"C'est d'ailleurs ce que j'aime en général au cinéma, une saturation de signes magnifiques qui baignent dans la lumière de leur absence d'explication."
"Rien n'est original. Vole partout ce qui t'inspire ou nourrit ton imagination. Dévore les vieux films comme les nouveaux, musique, livres, peintures, photos, poèmes, rêves, conversation de hasard, l'architecture, les ponts, les panneaux de circulation, les arbres, les nuages, les formes d'eau, lumiè-res et ombres. Choisis parmi ce que tu voles ce qui parle directement à ton âme. Si tu agis de cette manière, ton travail (et ton butin) seront authentiques. L'authenticité est incalculable ; l'originalité est inexistante. Et ne te soucie pas de reconnaître ton vol, rends hommage si tu le sens. Dans tous les cas, souviens-toi de ce que disait Godard : " l'important, ce n'est pas où tu prends les choses, mais où tu les emporte."
"Bien sûr que l'art est par essence répréhensible ! et inutile ! et antisocial, subversif, dangereux ! et quand il n'est pas cela il n'est que fausse monnaie, il est mannequin vide, sac à patates."
"Quittez votre table de travail et entrez dans les musées, les bibliothèques, les monuments, les salles de concert, les librairies, les studios d'enregistrement et de cinéma du monde entier.
Tout appartient au Voleur inspiré et sacré, tous les artistes de l'histoire des peintres des cavernes à Picasso, t ous les poètes et les écrivains, les musiciens et les architectes lui offrent leurs marchandises.[ ....] Mais le Voleur n'est pas pressé, il doit s'assurer d'abord que la marchandise est de qualité et qu'elle convient bien à s es projets avant de lui accorder la bénédiction et l'honneur suprême de son vol. Les mots, les couleurs, la lumière, les sons, la pierre, le bois, le bronze, appartiennent à l'artiste vivant, ils appartiennent à tous ceux qui peuvent les utiliser. Pillez le Louvre ! A bas l'originalité ! A bas l'égo stérile et péremptoire qui emprisonne en même temps qu'il crée. Vive le Vol ! pur, cynique, intégral. Nous n'avons de compte à rendre à personne ! Pillez tout ce que vous voulez."
"La vérité est toujours plus surprenante que la fiction, parce que la fiction doit coller à ce qui est possible, alors que la vérité, elle, n'y est pas obligée."
"Si une posture légitime consiste à s'effacer devant les grandes oeuvres de l'esprit humain, une autre posture, tout aussi légitime, consiste à s'en emparer, à les tordres, à en faire un matériau."
"Vous aussi vous devez parler. C'est pour cela que la nature a fait de nous des créatures humaines. Si vous dites ne serait-ce qu'une fois non, votre nature humaine sera sauve. Si vous restez silencieux vous aurez vous-même rempli votre bouche de terre. Vous ne serez que des oreilles qui écoutent. Or c'est exactement ce qu'on attend de vous."
"Je crois que nous ne devrions lire que des livres qui nous infligent une morsure, la piqûre d'un aiguillon. Si le livre que nous lisons ne nous assène pas un coup sur la tête, à quoi bon le lire ?"
"Qui veut devenir biographe s'engage au mensonge, à la dissimulation, à l'hypocrisie, et même à la dissimulation de son incompréhension, car la vérité biographique n'est pas accessible, et le fût-elle, on ne pourrait pas s'en servir"
"Le premier pas de la science de l'humanité est de distinguer deux phases dans la pensée humaine : l'âge primitif, âge de spontanéité, où les facultés, dans leur fécondité créatrice, sans se regarder elles-mêmes, par leur tension intime, atteignaient un objet qu'elles n'avaient pas visé ; et l'âge de réflexion, où l'homme se regarde et se possède lui-même, âge de combinaison et de pénibles procédés, de connaissances authentiques et controversée""