Le projet Mneseek
Des citations, des livres etc qui m'aident dans la réalisation de ce que peut le projet Mneseek...
"L'impossible seul vaut la peine d'être accompli."
(JG)
Le carnet de notes (notebook) dans "Where good ideas come from", de Steven Johnson
Voici les idées principales :
1. Les idées naissent lentement
* Les grandes idées sont rarement des éclairs de génie.
* Elles commencent souvent comme des intuitions vagues ("slow hunches") qui mettent des mois ou des années à mûrir.
* Un carnet permet de conserver ces intuitions avant qu'elles ne disparaissent.
2. Créer un "réseau externe" d'idées
* En notant observations, citations, questions et réflexions, on construit une mémoire externe.
* Avec le temps, des liens inattendus apparaissent entre des notes prises à différentes périodes.
3. L'importance des relectures
* Ce n'est pas seulement écrire qui compte.
* Revenir régulièrement sur ses anciennes notes permet de combiner des idées qui semblaient sans rapport.
4. Des exemples historiques
Johnson cite plusieurs penseurs qui tenaient des carnets, notamment :
* Charles Darwin, qui remplissait des cahiers d'observations pendant des années avant de publier sa théorie.
* John Locke et la tradition des *commonplace books*, où l'on rassemblait citations, idées et observations.
* Charles Babbage, qui consignait systématiquement ses réflexions.
5. Le support importe peu
* Papier ou numérique, l'important est de :
* capturer les idées rapidement ;
* pouvoir les retrouver ;
* les relier entre elles.
Le message pratique de Johnson
Le carnet idéal est celui que vous utilisez réellement. Il recommande implicitement une pratique consistant à :
* noter les idées dès qu'elles surgissent ;
* conserver aussi les idées incomplètes ;
* relire régulièrement ses notes ;
* chercher des connexions entre elles plutôt que des idées parfaites.
Cette vision a inspiré des méthodes modernes de prise de notes comme le Zettelkasten, les *commonplace books* numériques (par exemple avec Obsidian ou Logseq) ou encore les carnets papier de type *bullet journal*, même si Johnson ne prescrit pas un système unique.
En résumé, dans *Where Good Ideas Come From*, le carnet n'est pas présenté comme un simple journal, mais comme un écosystème personnel d'idées où des intuitions inachevées peuvent se rencontrer et évoluer jusqu'à devenir des innovations.
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L'association des professionnels de l'information et de la documentation
Commentaire : Un site qui nous sera très utile sur le projet Mneseek
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Miroirs du monde - Une histoire de l'encyclopédisme (Livre)
Commentaire : Alain Rey aborde ici le thème, qu'il connaît bien, de l'encyclopédisme, d'une manière particulière, faite de passion et d'érudition.
- Etiemble écrit : "La plupart des encyclopédies, simples fourre-tout, n'ont aucune valeur littéraire ; celle de Diderot exceptée, que nous lisons pour le plaisir..." (1)
- La littérature (16)
- L'encyclopédisme (160)
- Des auteurs comme Mallarmé, Cocteau ou Ponge savent voir dans le dictionnaire une "machine à rêver" (Barthes, Préface au dictionnaire Hachette, 1980), un piège poétique, sinon un délire culturel. (1)
- Le problème mal résolu de l'appréciation critique de textes très complexes. Selon que cette appréciation porte sur la structure d'ensemble (ce qui est rare) et sur des intentions de programme - la première étant censée refléter les secondes -, sur les valeurs d'utilité des informations réunies, sur leur "valeur de vérité", sur leur objectivité, sur l'efficacité didactique de l'ensemble par rapport à un public déterminé, ou encore sur l'appréciation ponctuelle des "lacunes", eds erreurs, des excès (par rapport à un programme le plus souvent implicite et mal connu), ou enfin par la teneur des textes, appréciée d'après une idéologie, d'près des jugements de valeur esthétiques ou éthiques, on imagine la variété des estimations qui peuvent être portées sur un même ouvrage. (1)
- Sur le plan interne de l'organisation et de l'exposé du savoir, le conservatisme nécessaire à la "reproduction" didactique (Bourdieu-Passeron) s'allie plus ou moins bien avec l'intention de dévoiler les difficultés, les interrogations et les angoisses de l'épistémologie contemporaine. L'Encyclopédie française ou l'Universalis s'opposent en France à des ouvrages plus strictement pédagogiques, qui se doivent de rassurer en assurant. Dans chaque situation historique, le genre encyclopédique dépend des grandes options de la culture et de l'accumulation de ses références mentales : ici les notions d'épistémé (Foucault) et de doxa (Barthes) jouent pleinement. (1)
- Le savoir (88)
- On peut définir la doxa, au sens que lui donne Roland Barthes, comme l'ensemble des jugements communs à une société à un moment donné, jugements qui prennent un caractère d'évidence naturelle et exercent une oppression sur la pensée. (1)
