Livre cité
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- Echapper aux contraintes qui pèsent sur la pensée surveillée (1)
- La contrainte que fait peser l'esprit critique sur le langage et sur les mondes d'expression. Parmi ces contraintes, la logique : le rationalisme le plus étroit qui veille à ne rien laisser passer qui n'eut été estampillé par ses soins, la morale, sous forme de tabous sexuels et sociaux, le goût, régi par les conventions sophistiques du bon ton, peut-être les pires de toutes. Ce prétendu sens critique que l'on nous avait appris à cultiver à l'école, freinant toute spéculation intellectuelle de grande envergure. (1)
- L'appétit de merveilleux, contre l'appauvrissement et la stérilité des modes de pensée, qui était l'aboutissement de plusieurs siècles de rationnalisme (1)
- Ce qui est merveilleux (30)
- Le surréalisme (79)
- André Breton, parlant du contenu de La Révolution Surréaliste : Le monde soi-disant cartésien qui nous entoure est un monde insoutenable, mystificateur, sans drôlerie, contre lequel toutes les formes d'insurrection sont justifiées. Toute la psychologie de l'entendement est remise en question. Il y a un refus catégorique d'admettre tout ce qui a pu être élaboré à partir d'une vue purement corticale de l'esprit. Ferdinand Alquié, dans un texte intitulé humanisme surréaliste et existentialiste, recueilli en 1948 dans Les cahiers du collège philosophique, pose on ne peut mieux le problème : Déclarer, dit-il, que la raison est l'essence de l'homme, c'est déjà couper l'homme en deux, et la tradition classique n'y a jamais manqué. Elle a distingué en l'homme ce qui est raison et qui par là-même est vraiment humain, et ce qui n'est point raison et qui par là-même est indigne de l'homme, instincts et sentiments. Tout l'enseignement de Freud [...] est pour nous représenter le danger mortel que cette coupure, que cette scission entre les forces dites de raison et les passions profondes, bien décidées à s'ignorer mutuellement, font courir à l'homme. La seule ressource est de s'opposer aux prétentions exhorbitantes de cette raison, qui a usurpé la place de la raison véritable, et aussi de soustraire aux processus de refoulement qui les rend d'autant plus nocifs, les impulsions et les désirs. Dans la mesure où l'ancienne raison est ainsi déchue de la toute puissance qu'elle s'est arrogée au cours des siècles, il est compréhensible que les devoirs qu'elle contribue à imposer à l'homme sur le plan moral, perdent presque toute justification. Nous formulons sur cette loi des réserves expresses ; nous saisirons toutes les occasions de la prendre en défaut, jusqu'à ce qu'une autre, véritablement fondée, s'y substitua. Tel est le sens de la déclaration qui figure sur le premier numéro de la Révolution Surréaliste : "Il faut aboutir à une nouvelle déclaration ds droits de l'homme". (1)
- L'expérience et l'aventure intérieures (1)
- Le goût d'errer poussé à ses extrêmes limites (Le paysan de Paris, Nadja) (1)
- Les coïncidences (6)
- La poursuite de l'imprévu (1)
- Etre à l'affut du hasard objectif, qui est le lieu géométrique des coïncidence. (1)
- Pouvez-vous dire quelle a été la rencontre capitale de votre vie, jusqu'à quel point cette rencontre vous a donné le sentiment du fortuit, du nécessaire ? (1)
- La rencontre (6)
- La vertu magique de la rencontre (1)
- Questions sur l'amour : quel sorte d'espoir mettez-vous dans l'amour ? Comment envisagez-vous le passage de l'idée d'amour au fait d'aimer ? Feriez-vous à l'amour le sacrifice de votre liberté, l'avez-vous fait ? Vous donnerie-vous le droit de vous priver quelques temps de la présence de l'être que vous aimez, sachant à quel point la distance est exaltante pour l'amour, mais apercevant la médiocrité d'un tel calcul ? Croyez-vous à la victoire de l'amour admirable sur la vie sordide, ou de la vie sordide sur l'amour admirable ? (1)
- L'amour (21)
- Dans l'amour électif réside la plus haute visée humaine et même celle qui transcende toutes les autres (1)
