L'absence de but
"Dans un monde où tout doit avoir un but - où chaque geste, chaque pensée, chaque café que l'on boit est scruté sous l'angle de sa finalité - on est en droit de se demander : faut-il vraiment que tout ait un sens ? Cette quête, devenue presque une urgence sociale, occupe une place centrale dans nos vies. Mais que se passerait-il si nous cessions de chercher un sens à tout prix ? Si nous acceptions de vivre l'instant, sans attendre forcément quelque chose de précis ?
La culture dans toute sa diversité, nous offre une échappatoire à cette presion. Elle nous permet de nous épanouir dans l'inutile, de savourer l'éphémère, de vivre l'art et la créativité comme un espace où la finalité n'est ni une option ni une obligation. L'art ne cherche pas à donner des réponses, mais à nous faire ressentir, nous questionner. Que ce soit grâce à la musique, la peinture, le théâtre ou toute autre forme d'expression, la culture n'a pas besoin d'être un instrument de validation ou de justification. Elle est juste là pour nous offrir une expérience, sans aucune exigence autre que celle d'être vécue.
Dans la culture comme dans la vie, l'esentiel est peut-être simplement de lâcher prise, se laisser porter par ses émotions sans checher à les contrôler. Et peut-être que c'est dans cette apparente absence de but que naît un sens plus profond : celui de l'expérience, de l'instant vécu..."
Carole Cailloux, Edito du magazine Mokamag, 15 Avril - 1er Juin 2025
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Shikantaza : juste assis
Commentaire : Il s'agit d'un des concepts centraux de l'école zen Soto, pour laquelle s'asseoir (en zazen) est la manifestation et la réalisation de l'éveil.
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Changez vos pensées, changez votre vie - La sagesse du Tao
Commentaire : Un livre formidable que j'ai décidé d'annoter
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Connaître est agir - Un livre de Miguel Benasayag (et Angélique del Rey)
Commentaire : Il y est question de paysage, de mythe de l'individu, très intéressant. Découvrez ici son sommaire et son résumé.
- Il s'agit, dans l'engagement, de renouer tout simplement avec la vie en tant que processus. Il faut donc penser nos engagements et nos pratiques en terme de réconciliation avec le devenir, et non pas en tant que promesses d'avenir. Cela implique de renoncer à chercher une "solution" à la vie. S'engager, ce n'est pas s'efforcer de résoudre les choses une fois pour toute, mais soutenir et développer la tension intérieure à la vie. (1)
- L'engagement. (1)
- L'idéologie de la solution (7)
- Théorie de la solution (14)
- Dans le sens dominant que lui a donné la culture occidentale, penser équivaut à trouver des solutions à des problèmes ; sinon l'on serait dans une position dilettante. L'homme moderne est un homme qui résout des problèmes et qui pense l'ensemble de sa vie et l'histoire sociale en termes de solutions. (1)
- L'idéologie de la solution (7)
- Théorie de la solution (14)
- Le problème central de notre société, décliné sous des formes très différentes, réside dans notre incapacité à libérer les processus de la vie, enfermés dans des étiquetages beaucoup trop rigides. Il réside dans le nécessaire abandon de la solution : la seule solution possible est... d'accepter l'absence de toute solution définitive. (1)
- L'idéologie de la solution (7)
- Théorie de la solution (14)
- La pensée en termes de solution produit une véritable idéologie. Nos sociétés proposent une série d'images identificatoires du bonheur. Cette série très restreinte prétend être la solution à une myriade de problèmes non finis, que nous pouvons rencontrer au cours de notre vie. (1)
- L'idéologie de la solution (7)
- Théorie de la solution (14)
- C'est là une des apparences phénoménales du mécanisme sous-jacent de la pensée de la solution : la dénégation des processus réels de la vie, agencés et compréhensibles seulement dans les situations et paysages que nous habitons. La solution va imposer un but abstrait qui tendra à donner une lecture unidimensionnelle de ces multiples réels. (1)
- L'idéologie de la solution (7)
- Théorie de la solution (14)
- Le but n'est jamais représenté à notre conscience de manière complète avant le mouvement ; et au fur et à mesure que nous corrigeons notre mouvement en fonction des situations, nous découvrons quelle était effectivement l'intention de notre action. Nous ne pouvons donc penser objectivement en terme de solution. (1)
- L'idéologie de la solution (7)
- Théorie de la solution (14)
- Le mouvement comme principe supérieur de l'existence, à valeur universelle (7)
- Plutôt que rechercher un but, rechercher une mise en mouvement (JG)
- Dans nos sociétés, nous somme toujours en train de sacrifier des pans entiers de l'existence au nom d'une solution, parce que nous interprêtons le tout au nom d'une problématique unidimensionnelle utilitariste, en nous condamnant à une séparation des processus qui nous constituent, ce qui nous conduit à l'impuissance. (1)
- L'utilitarisme (9)
- L'idéologie de la solution (7)
- Théorie de la solution (14)
- Nous ne sommes pas une institution bancaire : on n'a pas le droit de nous demander si nos investissements seront ou non "rentables". C'est dans la lutte ekke-même, dans le chemin que l'objectif se déploie en permanence. (1)
- L'objectif est le chemin lui-même (1)
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Les merveilles de l'écoute
Commentaire : Ecouter est peut-être le plus beau cadeau que nous puissions faire à quelqu'un...
- « Une heure de paix, ce n'est pas si simple. Ce sont des moments - et ils m'emplissent de gratitude - où toutes les aspirations personnelles tombent, où ma soif de savoir et de connaissance s'apaise et »
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Livre : La pensée chinoise, François Jullien
Commentaire : J'ai choisi pour parler de ce livre sur Mneseek sa page sur Babelio, qui peut être un bon point de départ.