- La doxa (1)
- Le savoir (88)
- L'encyclopédisme correspond à une exposition écrite, qui reprend des fragments de textes antérieurs, dans la même langue ou traduits. C'est dire si la citation, la "seconde main" y sont essentielles. Les sources textuelles, dans l'encyclopédisme, lorsqu'elles ne sont pas reproduites - avec ou sans mention de l'origine, car la notion de "plagiat" leur est étrangère avant l'époque contemporaine -, sont parfois fragmentées, abrégées, condensées ou au contraire exhaustives, et en outre commentées, glosées. Elles peuvent être en outre explicites, revendiquées, fondatrices ou au contraire cachées, masquées, voire inconscientes. (1)
- Un projet culturel fictif, la totalité des domaines du pensable. (1)
- Tout (9)
- Tout savoir (5)
- Tout sur tout (2)
- Le savoir (88)
- Toute intention encyclopédique, en transférant une multiplicité de savoirs en un texte, un énoncé linéaire dans une langue, doit passer par un projet d'organisation, de classement des contenus. L'idée de parcours circulaire (kuklos) assume depuis la Renaissance la maîtrise des éléments décrits pour un domaine ou pour lensemble des domaines perçus et classés par la culture. Celle d'organisation classifiée peut relever de la métaphiore de l'arbre, inaugurée par Porphyre, mais le sentiment de l'inclassable survit dans d'autres images, celle de la mer, du labyrinthe, etc. (1)
- Le savoir (88)
- Le discours encyclopédique moyen est de type didactique et assertif - sans exclure l'apparition de discours théoriques, scientifiques, ou bien polémiques, mais exceptionnellement. (1)
- Le savoir (88)
- Certains discours, par exemple philosophiques, ont une dimension encyclopédique, soit qu'ils visent l'organisation des savoirs (Aristote, Bacon), soit qu'ils proposent une théorie générale de l'histoire humaine (Auguste Comte, aussi représentant de la catégorie précédente), soit enfin qu'ils approfondissent les relations entre les signes du langage et les objets du savoir (Aristote encore, Saint Augustin, Hobbes, Locke, Leibnitz, Charles Peirce, de nos jours Umberto Eco). C'est alors de méthode et d'approche encyclopédique qu'il s'agit, avant toute encyclopédie réalisée. (1)
- Le savoir (88)
- Des rapports avec d'autres discours (l"intertextualité") (1)
- Un discours didactique, opposé par principe à l'énonciation créatrice, qu'elle soit littéraire ou scientifique (1)
- Le savoir (88)
- La littérature (16)
- Une image des connaissances qui présente des caractères évaluatifs - jugements de valeur liés aux idéologies - et des caractères injonctifs et propagandistes - ce qui est le cas de tout discours didactique (1)
- Le savoir (88)
- Discours tronçonné / Discours suivi (organisation sémantique) (1)
- L'univers schizophrénique de la bibliothèque - admirablement évoqué par Borgès dans La Bibliothèque de Babel (Fictions) (1)
- La bibliothèque (1)
- Le savoir (88)
- Le fantasme totalisant et passablement paranoïaque de l'école universelle, de la pansophia. (1)
- Le titre chinois lei shu signifie livre [shu] de catégories [lei]. (1)
- Catégories, hyperonymes, classes (33)
- La métaphorisation révèle des images fondatrices, celle de l'arbre (tradition indienne, Bible, Bacon, Descartes, Vico, d'Alembert), de la forêt et du labyrinthe (Bacon), d'une "mer des objets" (Diderot), évoquant un milieu inépuisable et dangereux, de la porte, de la clé, de la machine (Pour Diderot et d'Alembert, l'encyclopédie, qui décrit les machines, est bel et bien une machine. Et cette métaphore de la machine va évoluer avec les mutations de la technique, de la mécanique à l'électronique, la "machine" encyclopédique par excellence étant au XXIème siècle l'ordinateur. (1)
- Aujourd'hui, on dirait Chat GPT (JG)
- Mécanologie (12)
- L'ouvrage encyclopédique assemble, sélectionne, distribue très diversement des discours, empruntés ou produits ad hoc, destinés à transmettre une image cumulative ou totalisante du savoir. (1)
- Le savoir (88)
- .Une différence fondamentale entre les encyclopédies et els dictionnaires tient à la nature de leurs entrées. L'article d'encyclopédie, qui a pour objet la description du monde, utilise l'entrée simplement comme un accès au domaine à décrire. Cette entrée n'est pas imposée comme signe, mais seulement comme marque de contenu : tel mot voisin du même champ sémantique pourrait convenir. Au contraire, le dictionnaire, qui se propose la description des mots, présente des entrées qui sont l'objet même dont on parle en tant que signe. Pour une encyclopédie, l'objectif est la communication, les informations étant placées au lieu le plus vraisemblable de la consultation. (1)
- De même sur Mneseek en tant qu'encyclopédie, les énoncés "préférentiel" (type "Rester sauvage"), sont des conventions pour aborder un thème, d'autres énoncés proches pouvant faire l'affaire.