- Les saisons (27)
- Dystopie (2)
- L'autarcie (1)
- Extra-vagance (1)
- Autobiographie (1)
- Ce qu'il me fallait, c'était vivre abondamment, sucer toute la moelle secrète de la vie (1)
- Le désir de vivre (2)
- Sucer toute la moelle secrète de la vie (1)
- La joie d'être en vie (8)
- Une autre vie (2)
- Vivre dans la nature (2)
- Dans Walden, Thoreau décrit l'esthétique des paysages entourant sa cabane (chapitre IV : Bruits). Il énumère aussi les sons audibles depuis sa cabane : les cloches de l'église, le meuglement des vaches, le chant du whip-poor-will, le hululement des hiboux, le coassement des grenouilles et le chant des coqs. Par ailleurs, il écrit ses observations sur la géographie de l'étang de Walden et ses voisins : l'étang de Flint (ou Sandy Pond), White Pond, et Goose Pond (1)
- Les animaux (184)
- La propriété (2)
- Une nouvelle éthique (1)
- Walden passe par la redécouverte des mots précis, des étymologies et des échos stylistiques (prosonomasie) entre les mots. « Les dénombrements sans fin des mots de Walden font [ainsi] partie de son entreprise de sauvetage du langage. » Thoreau rêve d'une « parole-écriture végétale qui ne serait lue ou entendue que par les oiseaux ou les anges ». Le secret de cette langue est possédé par les animaux du bois et par l'étang de Walden et « tout le livre parle du recouvrement prestigieux et possible d'une langue adamique, celle d'une profération poétique où les mots seraient adéquats aux choses. Il s'ensuit que l'animal, de par le fait qu'il est plus proche de la nature, détiendrait le secret de ce babil ancien et mimologique parlé à l'aube des temps. » Il existe donc deux langages : l'un maternel et l'autre paternel ; l'homme doit réapprendre à les parler. Proche de ce que sera plus tard la philosophie de Wittgenstein, Thoreau fait de Walden « une éducation à l'âge adulte pour redonner sens aux mots » ; Walden est ainsi « une entreprise de réappropriation du langage, exactement comme le Tractatus-philosophicus, une entreprise de réhabilitation du langage par le silence. » Plusieurs fois dans le roman, Thoreau écoute les cris animaux, ses « voisins inférieurs », et dont la langue est assimilée aux poèmes humains. Il les imite et tente d'en cerner la signification en laissant libre cours aux associations d'idées. Ses onomatopées et calembours sont la clé de cette langue adamique par laquelle Thoreau souhaite s'affranchir de la littérarité. Par ce travail du sonore, Thoreau entend établir « un protocole de lecture qui a pour fonction d'initier les lecteurs au plaisir du bruit ». La rencontre avec l'écho donne le départ du nouveau langage du narrateur, celui de l'harmonie imitative. Ce dernier lui permet de décrire la nature en donnant à chaque élément de celle-ci un son particulier, en accord avec son essence. Il s'agit d'une initiation car le processus d'acquisition linguistique est progressif. La nature s'humanise et « le meuglement lointain de quelques vaches » semble celui de « certains ménestrels », de même « les whippoorwills chantaient leurs vêpres ». Viennent ensuite les oiseaux qui laissent la place aux chats-huants, comparables à des « pleureuses ». Les animaux semblent articuler de plus en plus leurs langages, et, ce faisant, un sens se forme. Ils ne ressemblent plus à des hommes mais à des poètes : les chats-huants ont ainsi un « cri lugubre véritablement ben-jonsonien », en référence au poète Ben Jonson, contemporain de Shakespeare. En somme, Walden est « la manifestation suprême de cette conscience linguistique exigeante » de Thoreau. (1)
- La solitude (41)
- L'harmonie avec la nature (1)
