Le savoir
Savoir | Connaissance | Compréhension
Une hiérarchie du savoir ? (Auguste Comte)
La différence entre savoir et connaissance (Chat GPT)
1. La connaissance : un contenu acquis
La connaissance désigne surtout :
un fait appris,
une information comprise,
un contenu intellectuel.
On parle souvent :
d'"avoir des connaissances en histoire" ;
de "connaissances scientifiques" ;
d'"acquérir des connaissances".
La connaissance est donc souvent :
plus objective,
plus théorique,
plus identifiable comme contenu.
Exemple :
Connaître la date de la Révolution française est une connaissance.
2. Le savoir : une maîtrise organisée
Le savoir est plus large. Il implique :
l'intégration des connaissances ;
leur organisation ;
parfois leur mise en pratique.
Le savoir peut désigner :
un ensemble structuré de connaissances ;
une compétence intellectuelle ;
une culture.
Exemples :
le savoir médical ;
le savoir philosophique ;
le savoir-faire artisanal.
Le savoir suppose souvent une appropriation personnelle.
3. Une différence importante : théorie / appropriation
On peut résumer ainsi :
Connaissance Savoir
Information acquise Maîtrise intégrée
Élément ponctuel Ensemble structuré
Peut être isolée Suppose organisation
Souvent théorique Théorique ou pratique
4. En philosophie
Chez Michel Foucault, par exemple, le "savoir" désigne un système plus vaste :
les règles qui organisent ce qu'une époque considère comme vrai ;
les discours légitimes ;
les institutions qui produisent la vérité.
Le savoir n'est donc pas seulement un stock d'informations : c'est une manière d'organiser le monde.
Chez Francis Bacon, le savoir devient aussi puissance d'action :
"Knowledge is power" ("Le savoir est pouvoir").
5. Dans l'usage courant
En pratique :
"connaissances" est plus neutre et scolaire ;
"savoir" paraît plus profond, plus structuré ou plus vivant.
Par exemple :
Wikipédia accumule des connaissances ;
une discipline scientifique construit un savoir.
En résumé
Connaissance = contenu appris ou information comprise.
Savoir = ensemble organisé et assimilé de connaissances, souvent lié à une capacité de compréhension ou d'action.
(Chat GPT)
La critique d'Aristote (syllogisme) par Bacon
Voici les points essentiels :
1. Le syllogisme ne produit pas de nouvelles connaissances
* Pour Aristote, le syllogisme est un raisonnement déductif : à partir de deux prémisses vraies, on tire une conclusion nécessaire.
* Exemple :
* Tous les hommes sont mortels.
* Socrate est un homme.
* Donc Socrate est mortel.
* Bacon répond que cette méthode ne fait que **déployer ce qui est déjà contenu dans les prémisses**. Elle ne permet pas de découvrir des faits nouveaux sur la nature.
2. Les prémisses sont souvent mal fondées
* Le syllogisme est rigoureux seulement si les prémisses sont vraies.
* Or, selon Bacon, les philosophes scolastiques héritiers d'Aristote acceptent souvent des principes issus de la tradition ou de l'autorité plutôt que de l'observation.
* On obtient alors des conclusions logiquement correctes, mais scientifiquement fausses.
3. La priorité doit être donnée à l'induction
* Bacon propose une méthode fondée sur l'**observation**, l'**expérimentation** et la **généralisation progressive**.
* Au lieu de partir de principes généraux pour expliquer les faits (déduction), il faut partir des faits pour remonter progressivement vers des lois générales (induction).
4. Lutte contre les "idoles"
* Bacon estime que l'esprit humain est rempli de préjugés (les célèbres "idoles") qui empêchent une observation objective.
* Le syllogisme ne corrige pas ces erreurs : il les transmet simplement des prémisses aux conclusions.
Résumé :
Aristote | Bacon
La science repose sur la déduction et le syllogisme. | La science doit reposer sur l'observation et l'induction.
On déduit les conséquences de principes généraux. | On établit progressivement les principes à partir des faits.
Le syllogisme garantit la validité logique | La logique est insuffisante si les prémisses ne proviennent pas de l'expérience.
Formule célèbre de Bacon
Dans son ouvrage Novum Organum (dont le titre signifie "Nouvel Organon", en opposition à l'*Organon* d'Aristote), Bacon affirme en substance que **le syllogisme est utile pour organiser des connaissances déjà acquises, mais impuissant à découvrir les lois de la nature**. La véritable méthode scientifique doit être expérimentale et inductive.
Ainsi, la critique de Bacon ne consiste pas à rejeter toute logique déductive : il reproche surtout au syllogisme aristotélicien d'être une méthode de **démonstration**, et non de **découverte**.
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Livre : L'irrationnel, Françoise Bonardel
Commentaire : Livre que j'ai lu avec grand plaisir, ici en accès restreint. "Emotions, passions, croyances et superstitions , divagations créatrices ou destructrices... sont-elles qualifiées d'irrationnelles du fait de leur absence de logique, ou de leur inadéquation et inadaptation au "réel"". L'adaptation au réel...