- La nomenclature des dictionnaires et des encyclopédies ne nous offre que des mots, et l'opposition traditionnelle entre les "mots" et les "choses" doit être remplacée par l'opposition entre "mot qui désigne une chose" (encyclopédie) et "mot qui désigne un mot" (dictionnaire). (1)
- Difficile de placer les "énoncé" Mneseek dans cette dichotomie (Jg° (1)
- L'ambition intellectuelle et la vision du monde et de l'humain propre à chaque civilisation (1)
- L'ambition (17)
- L'ambition intellectuelle (1)
- Le Dictionnaire philosophique de Voltaire, Le dictionnaire des idées reçues de Flaubert, comme l'encyclopédie caricaturale de Bouvard et Pécuchet relèvent de la littérature. (1)
- La littérature (16)
- Les encyclopédies comme les dictionnaires doivent fractionner leur discours suivant un ordre résultant d'un classement. (1)
- Un arrangement textuel relativement stable appelé couramment "article", et tenu à propos d'une "entrée" (1)
- La microstructure d'une encyclopédie moderne comme l'Universalis ou la Britannica est souple : elle comporte au moins deux variantes, des articles brefs, detinés à une consultation ponctuelle, des articles développés, correspondant à des objets de savoir considérés comme majeurs ou organisateurs. (1)
- Le "méthodisme" relève d'une double problématique, discutée et modifiée dans toute l'histoire des idées : le classement des objets de savoir, requérant la désignation (classologie, nomenclature, terminologie, taxinomie), le classement des modes de savoir (épistémologie, classification des sciences, des disciplines pédagogiques, des méthodes, des techniques, interférant les unes avec les autres). On retrouve cette dualité dans la nomenclature des encyclopédies, où les noms d'objets singuliers (noms propres), les noms de classes d'objets et de notions (terminologies), les noms de thèmes et de domaines objectifs du savoir ("animaux", "plantes", etc), voisinent les uns avec les autres... (1)
- Catégories, hyperonymes, classes (33)
- Le savoir (88)
- Loin de refléter le monde comme un miroir, selon la métaphore bien connue, l'encyclopédie construit son image comme le cartographe fait sa carte, toujours incomplète, plus ou moins lisible, toujours arbitraire, mais selon un arbitraire contrôlé et cohérent (code) (1)
- L'alphabétisation des ouvrages philosophiques correspond au succès dun arrangement arbitraire, par renoncement à tout système logique prétendant refléter ontologiquement un ordre... L'alphabétisation neutralise en fait toute classification. Elle correspond à une structure remplissable, relativement ouverte, alimentée par le nombre immense des unités du lexique... Au Moyen Age comme dans l'Antiquité, en Chine comme dans l'Islam classique, l'encyclopédie moralise, instruit, éduque, intègre socialement ; après le XVIIème siècle, elle ne veut plus qu'informer... L'ordre alphabétique "rompt avec une ontologie enseignable", il fait triompher "l'ordre empirique et non logique" du savoir (1)
- Le savoir (88)
- Sur le site Mneseek, on fait entrer les contenus du web dans une classification des objets culturels, ou encore on utilise les liens web, donc les contenus du web, comme illustrations d'une classification des objets culturels. (JG)
- "Onomasiologie", terme d'origine allemande, désigne la sémantique de la nomination, de la désignation, allant des objets et classes d'objets aux mots, par les notions et les concepts ; elle s'oppose à la "sémasiologie" qui va du signe à ce qu'il signifie ; l'ensemble forme la sémantique. (1)
- Linguistique (12)
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Livre : Petite philosophie des grandes trouvailles
Commentaire : Un livre que j'ai lu il y a quelques mois, et pris en notes...