- Thoreau tente de montrer « comment la présence humaine et le paysage interagissent ». Thoreau nous montre que le paysage a la capacité de résister à l'action humaine mais aussi que l'homme doit équilibrer le milieu et aider la nature à faire jouer ses forces homéostasiques. En ce sens, Walden propose une « contre-idéologie du paysage ». Le paysagiste américain Ian McHarg (auteur de Design with Nature) s'inspire de cette idée, dont Thoreau est le pionnier. Cette relation, devenue intime, avec la nature permet à Thoreau de redéfinir jusqu'à l'acte d'écriture : il « définit son idéal littéraire par la capacité de l'écrivain à se soumettre à l'influence de la nature, à transposer la sauvagerie encore si largement présente sur le Nouveau Continent. Il emprunte au nationalisme littéraire américain l'idée selon laquelle les vastes étendues désertiques constituaient une ressource précieuse que l'Europe n'avait plus à sa disposition pour se redonner de l'énergie » (1)
- Le geste sacré (11)
- Les monastères, où la vie semble un sourire inaltérable (1)
- Sourire (25)
- L'injustice (1)
- Augustin concevait Dieu comme "une substance immense pénétrant de toutes part à travers les espaces infinis la masse entière du monde, répandue sans terme dans l'immensité". (1)
- L'immensité (12)
- Dieu (16)
- L'infini (14)
- La « joie parfaite », célébrée par Saint François d'Assise (1)
- La joie (29)
- « Certitude, certitude, sentiment, joie, paix... », parchemin retrouvé après la mort de Pascal, cousu dans la doublure de son habit. (1)
- La paix (89)
- Certitude (1)
- Panthéisme (3)
- Relation au vivant (3)
- Schopenhauer et le bouddhisme (1)
- La joie du croyant (1)
- Il n'est pas nécessaire qu'une histoire soit vraie pour y croire (1)
- Le christianisme a offert au monde la Vierge Marie (1)
- La Vierge Marie (5)
- On dirait que la société moderne s'acharne à effacer les preuves de l'existence de Dieu. (1)
- Je crois au Dieu Univers, et non au Dieu créateur. (1)
- Dieu se confond avec le monde et correspond à la définition de Tolstoï : "Ce tout illimité dont l'homme se sent une partie limitée" (1)
- La joie d'être ensemble ou d'être là, tout simplement. La joie de nous retrouver dans les yeux aimés d'un amour ou d'un enfant. La joie de se mélanger à l'univers. La joie qui fait de Dieu une évidence. Je crois à la preuve par la joie. (1)
- Simone Weil : « En toute chose, seul ce qui nous vient du dehors, gratuitement, par surprise, comme un don du sort, sans que nous l'ayons cherché, est joie pure » (1)
- Les religions meurent de l'esprit de sérieux. La foi sera joyeuse ou ne sera pas. (1)
- Devant un ciel ou un paysage comme ça, il est impossible de ne pas voir Dieu, de ne pas le sentir, de n'avoir pas envie de lui parler. (1)
- Il n'y a que Dieu qui peut avoir créé l'idée de Dieu. (1)
- "Tout est vide et vivant" (1)
- Le cynisme et la cupidité, les deux vraies idéologies de la société moderne. (1)
- La société moderne (5)
- Je me sens bête, comme le martinet ou l'hirondelle qui, dans le ciel, dessinent en nageant d'immenses arabesques. (1)
- De la bêtise (1)
- La joie pleine (1)
- François d'Assise décrète que les bêtes sont nos frères et nos soeurs. (1)
- Le pharisaïsme de notre époque (1)
- Le christianisme sera un panthéisme ou ne sera plus. (1)
- Le règne du relativisme triomphant (1)
- Savoir se fondre dans l'univers (1)
- L'univers (1)
- L'âme, c'est comme Dieu. Elle ne se prouve ni s'argumente, elle s'expérimente. (1)
- L'âme (5)
- Le vide (2)
- La destruction de soi : Nous ne possédons rien au monde car le hasard peut tout nous ôter sinon le pouvoir de dire je. C'est cela qu'il faut donner à Dieu, c'est à dire détruire. Il n'y a absolument aucun autre acte libre qui nous soit permis, sinon la destruction du je. (1)
- Guérir de l'ego (11)
- La nécessité du détachement : Détacher notre désir de tous les biens et attendre. L'expérience prouve que cette attente est comblée. On touche alors le bien absolu. (1)
- Le détachement (5)
- Vanité de la possession : on ne possède que ce à quoi on renonce. (1)
- Une plénitude qui dispense de chercher sans raison. (1)
- La cupidité, la matérialisme et le culte des apparences, les trois faces de la même fange où nous sommes en train de nous perdre. (1)
- Toqueville : principe prophétique de la " tyrannie douce " (1)
