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Mneseek L'intelligence collective

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Le terme la réalisation du kôan comme présence doit s'appliquer à tous les noms

par Judo73 —
On voit ici la généralisation du concept de kôan à tous les noms... Cet énoncé trouvé à la fin du premier tome du Shôbôgenzô dans sa traduction française est à attribuer à Kyôgô, l'auteur de l'Extrait du Shôbôgenzô, compilé en 1308, le plus ancien et aussi l'un des plus fiables livres de commentaires du shôbôgenzô. On voit ici la généralisation du concept de kôan à tous les noms. Reprenons : les koâns sont des questions qui sont posées aux moines bouddhistes du zen Soto, questions en général paradoxales ou insolubles sur lesquelles ils doivent réfléchir intensément afin d'atteindre l'Eveil. On dit que ces questions aident l'apprenti méditant à lâcher prise en court-circuiter le mental rationnel discriminant, face à l'impossibilité d'une réponse adéquate (je résume). Ce que nous dit cet énoncé, c'est qu'en fin de compte, tout nom (nous pourrions élargir en disant tout énoncé) peut être appréhendé comme un kôan, c'est à dire comme une porte d'entrée vers quelque chose qu'on pourrait nommer l'incommensurable ou la profondeur du réel, du langage, l'incommensurable ou la profondeur, mais aussi l'ambiguité du sens. Finalement le raport du langage au vide. On pourrait ici échanger le terme koân par le terme de mantra. Tout énoncé peut se présenter si on l'étudie à fond (Dôgen utilise souvent cette expression : "Etudier à fond" quelque chose) comme un mantra, une clé. Les poètes savent cela, et nous savons qu'il est possible de "méditer" ne serait-ce que sur un mot. C'est aussi le sens de ce que Dôgen appelle la trituration : c'est en triturant le langage, le sens, l'analyse (on parlera d'hyperanalyse ou d'hyperspéculation...) qu'on aboutit à la compréhension comme présence. Tout ceci a évidemment un lien avec ce que nous avons commencé à faire sur Mneseek. Le travail d'indexation d'énoncés sur Mneseek peut être vu comme une "fixation" d'éléments de sens sur lesquels s'exerce avant, pendant, après l'acte même d'indexation, une réflexion, une analyse ("étudier à fond"), finalement une mise en abîme à la manière du koân. Le sens qui se manifeste dans cette opération réflexive a trait, je reprends Dôgen, à la qualité de résonance de la réalité (Nature, langage...). Ce concept de résonance recouvre peut-têtre partiellement celui de l'analogie que nous savons être au coeur de la pensée humaine. Qui dit analogie dit catégorie et catégorisation. Voire archétypes (eau, grand petit..., Yin yang...). La question de la résonance, c'est celle, par exemple, de savoir ce qu'il se passe dans notre cerveau lorsque nous regardons un lac. Puis lorsque nous regardons des montagnes. Voir "Le sens de la culture", JC Powis Ce que nous disons là peut sembler contradictoire avec un autre énoncé lié au bouddhisme zen : Mishima : Ne pas croire en l'authenticité des mots Il faut dire que Dôgen conçoit le langage comme un moyen, une ressource, donc de manière positive mais aussi limitative. La trituration du langage doit aboutir à la non-discrimination qui est sinon une négation de la notion de sens, en tout cas un "relâchement". N'oublions pas la notion centrale de "vide", vide qui caractérise, selon le bouddhisme en général, la réalité des phénomènes.

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