- Sortir du cadre (1)
- Le cadre (7)
- Qui dit "penser" dit "cadre", l'un ne va pas sans l'autre. Il n'y a pas de réflexion sans contexte, on ne réfléchit jamais à partir de rien. Les idées nouvelles n'apparaissent qu'en s'appuyant sur une structure d'idées existantes : un cadre de pensée. Le cerveau ne fait jamais table rase. (1)
- Le contexte (1)
- Le cadre (7)
- Il y a deux formes de pensées : la déduction, qui part d'une hypothèse et se confronte à la réalité, et l'induction, qui à partir de l'expérience, conduit à des hypothèses. (1)
- La pensée (13)
- Il y a quatre grandes catégories de cadres. Les connaissances et les croyances sont des modèles mentaux qui tendent à être permanents, à l'inverse des représentations qui sont des constructions de l'instant, qui mettent en scène le moment présent pour lui donner un sens et disparaissent tout aussi vite. Les cadres de quatrième type conduisent aux trouvailles, et de provisoires, ils deviennent alors définitifs. (1)
- Le cadre (7)
- La catégorisation est une mise en cadre inévitable. Penser va de pair avec classer. (1)
- cf voir Lévistrauss (JG)
- La pensée (13)
- La catégorisation (36)
- Il existe trois types de trouvailles - la découverte, l'invention et la création, suivant que l'on trouve ce qui était, ce qui sera ou ce qui peut être. (1)
- Les cadres n'existent pas dans la réalité, mais ils sont indispensables pour l'appréhender. (1)
- Le cadre (7)
- Il y a des cadres de toutes les tailles. Le plus petit modèle est le concept (exemple : le restaurant). Ensuite vient le stéréotype qui est un jugement minimal. Par exemple : le climat de l'Islande est froid, les banques sont riches... A l'autre extrémité, il y a les paradigmes qui sont des cadres tellement grands qu'on n'en voit plus les contours, qu'on en oublie parfois l'existence. Par exemple : une Europe sans conflit armé. Entre les extrêmes, il existe de nombreux schémas, structures, matrices et autres grilles de lecture. (1)
- Le cadre (7)
- Les cadres sont des abstractions simplificatrices, des réductions incomplètes. (1)
- Le cadre (7)
- L'art de la créativité est celui de construire de nouveaux cadres de pensée qui permettront alors de nombreuses trouvailles. (1)
- Les idées (4)
- Pour pouvoir penser, il faut pouvoir oublier. Sans une prise de distance par rapport au monde, l'homme ne peut forger de concept, il ne peut penser au monde. S'il voit chacun des arbres, il ne peut voir la forêt. Pour pouvoir abstraire, il doit d'abord pouvoir s'extraire. Cet éloignement par rapport aux choses crée un espace où la réflexion peut se déployer. D'un côté il y a les objets, et de l'autre, il y a nous, les sujets, obligés de ^rendre de la hauteur. (1)
- Prendre de la hauteur (2)
- L'oubli (8)
- La pensée (13)
- L'abstraction (5)
- Penser consiste à relier, à organiser, à connecter quelques données entre elles pour essayer de construire une structure qui a du sens, un schéma cohérent, ou un modèle qui permet de comprendre [...] Ces connexions conduisent le sujet à élaborer une nouvelle "idée" qui peut ainsi être définie comme une "hypothèse de travail". (1)
- La pensée (13)
- Relier (1)
- L'invention simultanée du calcul infinitésimal par Newton et Leibnitz (1)
- A l'origine de bien des idées se trouve l'étonnement. Une perception aiguisée, une attention en éveil permet de détecter ces petites choses qui conduisent aux grandes trouvailles (1)
- L'attention (3)
- Les marins ont des dizaines de mots différents pour qualifier ce que nous appelons simplement une corde. Les habitants du Groenland ont des dizaines de mots différents pour qualifier ce que nous appelons simplement de la neige. Ils voient ce que nous ne voyons pas : le détail, la nuance, la caractéristique qui nous échappe. Ils perçoivent une différence là où nous ne voyons que ressemblance. Ils sont riches de la diversité là où nous sommes les pauvres de l'uniformité. (1)