- Les limites de la raison (129)
- L'irrationnel (29)
- "Au pôle opposé de cette nature de ténèbres [l'animalité], la folie fascine parce qu'elle est savoir. Elle est savoir parce que toutes ces figures absurdes sont en réalité les éléments d'un savoir difficile, fermé, ésotérique. Ces formes étranges sont situées, d'emblée, dans l'espace du grand secret [...]. Ce savoir, si inaccessible, et si redoutable, le Fou, dans sa niaiserie innocente, le détient. Tandis que l'homme de raison et de sagesse n'en perçoit que des figures fragmentaires - d'autant plus inquiétantes - le Fou le porte tout entier en une sphère intacte : cette boule de cristal, qui pour tous est vide, est pleine, à ses yeux, de l'épaisseur d'un invisible savoir.", Michel Foucault, Histoire de la folie à l'âge classique (1)
- La folie (5)
- Les limites de la raison (129)
- L'Europe "en crise" finira pas se demander si le "spirituel" coïncide encore avec le "rationnel" ; ou si le divorce est pour elle consommé entre la dianoia (connaissance discursive) et la noesis (connaissance intuitive des essences et de l'au-delà de l'essence). (1)
- L'Europe (8)
- La connaissance (26)
- Les mots (91)
- La passion de la connaissance condamnée par les Pères de l'Eglise sous le nom de libido sciendi : désir avide et insatiable de faire à toute chose rendre raison (1)
- La connaissance (26)
- Circulant en Europe dès la fin du XVIème siècle, l'Histoire légendaire du Dosteur Faust va peu à peu prendre une consistance imaginaire jusqu'à refléter, dans les deux Faust de Goethe (1749-1832), l'ambiguité de la relation au savoir dans laquelle est en train de s'enliser l'intellectuel moderne, déchiré entre son désir d'intégration au monde et son avidité à le dominer (1)
- Mettre la raison en vacance
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Miroirs du monde - Une histoire de l'encyclopédisme (Livre)
Commentaire : Alain Rey aborde ici le thème, qu'il connaît bien, de l'encyclopédisme, d'une manière particulière, faite de passion et d'érudition.
- L'encyclopédisme (160)
- Sur le plan interne de l'organisation et de l'exposé du savoir, le conservatisme nécessaire à la "reproduction" didactique (Bourdieu-Passeron) s'allie plus ou moins bien avec l'intention de dévoiler les difficultés, les interrogations et les angoisses de l'épistémologie contemporaine. L'Encyclopédie française ou l'Universalis s'opposent en France à des ouvrages plus strictement pédagogiques, qui se doivent de rassurer en assurant. Dans chaque situation historique, le genre encyclopédique dépend des grandes options de la culture et de l'accumulation de ses références mentales : ici les notions d'épistémé (Foucault) et de doxa (Barthes) jouent pleinement. (1)
- On peut définir la doxa, au sens que lui donne Roland Barthes, comme l'ensemble des jugements communs à une société à un moment donné, jugements qui prennent un caractère d'évidence naturelle et exercent une oppression sur la pensée. (1)
- La doxa (1)
- Un projet culturel fictif, la totalité des domaines du pensable. (1)
- Tout (9)
- Tout savoir (5)
- Tout sur tout (2)
- Toute intention encyclopédique, en transférant une multiplicité de savoirs en un texte, un énoncé linéaire dans une langue, doit passer par un projet d'organisation, de classement des contenus. L'idée de parcours circulaire (kuklos) assume depuis la Renaissance la maîtrise des éléments décrits pour un domaine ou pour lensemble des domaines perçus et classés par la culture. Celle d'organisation classifiée peut relever de la métaphiore de l'arbre, inaugurée par Porphyre, mais le sentiment de l'inclassable survit dans d'autres images, celle de la mer, du labyrinthe, etc. (1)
- Le discours encyclopédique moyen est de type didactique et assertif - sans exclure l'apparition de discours théoriques, scientifiques, ou bien polémiques, mais exceptionnellement. (1)
- Certains discours, par exemple philosophiques, ont une dimension encyclopédique, soit qu'ils visent l'organisation des savoirs (Aristote, Bacon), soit qu'ils proposent une théorie générale de l'histoire humaine (Auguste Comte, aussi représentant de la catégorie précédente), soit enfin qu'ils approfondissent les relations entre les signes du langage et les objets du savoir (Aristote encore, Saint Augustin, Hobbes, Locke, Leibnitz, Charles Peirce, de nos jours Umberto Eco). C'est alors de méthode et d'approche encyclopédique qu'il s'agit, avant toute encyclopédie réalisée. (1)
- Un discours didactique, opposé par principe à l'énonciation créatrice, qu'elle soit littéraire ou scientifique (1)
- La littérature (16)
- Une image des connaissances qui présente des caractères évaluatifs - jugements de valeur liés aux idéologies - et des caractères injonctifs et propagandistes - ce qui est le cas de tout discours didactique (1)
- L'univers schizophrénique de la bibliothèque - admirablement évoqué par Borgès dans La Bibliothèque de Babel (Fictions) (1)
- La bibliothèque (1)
- L'ouvrage encyclopédique assemble, sélectionne, distribue très diversement des discours, empruntés ou produits ad hoc, destinés à transmettre une image cumulative ou totalisante du savoir. (1)