- F. Mitterrand, dans une forêt du Morvan, "Ce serait quand même merveilleux, si tout s'arrêtait à l'instant et que nous puissions vivre jusqu'à la fin des temps le bonheur que nous vivons maintenant ! " (1)
- L'éternité (7)
- Le christianisme connaîtra peut-être, après sa refondation franciscaine, une renaissance épicurienne. (1)
- Le christianisme (1)
- "Dieu, c'est à dire la nature" : Spinoza réintègre l'espèce humaine dans la nature... Pour Spinoza, Dieu est partout, il est à la fois cosmopolite, oeucuménique et protéiforme. Il est moi, il est toi, il est l'air que nous respirons et le gazon sur lequel nous marchons. (1)
- Le socialisme utopique (1)
- Et si il y a avait une révolution mondiale ? (1)
- La révolution (13)
- La prédation dans les relations humaines (1)
- La cruauté du monde (5)
- Redistribuer les ressources entre les humains (1)
- La redistribution (1)
- "Drill baby, drill" (1)
- Le capitalisme (13)
- Assurer le bien être universel des personnes à travers la collectivisation et la redistribution (1)
- La pauvreté de nos vies actuelles (1)
- La pauvreté (2)
- Nos vies (1)
- Abolir la prison (1)
- La prison (9)
- Abolir les frontières (1)
- Les frontières (2)
- La prise de décision collective et délibérative (1)
- Comment s'épanouir ensemble (1)
- Le collectivisme (1)
- S'épanouir (1)
- La violence climatique (2)
- Le climat (6)
- S'il y a une personne en danger, tout le monde est en danger (1)
- La vulnérabilité (1)
- Le cheminement pour soigner les traumatismes (1)
- Les traumatismes (3)
- Notre monde produit des traumatismes en masse (1)
- Que nous faut-il pour soigner les traumatismes ? (1)
- Le soin les uns des autres plutôt que le profit (1)
- Le soin (5)
- L'abondance (1)
- Un champ des possibles (1)
- Le possible (17)
- La restauration écologique (1)
- Le flux des réfugiés climatiques (1)
- La décarbonation (1)
- Tout, pour tout le monde (1)
- Dépasser l'état national (1)
- if we unite (2)
- La préservation et la défense du monde naturel (1)
- Les plantes et les animaux (2)
- Les relations entre l'homme et les autres espèces (1)
- Access medicine for free (1)
- Des lueurs d'espoir sur le potentiel de la révolution future (1)
- Les possibilités sont infinies (1)
- La politique (116)
- L'absurdité du capitalisme (1)
- L'absurde (4)
- Penser, est-ce l'affaire exclusive des cerveaux ? (1)
- Qu'est-ce que l'intelligence artificielle (1)
- Notre dignité d'êtres humains est agressée par les machines (1)
- La dignité (1)
- Le je-ne-sais-quoi (1)
- La place qu'occupent les machines dans nos vies ne suffira jamais à les substituer à l'homme. (1)
- L'intelligence artificielle (30)
- La frontière entre l'homme et la machine se brouille, nous interagissons de plus en plus avec des prouesses techniques (1)
- "Il existe une dystopie qui n'a aucune chance de se réaliser un jour, c'est celle de l'acquisition de la conscience par la machine. C'est celle de Pygmalion, Frankenstein, Pinnochio, Terminator, Star Wars, Matrix... et enfin Chat GPT.", Raphaël Enthoven (1)
- Tout progrès favorise une paresse. Par exemple l'écriture avec la mémoire (1)
- Le progrès (6)
- Un créateur ne fait jamais ce que des imitateurs feraient à sa place (1)
- "En matière de philosophie, l'intelligence artificielle ne sert à rien", Raphaël Enthoven (1)
- La philosophie comme l'art et comme la littérature ne progresse pas (1)
- La littérature (16)
- Les affaires humaines sont au delà de la raison pure, on ne peut pas raisonner en ce monde en terme de bien et de mal ; il faut naviguer en ce monde en se donnant les boussoles qu'on peut, c'est ce qu'Aristote appelle la prudence. (1)
- La prudence (1)
- Le bien et le mal (10)
- Tout est à reprendre et ce en partant des intentions et des ambitions d'Aristote qui était la possibilité par le langage de dire quelque chose du monde. (1)
- Le corpus en philosophie est un corpus inlassablement vivant (1)
- Le corpus philosophique (1)
- Il y a une célérité à l'exercice philosophique que l'IA ne peut pas reproduire, c'est la célérité de la vie, de la discussion... (1)