- Les mots (91)
- La matière première de la pensée est le concept. Par exemple, le travail est un concept, et le repos aussi. Tout comme le bureau, qui nous montre au passage que l'amplitude des concepts peut être large : il peut être l'endroit où je vais travailler mais aussi ma table de traval. Le concept est une idée générale qui permet de regrouper beausoup de choses particulières. Un concept englobe la diversité dans une unité confortable à l'esprit qui peut alors la manipuler à sa guise pour réfléchir. Il permet d'organiser notre connaissance qur les objets, c'est l'entité cognitive de base où nous mettons le sens des mots que nous utilisons. Le concept est à la pensée ce que la brique est au maçon, ce que les molécules sont au chimiste. (1)
- A lidée du concept comme uinité de base de la pensée et du savoir, nous pouvons peut-être lui substituer la notion d'énoncé. Un énoncé dit quelque chose, alors qu'un concept est plus neutre par rapport à la connaissance, c'est plus un contenant. Ainsi,, à un concept peuvent être rattachés de multiples énoncés qui sont chacun un éclairage et appartiennent au champs de l'herméneutique (interprétation). Les énoncés seraient les atomes et les concepts les particules subatomiques. Les énoncés seraient des assemblages de concepts combinés où associés à d'autres (On pourrait peut-être parler de chute quantique entre concepts et énoncés). Peut être aussi pourrait on dire concept = catégorie alors que énoncé = cas particulier de cette catégorie. (JG)
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Le concept a une fonction de classement et cette mise en catégorie consiste en deux opérations distinctes : 1. La première définit le périmètre de la classe (que puis-je mettre dans cette catégorie ?). 2. La seconde décrit les liens entre cette classe et les autres (en quoi cette catégorie est-elle différente de sa voisine ?). Cette double opération peut se faire selon deux modes différents : le point de vue classique et le point de vue relativiste.
A/ Le point de vue classique : La catégorie y est définie par un ensemble de propriétés. Les restaurants sont par exemple les endroits où, moyennant paiement, on peut prendre un repas. Selon ce point de vue, les catégories peuvent s'emboiter comme des poupées russes. Le restaurant d'entreprise, la taverne et le restauroute sont tous des restaurants qui sont eux-mêmes des commerces. Précisons encore : le restaurant est un concept qui peut s'exprimer "en extension". C'est à dire qu'il s'étend aussi bien au Fouquet's et à la taverne de la gare d'Anvers qu'au McDonald's en bas de ma rue. Mais on peut aussi parler d'un restaurant "en compréhension", dire qu'il y a des tables, des chaises, de la nourriture, quelqu'un pour cuisiner etc. Plus la compréhension est grande, moins l'extension le sera. Autrement dit, plus on précisera en détail ce qu'est un restaurant, moins on pourra en donner d'exemples.
Le point de vue classique suppose deux hypothèses : 1. Les catégories sont homogènes. Tous les commerces qui peuvent être appelés "restaurant" le sont au même degré. 2. Les catégories sont décidables. Il est toujours possible de dire si une entité est un restaurant où ne l'est pas. Cette manière de voir les choses provient de la philosophie grecque. Elle a permis de structurer la pensée sur les bases de jugements et de raisonnements. Elle a également permis la naissance d'une discipline nouvelle : la logique formelle. Mais cette manière de voir les choses a aussi des faiblesses flagrantes. Il n'y a finalement qu'en mathématiques qu'une définition capture parfaitement un concept. La logique formelle a ses vices de forme...
