Thème | L'irrationnel
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Livre : L'irrationnel, Françoise Bonardel
Commentaire : Livre que j'ai lu avec grand plaisir, ici en accès restreint. "Emotions, passions, croyances et superstitions , divagations créatrices ou destructrices... sont-elles qualifiées d'irrationnelles du fait de leur absence de logique, ou de leur inadéquation et inadaptation au "réel"". L'adaptation au réel...
- Livre
- L'irrationnel
- Auteur
- Françoise Bonardel
- Mettre la raison en vacance
- Thème
- Françoise Bonardel
- Thème
- L'irrationnel
- L'idéal d'intelligibilité que s'est donné sous le nom de Raison l'Occident (1)
- Les limites de la raison (129)
- Ce texte [celui de Borges] cite une "certaine encyclopédie chinoise" où il est écrit que "les animaux se divisent en a) appartenant à l'Empereur, b) embaumés, c) apprivoisés, d) cochons de lait, e) sirènes, f) fabuleux, g) chiens en liberté, h) inclus dans la présente classification, i) qui s'agitent comme des fous, j) innombrables, k) dessinés avec un pinceau très fin en poil de chameau, l) et caetera, m) qui viennent de casser la cruche, n) qui de loin semblent des mouches" (Michel Foucault, Les mots et les choses, 1966, p. 7) (1)
- La Chine (1)
- Les animaux (184)
- Catégories, hyperonymes, classes (33)
- La catégorisation (36)
- L'encyclopédisme (160)
- L'irrationnel, une source inépuisable d'inspiration (1)
- Le caractère inévaluable de l'activité de création (1)
- L'irrationnel (29)
- Orientalismes flamboyants ou lénifiants... se disputent l'honneur de sauver l'Homme éternel d'une décadence physique imputables aux excès mêmes de l'usage de la Raison en Occident (1)
- L'inquiétant totalitarisme défigurant l'exercice d'une rationnalité devenue exclusivement calculatrice, dominatrice et donc à son insu "sectaire" (1)
- La collusion, voire la confusion de l'affectif et de l'intellectuel (1)
- L'échec de l'oeuvre de compréhension, humanisation et pacification justifiant l'hégémonie de la Raison. Car si l'"irrationnel" partage depuis les Grecs avec la sophistique le trouble privillège d'être glissant, insaisissable et protéiforme (Platon, Le sophiste), il a néanmoins conservé sur elle son aura, maléfique ou mirifique : ne prétend-il pas réconcilier l'infra-humain et le sur-humain, la folie et le génie, là où la rationnalité s'emploie au contraire à les séparer pour mieux faire régner transparence et équité ? (1)
- L'Occident a fait de la réflexivité consciente et raisonnée l'indispensable partenaire de la liberté d'agir et de penser (1)
- "Au pôle opposé de cette nature de ténèbres [l'animalité], la folie fascine parce qu'elle est savoir. Elle est savoir parce que toutes ces figures absurdes sont en réalité les éléments d'un savoir difficile, fermé, ésotérique. Ces formes étranges sont situées, d'emblée, dans l'espace du grand secret [...]. Ce savoir, si inaccessible, et si redoutable, le Fou, dans sa niaiserie innocente, le détient. Tandis que l'homme de raison et de sagesse n'en perçoit que des figures fragmentaires - d'autant plus inquiétantes - le Fou le porte tout entier en une sphère intacte : cette boule de cristal, qui pour tous est vide, est pleine, à ses yeux, de l'épaisseur d'un invisible savoir.", Michel Foucault, Histoire de la folie à l'âge classique (1)
- Le savoir (88)
- La folie (5)
- L'irrationnel n'est que la transcription négative et historiquement tardive d'un ensemble de principes et de croyances, souvent remarquablement organisés, constituant l'ossature sociale et spitiruelle des cultures dites "traditionnelles" et pas seulement archaïques et primitives. Le mouvement de l'histoire occidentale seul, supposé progresser des ténèbres vers les lumières de la rationalité, a permis d'officialiser la confusion entre ces deux catégories (1)
- L'équilibration possible ds "puissances" rationnelles et irrationnelles (1)
