Le réalisme de Gustave Courbet - L'atelier du peintre
Le terme de réalisme apparaît dans le domaine des arts plastiques vers 1830, pour qualifier un style pictural se consacrant à l'observation de la réalité perceptible et à sa représentation scrupuleuse. Il fut d'abord utilisé par les adversaires de ce courant, puis il fut adopté par ses partisans, qui s'attachèrent à lui trouver des antécédents. Gustave Courbet devint au milieu du XIXème siècle son promoteur, son artiste-signe. Il intitule son exposition de 1855 et le texte qu'il rédige à cette occasion : Le réalisme.
"Je tiens aussi que la peinture [...] ne peut consister que dans la représentation des choses réelles et existantes. C'est une langue toute physique, qui se compose, pour mots, de tous les objets visibles [...]. Le beau est dans la nature et se rencontre dans la réalité sous les formes les plus diverses. Dès que le beau est réel et visible, il a en lui-même son expression artistique. Mais l'artiste n'a pas le droit d'amplifier cette expression", Gustave Courbet, lettre du 25 déc. 1851, dans La peinture.
Au formalisme ("l'art pour l'art"), il oppose la fonction sociale et politique de la peinture. Il entend renouveler les sujets de la peinture en se définissant "non seulement socialiste, mais bien encore démocrate et républicain".
Le réalisme s'oppose ainsi à une conception intellectuelle de la peinture, à l'idéalisation issue du clacissisme et du néoclacissisme ; il vise à supprimer la hiérarchie des genres. Il rejette les valeurs du romantisme : l'imagination, l'invention, la prééminence du tempérament. Son but est de rendre compte avec exactitude du monde visible, des conditions de vie des couches variées de la société, sous la forme d'un constat objectif, impartial, comme l'image que reflète un miroir.
L'atelier du peintre date des années 1854-1855. Vaste allégorie, tableau-manifeste, il a les dimensions de la peinture d'histoire. "C'est le monde qui vient se faire peindre chez moi" précise Gustave Courbet, "à droite, tous les actionnaires, c'est à dire les amis, les travailleurs, les amateurs du monde de l'art. A gauche, l'autre monde de la vie triviale, le peuple la misère, la pauvreté, la richesse, les exploités, les exploiteurs, les gens qui vivent de la mort".
Courbet affirme ainsi la fonction sociale de l'artiste.
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(JG)