B/ Le point de vue relativiste : On le sent intuitivement, les deux hypothèses précédentes sont intenables : au sein des catégories, ce n'est pas vraiment l'uniformité, ni l'homogénéité. On ne peut pas dire exactement pourquoi mais un chêne est plus représentatif de la catégorie "arbre" qu'un cerisier ou un peuplier. Un berger allemand est plus représentatif de la catégorie "chien" qu'un lévrier ou un basset. Tout se passe comme si toute catégorie avait son emblème, sa moyenne arithmétique, son prototype qui pourrait agir en ambassadeur de la classe. Un moineau est un peu plus "oiseau" qu'une perruche ou qu'un poulet qui sont pourtant des oiseaux, et ce n'est donc pas seulement une question de quantité ou de nombre. Quand on demande à une personne de citer les éléments d'une catégorie, une forme de séquence apparaît. La pomme vient avant le kiwi, le bleu vient avant le violet. Les catégories définies par des caractéristiques précises devraient être homogènes. Eh bien non, il faut bien l'admettre, certains éléments sont "un peu plus" que ce qui devrait être la même chose. Cela paraît absurde et pourtant, pour nous belges et français, F est "plus" une lettre de l'alphabet que O, l'Italie est "plus" un pays que Singapour. Et si on parle des célibataires, vous pensez à beaucoup de gens mais pas immédiatement au pape. A l'appui de cette thèse, faites le test suivant. Demandez à quelqu'un successivement : Un taxi est un véhicule. Vrai ou faux ? Un tank est un véhicule. Vrai ou faux ? Une navette spatiale est un véhicule. Vrai ou faux ? Les réponses sont trois fois "vrai". Mais il faudra chaque fois quelques instants de plus pour l'entendre... Comme si on pouvait être un peu plus ou un peu moins "véhicule" ! Une toute nouvelle approche devient alors possible. La catégorie est définie par son prototype et non plus par son périmètre. Et l'appartenance à la catégorie devient une question de distance au prototype, et non plus une question de caractéristiques partagées. Si l'approche classique relevait d'une vue "oui ou non" des choses, l'approche relativiste est au contraire tout en nuance et en continuité. Ludwig Wittgenstein a ainsi présenté en 1953 l'idée de family ressemblance, en prenant l'exemple des jeux. Ceux-ci forment indiscutablement une catégorie. Mais qui pourrait bien donner les caractéristiques communes au rugby et aux mots croisés ? Il est plus adéquat de parler de ressemblance de proche en proche. Le rugby a une parenté avec le football, qui a une parenté avec le tennis, le tennis avec les échecs, les échecs avec le Scrabble, et le Scrabble avec les mots croisés. La réussite et le calembour font aussi partie des jeux, tout comme Sim City, le poker, le Rubik's Cube ou même la séduction. La liste est longue. Des enfants qui jouent à "papa-maman" ou encore des jongleurs qui jouent avec des quilles sont là pour témoigner que la catégorie des jeux existe non pas grâce à des propriétés communes (comme le fait d'être plusieurs ou le rôle du hasard) mais par une ressemblance de proche en proche, un peu comme les membres d'une même famille (d'où l'appellation de l'idée présentée par Wittgenstein).
Alors quel serait le jeu "type" ? Un sport comme le football sans doute, ou alors le Monopoly. L'expérience montre en effet que les prototypes choisis sont un compromis entre la visualisation et l'abstraction.
Le prototype aura un grand nombre de propriétés communes à beaucoup d'autres éléments (définition doublement imprécise) tout en permettant une représentation imagée. Je "vois" une table de bridge ou une table d'opération, mais quand on me dit "meuble", je ne "vois" plus rien. Table sera alors le prototype, c'est le concept le plus abstrait qui entraîne néanmoins une visualisation instantanée, car je vois bien les pieds...
L'approche relativiste n'est sans doute pas très rationnelle, elle est certes subjective et les aspects psychologiques rivalisent avec les aspects philosophiques. Si on dit de quelqu'un que c'est une girafe, on pense à sa taille. Si on dit que c'est un requin, on pensera à son tempérament. Pourquoi dans un cas penser à son physique et dans un autre à son comportement ?
L'approche relativiste s'inspire évidemment du nominalisme, qui est devenu célèbre au Moyen Age lors de la tout aussi célèbre querelle des universaux. Pour les nominalistes, les propriétés communes aux objets ne sont que des mots et des noms, et il est vain de les rechercher car elles ne sont qu'illusions. Le rouge n'existe pas, même s'il y a des poissons rouges et des croix rouges. Les pèlerins ,n'existent pas même si beaucoup de gens vont à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Prenons un dernier exemple. Je lisais récemment dans un journal que Shanghai était devenue une ville "occidentale". Plutôt étrange, non ? Il y a quelques années encore, si ma mémoire est bonne, la Chine était en Orient. Comment ce pays est-il donc devenu lui aussi un pays du soleil couchant ? Ce genre de surprise sémantique illustre bien l'inévitable différence entre la fluidité d'un monde en changement continu, et la rigidité des concepts que nous formons pour le décrire et l'interpréter. Car finalement, qu'est-ce que l'"Occident" ? Il y a aujourd'hui au moins six significations !