- Ce qui signifie que l'efficacité ne vient plus strictement de moi, sujet d'initiative, concevant et voulant, construisant idéalement un plan, puis m'acharnant à le mettre en oeuvre, selon le bon vieux rapport théorie-pratique dont l'Europe n'a pas décollé ; mais qu'elle procède à même la situation si je sais y diagnostiquer le potentiel en ma faveur, à titre de facteurs porteurs, puis l'exploiter graduellement. La situation ne sera plus, dès lors, cette donnée rétive et résistante à quoi je dois imposer mon plan dressé d'avance, mais une mine dont j'explorerai les filons, un champ de ressources dont je suivrai les sillons tel un réseau d'opportunités diverses sur lesquelles j'apprends à "surfer" (1)
- L'art du surf (1)
- L'efficacité (4)
- L'initiative (3)
- Le commencement (28)
- L'Europe (8)
- La situation (2)
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Cela me fait penser à une anecdote. Un ami espagnol me disait qu'il avait longtemps cru que l'expression "péter les plombs" que nous utilisons en français était "péter les plans", et qu'il avait été grandement déçu en découvrant le véritable sens de cette expression. Ne plus s'en remettre à nos plans.
Cette affaire de mine me fait penser à un conte de l'Inde que j'avais traduit de l'espagnol : Va en avant !
Va en avant !
Un bûcheron taillait des arbres dans la forêt pour profiter du bois, bien que celui-ci ne soit pas de qualité optimale. Un anachorète vint jusqu'à lui et lui dit :
- Brave homme, va en avant.
Le jour suivant, quand le soleil commençait à dégager la brume matinale, le bûcheron se disposait à entreprendre le dur labeur de la journée. Il se rappela le conseil que le jour précédant l'anachorète lui avait donné et décida de pénétrer plus avant dans la forêt. Il découvrit alors un massif d'arbres splendides en bois de santal. Ce bois est le plus précieux de tous, se distinguant par son arôme spécial. Quelques jours passèrent. Le bûcheron se rappela à nouveau la suggestion de l'anachorète et décida de pénétrer encore plus dans la forêt. Ainsi il trouva une mine d'argent. Cette fabuleuse découverte le fit très riche en peu de mois. Mais celui qui était bûcheron continuait à maintenir très vives les paroles de l?anachorète : « Va en avant ! », si bien qu'un jour il s'introduisit encore plus dans la forêt. C'est de cette façon qu'il atteint cette fois une mine d'or et qu'il devint un homme exceptionnellement riche.
Le Maître dit : « Va en avant ! », jusqu'à ton intérieur, jusqu'à la source de ta sagesse. Peut-il y avoir plus grande richesse que celle-ci ?
Traduction : Julien Guerraz, tiré du livre 101 cuentos classicos de la India, Ramiro Calle
(JG) - Il s'agit, en effet, de rien de moins, pour le sujet, que de renoncer à son initiative de "sujet". d'un sujet qui dés l'abord présume et projette, choisit, décide, se fixe des fins et s'en donne les moyens. Or, s'il renonce momentanément à ce pouvoir de maîtrise, à quoi l'invite la disponibilité, c'est qu'il craint, alors, que cette initiative dont il se prévaut ne fasse barrage et soit intempestive, qu'elle le ferme à l'"opportunité"... (1)
- L'initiative (3)
- L'efficacité (4)
- Non, cette déprise de la disponibilité est une prise, et même plus adroite parce que fluide, non engoncée, non arrêtée. La notion, en même temps qu'elle est éthique, est stratégique. "Prise" d'autant plus efficace qu'elle ne se localise plus, ne se spécifie plus, ne s'impose plus. Elle est d'autant plus continûment ajustée que , ne visant plus, elle n'est jamais déçue ni dapourvue, elle n'est ni déroutée ni fragmentée. "Prise" d'autant plus ample - ou plutôt ne connaît elle plus de borne ou d'extrémité - du seul fait qu'elle ne se donne plus de piste à suivre, de but à satisfaire, de quête à combler, d'objet à s'emparer. Car cette prise par déprise n'est plus orientée ; elle ne projette plus, elle est sans ombre portée, n'est plus conduite par une intentionalité, tient par conséquent tout à égalité. Son captage est grand ouvert parce qu'il n'attend rien à capter. (1)
- L'efficacité (4)
- L'initiative (3)
- Le sage, autrement dit, maintient tous les possibles ouverts, n'en exclut à priori aucun, et se maintient dans le compossible (1)
- Le possible (17)
- Le juste milieu, pour qui sait le penser avec rigueur, est de pouvoir faire l'un aussi bien que l'autre, c'est à dire d'être capable de l'un comme de l'autre extrême. C'est dans cet "égal" de l'égal accès à l'un comme à l'autre qu'est le "mi-lieu". Trois ans de deuil à la mort de son père, nous dit-on, ce n'est pas trop ; mais boire des coupes sans compter au cours d'un banquet, ce n'est pas trop non plus - je n'exagère d'aucun côté (mais vais à l'extrême de chaque possibilité, remplis complètement chaque exigence). Le risque est plutôt que, s'enlisant d'un côté, on se ferme à l'autre possibilité et qu'on en rate ainsi l'occurence. Par opposition à quoi, la disponibilité sera de maintenir l'éventail complètement ouvert - sans raidissement ni évitement - de façon à répondre pleinement à chaque sollicitation qui passe, c'est à dire sans rien laisser de côté ni soi-même se braquer. (1)
- L'efficacité (4)
- Le juste milieu (4)
- « Plutôt que rechercher un but, rechercher une mise en mouvement »