- Chaque système de pensée est un système inédit (1)
- Ce qu'une IA est incapable de transmettre, c'est la façon de réfléchir, c'est le fait qu'on réfléchisse, c'est l'art de réfléchir (1)
- La réflexion (1)
- Le terme "intelligence artificielle" (1)
- L'intelligence (3)
- L'intelligence nous met à distance du monde par les moyens que l'on se donne de le connaître, comme le disait Henri Bergson. Elle nous éloigne des choses en nous permettant d'avoir la main sur elles. (1)
- Souffrir des douleurs qui nous sont épargnées, se sentir responsable des malheurs qu'on imagine, ce que Romain Gary appelait l'insomnie du juste (1)
- L'insomnie du juste (1)
- "La machine ne prend pas le chemin de la pensée", Raphaël Enthoven (1)
- Tout comme les peintres ont inventé l'art abstrait pour contrer l'arrivée de la photographie, l'avènement de l'intelligence artificielle pourrait s'accompagner d'une réactivation de la vie de l'esprit. (1)
- La singularité humaine ne peut pas faire l'objet d'une synthèse ni même de la compréhension par la machine (1)
- La singularité humaine (1)
- Tout ce qui relève de la science humaine ne peut pas être délégué à des machines (1)
- Les sciences humaines (1)
- D'après Georges Canguilhem, il n'est de maladie que d'expérience vécue par le malade (1)
- La maladie (1)
- Tout ce qui dans nos existences déjoue leur mise en chiffres, de l'amour à la prescription (1)
- Le numérique (1)
- Une machine (chat gpt) peut faire la sommation de tout le savoir disponible sur le sujet de notre choix, en quelques secondes. Cela est extraordinaire. (1)
- Le savoir (88)
- Le globish, le franglais, les éléments de langages qui contaminent le monde de l'entreprise, le monde politique... (1)
- Les éléments de langage (1)
- La guerre (14)
- La vérité (16)
- Je suis le diable. Le diable. Personne n'en doit douter. Il n'y a qu'à me voir, d'ailleurs. Regardez-moi, si vous l'osez ! Noir, - d'un noir roussi par les feux de la géhenne. Les yeux vert poison, veinés de brun, comme la fleur de la jusquiame. J'ai des cornes de poils blancs, raides, qui fusent hors de mes oreilles, et des griffes, des griffes, des griffes. Combien de griffes ? Je ne sais pas. Cent mille, peut-être. J'ai une queue plantée de travers, maigre, mobile, impérieuse, expressive, - pour tout dire, diabolique. (...) (1)
- En cherchant des violettes sous les feuilles sèches et sous l'herbe morte de l'an dernier, nous trouvons seulement des glands germées, rouge comme des cerises et qui lance, hors de leur coque crevée, un délié, un tenace et vivant fil qui plonge, aveugle, intelligent dans la terre humide. (1)
- Le violettes (1)
- Les glands (1)
- Au bout de l'allée, vert tunnel, brille l'issue étincelante, la fin de la haute futaie. Ce n'est qu'une étoile bleue, puis, à mesure que nous avançons, une ogive couleur de mer, puis un portique ensoleillé, ouvert sur un bois-taillis, rasé l'an dernier, ou des surgeons buissonnent, ombragés de rares chênes. Ici le soleil s'étale, l'air bourdonne de taons et de guêpes, la libellule grésille, déchirant le réseau de rayons que tisse le vol des moustiques et des minces mouches forestières. (1)
- La taon (1)
- La guêpe (1)
- Le moustique (1)
- Je voudrais être de deux mois plus vieille ou de trois semaines plus jeune. Il y a vingt jours, je les avais tous les six dans la corbeille, aveugles et pelucheux ; ils ne savaient que rampaient et, suspendus à mes mamelles, onduler d'aise comme des sangsues. Comme c'était facile ! Maintenant, ils sont terribles, et quand il faudrait sévir, ma sévérité, désarme rien qu'à les voir. (1)
- La maternité (1)
- Je dédie ce livre, écrit Colette, à n'importe quel soldat inconnu que le printemps pourra revoir, sanguinaire, doux et rêveur comme le Premier Homme de la planète (?) (1)
- L'Homme (5)
- Le bonheur tranquille (1)
- Les bêtes sauvages (1)