Au départ, l'Occident était une direction, celle de l'Ouest, ce qui suppose bien-sûr un point de référence pour nous... orienter. Ce fut évidemment - pour nous ! - Athènes. Et l'ennemi perse était donc à l'Est; L'Occident désigna ensuite petit à petit une région du monde, l'Europe de l'Ouest, même si son centre de gravité se déplaçait vers Rome. Le mot glissa alors de la géographie vers la religion. A l'époque des croisades, "occidental" et "chrétien" étaient presque synonymes. Depuis la révolution industrielle, l'Occident englobe l'Europe et les Etats-Unis partis à la conquête de l'Ouest. Les dimensions scientifiques, industrielles et économiques l'emportèrent sur les autres et relient les deux côtés de l'Atlantique. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la politique devint dominante. Celui qui s'échappait d'URSS par son sinistre rideau de fer passait en Occident. Aujourd'hui, l'Occident serait plutôt qualifié par quelques valeurs fondamentales comme l'universalité (le fait de s'adresser à tous), l'attrait pour la nouveauté (la mode est une invention occidentale) et la perpétuelle remise en cause (le droit à l'expression et à la critique). Shanghai n'est donc pas si occidentale que cela...
Alors qu'est-ce que l'Occident finalement ? C'est un concept, une idée qui sert à interpréter ce qui se passe, et comme pour tous les modèles mentaux, l'image en nous est floue, réductrice et discontinue. impossible de dire à quel moment précis la signification du mot "Occident" a changé, mais les six étapes sont bien présentes. (1) - Catégories Mneseek et distance au prototype des classes. Par exemple : pays : pourquoi je me suis d'abord intéressé à l'Italie et au Japon ? (JG)
- Catégories, hyperonymes, classes (33)
- La catégorisation (36)
- Aristote nous dit : Acceptez le classement en catégories - quitte à schématiser la réalité - et en échange vous pourrez poser des jugements et construire des raisonnements. Le concept de catégorie a rendu possible l'invention du syllogisme, et plus globalement l'avènement de la logique. C'est la plus grande invention de tous les temps. (1)
- La catégorisation (36)
- Il y a deux grands types de structures mentales : d'une part les connaissances et croyances, d'autrepart les représentations. Les connaissances et croyances sont stables, peristentes et à long terme. Le savoir que nous avons accumulé depuis notre enfance est organisé en modèles et en catégories. Plus résistantes au temps que le savoir, nos croyances, nos convictions, influencent en profondeur notre manière de penser. Les représentations, quant à elles, sont éphémères. A peine construites, elles disparaissent. Ce sont des montages de l'instant, occasionnels, particuliers et circonstanciels. L'esprit met en scène ce qu'il voit et entend, il se fait une opinion. Par exemple, s'il voit une collision de voitures, il se fait une opinion sur la responsabilité des personnes impliquées. L'esprit se construit une représentation cohérente de ce qu'il voit. (1)
- Le savoir (88)
- Les croyances (1)
- Les représentations (3)
- Il y a deux ingrédients à toute représentation. Il y a une construction et il y a une interprétation. Le premier temps est un temps d'assemblage : la diversité venue du dehors nous apparaît comme un tout. Dans un deuxième temps, l'esprit prend l'initiative, il s'approprie la construction mentale et l'humanise. Il se pose la question de son sens et de ce que cela signifie pour lui. Il cherche des explications et de sliens de cause à effet. A la différence du savoir qu'on doit aller chercher, la représentation est, elle, inévitable, incontrôlable. (1)
- Les représentations (3)
- Les cadres de pensées transitoires se divisent en deux groupes. Le premier constitue les représentations proprement dites. Celles-c- se forment dès qu'il s'agit d'interpréter ou de comprendre une situation, ou dès qu'il s'agit de choisir ou de décider. Nous nommerons le second grupe les "trouvailles". Lorsqu'il s'agit de trouvailles, l'effort est décidé, le désir et la volonté de construire quelquechose de neuf existent bel et bien. Il y a un choix délibéré de construire des images mentales fragiles, provisoires, jusqu'au jour où... mais oui, eurêka ! Ce sont les hypothèses risquées, les schémas osés, les grilles de lecture aventureuses qui ont un jour permis les jugements sûrs, les théories robustes, voire les paaradigmes fédérateurs. (1)
- Les trouvailles (1)
- Les représentations (3)