- Le "méthodisme" relève d'une double problématique, discutée et modifiée dans toute l'histoire des idées : le classement des objets de savoir, requérant la désignation (classologie, nomenclature, terminologie, taxinomie), le classement des modes de savoir (épistémologie, classification des sciences, des disciplines pédagogiques, des méthodes, des techniques, interférant les unes avec les autres). On retrouve cette dualité dans la nomenclature des encyclopédies, où les noms d'objets singuliers (noms propres), les noms de classes d'objets et de notions (terminologies), les noms de thèmes et de domaines objectifs du savoir ("animaux", "plantes", etc), voisinent les uns avec les autres... (1)
- Catégories, hyperonymes, classes (33)
- L'alphabétisation des ouvrages philosophiques correspond au succès dun arrangement arbitraire, par renoncement à tout système logique prétendant refléter ontologiquement un ordre... L'alphabétisation neutralise en fait toute classification. Elle correspond à une structure remplissable, relativement ouverte, alimentée par le nombre immense des unités du lexique... Au Moyen Age comme dans l'Antiquité, en Chine comme dans l'Islam classique, l'encyclopédie moralise, instruit, éduque, intègre socialement ; après le XVIIème siècle, elle ne veut plus qu'informer... L'ordre alphabétique "rompt avec une ontologie enseignable", il fait triompher "l'ordre empirique et non logique" du savoir (1)
- Sur le site Mneseek, on fait entrer les contenus du web dans une classification des objets culturels, ou encore on utilise les liens web, donc les contenus du web, comme illustrations d'une classification des objets culturels. (JG)
- Le projet Mneseek (319)
-
Livre : Petite philosophie des grandes trouvailles
Commentaire : Un livre que j'ai lu il y a quelques mois, et pris en notes...
- Le projet Mneseek (319)
- Il y a deux grands types de structures mentales : d'une part les connaissances et croyances, d'autrepart les représentations. Les connaissances et croyances sont stables, peristentes et à long terme. Le savoir que nous avons accumulé depuis notre enfance est organisé en modèles et en catégories. Plus résistantes au temps que le savoir, nos croyances, nos convictions, influencent en profondeur notre manière de penser. Les représentations, quant à elles, sont éphémères. A peine construites, elles disparaissent. Ce sont des montages de l'instant, occasionnels, particuliers et circonstanciels. L'esprit met en scène ce qu'il voit et entend, il se fait une opinion. Par exemple, s'il voit une collision de voitures, il se fait une opinion sur la responsabilité des personnes impliquées. L'esprit se construit une représentation cohérente de ce qu'il voit. (1)
- Les croyances (1)
- Les représentations (3)
- Le projet Mneseek (319)
- L'erreur n'est plus l'accident fortuit ou regretté sur le chemin de la connaissance, elle est elle-même connaissance. (1)
- L'erreur (1)
- La connaissance (26)
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Livre - Yu Dan, Le bonheur selon Confucius
Commentaire : Un livre phénomène sorti en 2008, pour moi une trouvaille en son temps.
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"Savoir" dans le Dictionnaire de l'Académie Française (édition actuelle)
Commentaire : Les nombreuses définitions concomitantes du mot savoir
- « Rendre l'intangible tangible, sensuel, est l'un des plus grands services que l'on puisse rendre à la famille humaine et à l'économie de la connaissance. »
- « La sagesse est à la connaissance ce que le diamant est au graphite. »
- « La donnée n'est pas de l'information, l'information n'est pas de la connaissance, la connaissance n'est pas de la compréhension, la compréhension n'est pas de la sagesse. »
- « Le seul monde qui puisse satisfaire le désir d'infinité de l'homme, c'est celui de la connaissance, de la compréhension et de la sagesse. »
- « La connaissance est partout... Nous sommes tous chercheurs. »
- « La connaissance se comporte comme une collection et, plus précisément, comme une collection d'organismes interféconds, ce qui est encore plus intéressant. »
- « Il savait et ignorait tout. »
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Raphaël Enthoven interviewé à propos de Chat GPT - Sur France Culture
Commentaire : Penser, est-ce l'affaire exclusive des cerveaux ? Une émission lumineuse !
- « '- Qu'est-ce que tu veux savoir ? - Tout - Tout sur quoi ? - Sur tout »
- "Haiku", aux Editions Gallimard
- « Ce que tu sais est comme le sable que contient ta main ; ce que tu ignores est comme l’univers. »
- « Tout ce que l'on sait peut servir dans tout ce que l'on fait. »
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Souleymane Diamanka, Etre humain autrement
Commentaire : Slam. "Cette sève là se savoure", "Un seul peuple avec plusieurs langues, plusieurs cultures et plusieurs couleurs de peau"
- « Se saisir de ce qui, dans les oeuvres humaines, étanche notre propre désir de comprendre. »
- « La sagesse ne s'arrête pas à la connaissance. Savoir, sapere, signifie aussi goûter. On sait les connaissances, et on sait aussi les saveurs. »