- Qu'elle nous entretienne de ses mistigris et toutous, qu'elle dénonce les jardins zoologiques ou les marchands de chiens, qu'elle brocarde un avaleur de poissons rouges ou un naturaliste soumis à son chat, qu'elle dénonce les vivisecteurs pavloviens ou les victimes à plumes et poils de la Grande Guerre, Colette magnifie le moindre de ses texticules de sa plume rafraîchissante. Usant sans abuser de mots précieux et d'images audacieuses, l'amie des bêtes personnifie chaque animal portraituré, nous régalant de facétieux anthropomorphismes. (1)
- La défense des animaux (1)
- La maltraitance animale (1)
- Pignochées d'ombres douces et de chatoiements veloutés, ces oeuvrettes [ndlr : livre "La paix chez les bêtes", Colette] débordent d'une tendresse lénifiante : une lecture balsamique et douillette. (1)
- Chatoiements veloutés (1)
- La tendresse (3)
- Colette nous invite à savourer avec elle les précieux moments en compagnie des bêtes ou au coeur de la nature. (1)
- Des moments de plaisir (2)
- Passer du temps avec les animaux (1)
- Qui était William Shakespeare ? (2)
- William Shakespeare (5)
- En panne d'existence (1)
- La vie n'est pas une mathématique et les investigations a son sujet ne s'opèrent pas selon le mode de la géométrie, n'en déplaise à Spinoza. (1)
- Ethique (4)
- Difficile travail de vivre (Primo Lévi) (1)
- Tout le champ du possible (1)
- L'analogie ou la quête d'un principe unitaire susceptible d'expliquer une réalité multiforme (1)
- L'analogie est, presque d'instinct, une des premières manifestations de l'activité créatrice de l'esprit car, partant du connu, elle s'efforce d'expliquer l'inconnu à travers les ressemblances discernables de part et d'autre. A ce titre, elle aide à surmonter l'inquiétude en présence du réel et des énigmes que son questionnement provoque (1)
- L'analogie permet d'élargir les connaissances par les opérations homothétiques qu'elle met en oeuvre, mais elle aide aussi à les transmettre plus facilement par les multiples rapprochements qu'elle réalise entre ce qui est familier au profane et ce qui l'est uniquement au connaisseur. (1)
- Michel Foucault établit dans Les mots et les choses que le savoir du XVIe siècle est à la fois pléthorique et pauvre en ce qu'il accumule sans cesse des ressemblances qui en appellent à leur tour de nouvelles pour s'étayer mutuellement. Il a contribué à rendre suspect ce mode de raisonnement qui possède, pourtant, des vertus heuristiques incontestables (1)
- L'analogie révèle une similitude de rapports qui peut être exprimée par la formule suivante : A est à B comme C est à D. Dans cette expression, la similitude vise non les termes considérés séparément, mais la relation qui les unit respectivement deux à deux (1)
- Le modèle analogique est construit à partir du transfert d'unités (termes, traits, dimensions...) d'un contexte dans un autre : par exemple, expliquer la société à partir du modèle du corps humain ou du mécanisme d'une machine (1)
- L'analogie (75)
- l'analogie met en oeuvre, au départ, une façon bien simple de raisonner et qui consiste à essayer d'expliquer l'inconnu par le connu. Pour y arriver, il s'agira de comparer une réalité donnée avec une autre, relevant d'un ordre différent. L'analogie est donc par essence comparative et la comparaison s'effectue non entre une réalité et sa représentation symbolique, mais entre cette réalité (ou sa représentation symbolique), d'une part, et une autre réalité (ou sa représentation) étrangère, en principe, à la première, d'autre part (1)
- Michel de Coster fait la distinction entre analogie discursive (les artères du corps humain et d'une ville), méthodologique et discursive (1)
- Les mathématiques (10)
- Modes de vie alternatifs (2)
- "Notre monde étant de plus en plus exposé à la passion de l'avoir, du materiallisme et de l'agressivité, alors que seul le fait d'être simplement, fondé sur l'amour, l'accomplissement spirituel et le partage, pourrait nous sauver. Si l'homme ne prend pas conscience de la gravité de ce choix, il courra au-devant d'un désastre psychologique et écologique sans précédent" (1)