- "L'Europe a un lieu de naissance. Je ne songe pas, en termes de géographie, à un territoire, quoiqu'elle en possède un, mais à un lieu spirituel de naissance, dans une nation ou dans le coeur de quelques hommes isolés ou de groupes d'hommes appartenant à cette nation. Cette nation est la Grèce antique du VIIème siècle et du VIème siècle avant Jésus-Christ. C'est chez elle qu'est apparue une attitude d'une genre nouveau à l'égard du monde environnant. Il en est résulté l'irruption d'un type absolument nouveau de créations spirituelles qui rapidement ont pris les proportions d'une forme culturelle nettement délimitée. Les Grecs lui ont donné le nom de philosophie. L'irruption de la philosophie prise en ce sens, en y incluant toutes les sciences, est donc à mes yeux, si paradoxal qu'il paraisse, le phénomène originel qui caractérise l'Europe d'un point de vue spirituel.", E. Husserl, La crise de l'humanité européenne et la philosophie (1)
- L'Europe (8)
- La philosophie (10)
- L'Europe "en crise" finira pas se demander si le "spirituel" coïncide encore avec le "rationnel" ; ou si le divorce est pour elle consommé entre la dianoia (connaissance discursive) et la noesis (connaissance intuitive des essences et de l'au-delà de l'essence). (1)
- Le savoir (88)
- L'Europe (8)
- La connaissance (26)
- Les mots (91)
- Concéder qu'il n'y a de discours que par l'entrelacement et d'une certaine part de non-être (Platon, Le sophiste) (1)
- Ce qu'Aristote s'emploiera à formaliser : les conditions de la pensée logique (identitaire et non-contradictoire) (1)
- Le principe de non-contradiction (Aristote) (6)
- Pour Aristote, la chance occasionnelle relevait d'une logique "hors raison", voire même supérieure à la raison (inspiration divine) (1)
- L'occasion (3)
- La cohérence de la démarche philosophique inaugurée en Grèce tient donc à la conviction avec laquelle fut continûment réaffirmée la possibilité d'une maîtrise de l'irrationnalité reconnue pour constitutive de la psyché, et sous certaines formes valorisée : enthousiasme, délire (mania), divination mise au service de la vision des Idées (Platon), ou d'une union quasi mystique avec l'un (Plotin). Et la notion même de participation (métexis), déjà critiquée par Aristote (Métaphysique, A, 6) est sans doute une réalité plus claire dans le domaine de l'ethnologie et de l'anthropologie religieuse que de la philosophie. Fut-elle, comme le supposait Aristote, empruntée par Platon au Pythagorisme ou aux divers mystères (Demeter, Dionysos-Zagreus, Orphisme) dont le plus connu est celui d'Eleusis ? Mystères dont la présence continue jusqu'à l'époque hellénistique atteste qu'une "Grèce de l'ombre" en quête de révélation et de salut par l'initiation côtoyait celle pour qui la seule lumière venait de l'éducation. (1)
- La participation (1)
- La divination (5)
- La passion de la connaissance condamnée par les Pères de l'Eglise sous le nom de libido sciendi : désir avide et insatiable de faire à toute chose rendre raison (1)
- La connaissance (26)
- Le savoir (88)
- Circulant en Europe dès la fin du XVIème siècle, l'Histoire légendaire du Dosteur Faust va peu à peu prendre une consistance imaginaire jusqu'à refléter, dans les deux Faust de Goethe (1749-1832), l'ambiguité de la relation au savoir dans laquelle est en train de s'enliser l'intellectuel moderne, déchiré entre son désir d'intégration au monde et son avidité à le dominer (1)
- Le savoir (88)
- Hamlet, dont l'incurable mélancolie atteste l'impuissance d'une intellectualité sur-consciente à recourir aux artifices d'un activisme faustien. (1)
- Le rationnalisme classique ou la foi croissante en la Raison, faisant en maintes circonstances figure de théologie déguisée (1)
- La mise en scène (comique ou tragique) des passions par les dramaturges français (Corneille, Molière, Racine). (1)
- La démesure grandiose prise par la déraison humaine dans les drames de Shapespeare, de J. Ford ou Ch Marlowe. (1)
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