peu plus" que ce qui devrait être la même chose. Cela paraît absurde et pourtant, pour nous belges et français, F est "plus" une lettre de l'alphabet que O, l'Italie est "plus" un pays que Singapour. Et si on parle des célibataires, vous pensez à beaucoup de gens mais pas immédiatement au pape. A l'appui de cette thèse, faites le test suivant. Demandez à quelqu'un successivement : Un taxi est un véhicule. Vrai ou faux ? Un tank est un véhicule. Vrai ou faux ? Une navette spatiale est un véhicule. Vrai ou faux ? Les réponses sont trois foi "vrai". Mais il faudra chaque fois quelques instants de plus pour l'entendre... Comme si on pouvait être un peu plus ou u peu moins "véhicule" ! Une toute nouvelle approche devient alors possible. La catégorie est définie par son prototype et non plus par son périmètre. Et l'appartenance à la catégorie devient une question de distance au prototype, et non plus une question de caractéristiques partagées. Si l'approche classique relevait d'une vue "oui ou non" des choses, l'approche relativiste est au contraire tout en nuance et en continuité. Ludwig Wittgenstein a ainsi présenté en 1953 l'idée de family ressemblance, en prenant l'exemple des jeux. Ceux-ci forment indiscutablement une catégorie. Mais qui pourrait bien donner les caractéristiques communes au rugby et aux mots croisés ? Il est plus adéquat de parler de ressemblance de proche en proche. Le rugby a une parenté avec lae football, qui a une parenté avec le tennis, le tennis avec les échecs, les échecs avec le Scrabble, et le Scrabble avec les mots croisés. La réussite et le calembour font aussi partie des jeux, tout comme Sim City, le poker, le Rubik's Cube ou même la séduction. La liste est longue. Des enfants qui jouent à "papa-maman" ou encore des jongleurs qui jouent avec des quilles sont là pour témoigner que la catégorie de sjeux existe non pas grâce à des propriétés communes (comme le fait d'être plusieurs ou le rôle du hasard) mais par une ressemblance de proche en proche, un peu comme les membres d'une même famille (d'où l'appellation de l'idée présentée par Wittgenstein).
Alors quel serait le jeu "type" ? Un sport comme le football sans doute, ou alors le Monopoly. L'expérience montre en effet que les prototypes choisis sont un compromis entre la visualisation et l'abstraction.
Le prototype aura un grand nombre de propriétés communes à beaucoup d'autres éléments (définition doublement imprécise) tout en permettant une représentation imagée. Je "vois" une table de bridge ou une table d'opération, mais quand on me dit "meuble", je ne "vois" plus rien. Table sera alors le prototype, c'est le concept le plus abstrait qui entraîne néanmoins une visualisation instantanée, car je vois bien les pieds...

L'approche relativiste n'est sans doute pas très rationnelle, elle est certes subjective et les aspects psychologiques rivalisent avec les aspects philosophiques. Si on dit de quelqu'un que c'est une girafe, on pense à sa taille. Si on dit que c'est un requin, on pensera à son tempérament. Pourquoi dans un cas penser à son physique et dans un autre à son comportement ?
L'approche relativiste s'inspire évidemment du nominalisme, qui est devenu célèbre au Moyen Age lors de la tout aussi célèbre querelle des universaux. Pour les nominalistes, les propriétés communes aux objets ne sont que des mots et des noms, et il est vain de les rechercher car elles ne sont qu'illusions. Le rouge n'existe pas, même s'il y a des poissons rouges et des croix rouges. Les pèlerins ,n'existent pas même si beaucoup de gens vont à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Prenons un dernier exemple. Je lisais récemment dans un journal que Shanghai était devenue une ville "occidentale". Plutôt étrange, non ? Il y a quelques années encore, si ma mémoire est bonne, la Chine était en Orient. Comment ce pays est-il donc devenu lui aussi un pays du soleil couchant ? Ce genre de surprise sémantique illustre bien l'inévitable différence entre la fluidité d'un monde en changement continu, et la rigidité des concepts que nous formons pour le décrire et l'interpréter. Car finalement, qu'est-ce que l'"Occident" ? Il y a aujourd'hui au moins six significations !
Au départ, l'Occident était une direction, celle de l'Ouest, ce qui suppose bien-sûr un point de référence pour nous... orienter. Ce fut évidemment - pour nous ! - Athènes. Et l'ennemi perse était donc à l'Est; L'Occident désigna ensuite petit à petit une région du monde, l'Europe de l'Ouest, même si son centre de gravité se déplaçait vers Rome. Le mot glissa alors de la géographie vers la religion. A l'époque des croisades, "occidental" et "chrétien" étaient presque synonymes. Depuis la révolution industrielle, l'Occident englobe l'Europe et les Etats-Unis partis à la conquête de l'Ouest. Les dimensions scientifiques, industrielles et économiques l'emportèrent sur les autres et relient les deux côtés de l'Atlantique. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la politique devint dominante. Celui qui s'échappait d'URSS vers sont sinistre rideau de fer passait en Occident. Aujourd'hui, l'Occident serait plutôt qualifié par quelques valeurs fondamentales comme l'universalité (le fait de s'adresser à tous), l'attrait pour la nouveauté (la mode est une invention occidentale) et la perpétuelle remise en cause (le droit à l'expression et à la critique). Shanghai n'est donc pas si occidentale que cela...
Alors qu'est-ce que l'Occident finalement ? C'est un concept, une idée qui sert à interpréter ce qui se passe, et comme pour tous les modèles mentaux, l'image en nous est floue, réductrice et discontinue. impossible de dire à quel moment précis la signification du mot "Occident" a changé, mais les six étapes sont bien présentes. ()
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- L'échec de la rationalité face au divin (1) Traiter
- Les mathématiques (9) Traiter
- Ce qu'exprime la nature (1) Traiter
- Le cinéma ne sert pas à raconter des histoires (1) Traiter
- La signification (1) Traiter
- Ecrire (2) Traiter
- Tu sais être seul c'est la mort, c'est comme un cancer qui te mord | Tu te sens mourir chaque instant sans pouvoir dormir pour autant (1) Traiter
- Le poète a toujours raison | Qui voit plus haut que l'horizon | Et le futur est son royaume (1) Traiter
- La femme est l'avenir de l'homme (1) Traiter
- Il faudra réapprendre à vivre | Ensemble écrire un nouveau livre | Redécouvrir tous les possibles (1) Traiter
- Réapprendre à vivre (1) Traiter
- les dispositif de légitimation de l'ordre social (1) Traiter
- L'ordre social (1) Traiter
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- Les mythologies (2) Traiter
- L'imaginaire social français (2) Traiter
- La question des conditions de travail (1) Traiter
- la reproduction des classes sociales (1) Traiter
- Les classes sociales (3) Traiter
- Transformer la société (1) Traiter
- L'école comme entreprise de domestication sociale (1) Traiter
- L'école (1) Traiter
- la recherche des mots "les moins faux possibles" (1) Traiter
- Utiliser l'étymologie pour "relier les mots étroitement aux choses" (1) Traiter
- Proverbes (1) Traiter


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