- Les concepts, les modèles et plus globalement la culture, sont autant de prismes et de miroirs déformants qui orientent notre manière de vois le monde, et qui influencent notre regard sur la rélité. Une personne peu intéressée par l'argent aura plus de mal à trouver une idée pour devenir riche. (1)
- Pour Gaston Bachelard, scientifique littéraire, poète de la science, l'imagination n'est pas la faculté de former des images de la réalité, c'est la faculté de déformer des images pour changer la réalité. (1)
- L'imagination (6)
- Faire passer le virtuel dans le réel (2)
- L'erreur n'est plus l'accident fortuit ou regretté sur le chemin de la connaissance, elle est elle-même connaissance. (1)
- L'erreur (1)
- La connaissance (26)
- Le savoir (88)
- Recommencer est toujours positif (1)
- Recommencer
- Le commencement (28)
- Invention : trouver quekque chose qui va être / Découverte : trouver quelque chose qui était. (1)
- La créativité est une aptitude à voir tout à coup de la cohérence, voire de l'unité, au sein de la diversité. "Cogiter" partage l'étymologie d'agiter et "comprendre" consiste à prendre ensemble. Un esprit créatif détecte les évidences inattendues. (1)
- Découverte : ce qui était (ex : l'ADN), Science | Invention : Ce qui va être (ex : la photocopieuse), Technique | Création : Ce qui peut être (ex : Tintin), Art (1)
- Découverte | Invention | Création (1)
- Au niveau des idées, la bissociation est une combinaison inédite d'éléments déjà dits. Or, il existe un nombre infini d'arrangements possibles des éléments qui sont en face de nous. (1)
- L'eurêka consiste à réaliser tout à coup le sens ou la portée d'une idée pourtant bien ancienne. Une re-trouvaille, en somme. Parfois, c'est plus subtil. La perception réorganise ce qu'elle a sous les yeux. Elle arrange autrement ou relie de manière inédite... Combiner ou recombiner les idées semble même être une des recettes préférées des philosophes. Platon a voulu réconcilier l'impossibilité du changement décrite par Parménide avec la nécessité de cj=hanger constatée par Héraclite... Le passé est indispensable à la trouvaille. Mais il est aussi l'obstacle à démolir. La trouvaille est à la fois démontage et remontage, mais l'assemblage final est différent. (1)
- « La question urgente que nous devons nous poser, si nous voulons vivre lucidement cette second Renaissance, c'est de savoir quelle y sera notre place, quelle sera notre pierre à cette cathédrale intell »
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Livre - Yu Dan, Le bonheur selon Confucius
Commentaire : Un livre phénomène sorti en 2008, pour moi une trouvaille en son temps.
- Pour les chinois, cette idée de la maîtrise dans les deux domaines est un idéal de vie, auquel chacun de nous devrait aspirer : dans le ciel, notre idéalisme peut déployer ses ailes et voler librement, affranchi de toutes rêgles et de tous obstacles, et dans le monde réel, il faut savoir garder les pieds sur terre. Les gens ambitieux et dépourvus de réalisme sont des rêveurs, et non des idéalistes ; ceux qui n'ont que la matière et point d'idéalisme sont de besogneux tâcherons, et non des réalistes. (1)
- L'important est d'être ferme dans son but et fidèle à ses convictions profondes. (1)
- Le but (8)
- Les convictions (1)
- Un jour qu'il passait devant un immense chantier de construction, un homme vit une foule de personnes dégoulinantes de sueurs qui transportaient des briques sous un soleil ardent. Il avisa l'un d'eux et lui demanda : "Qu'est-ce que vous faîtes ?". L'homme répliqua, d'un ton rogue : "Vous ne voyez pas ? Charrier des briques, c'est un boulot très pénible !" Il posa la même question à un deuxième ouvrier. Beaucoup plus placide que le premier, celui-ci rangea soigneusement les briques qu'il portait, et, après un dernier coup d'oeil à sa pile, répondit : "Je construis un mur." Il interrogea ensuite un troisième travailleur. Jovial et affable, ce dernier posa son fardeau, s'essuya le front et, relevant la tête, dit avec une grande fierté : "Nous bâtissons une église." (1)
- L'action (81)
- Nous bâtissons une église (1)
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Les technologies de l'intelligence - Un livre de Pierre Lévy
Commentaire : Un livre qui date de 1990 soit déjà 34 ans
- A l'époque contemporaine, la technique est une des dimensions fondamentales où se joue la transformation du monde humain par lui-même (1)
- La technique (28)
- Bien que nous vivions en démocratie, les processus sociotechniques font rarement l'objet de délibération collectives explicites, encore moins de décisions prises par l'ensemble des citoyens (1)
- La technique (28)
- Les inventeurs, ingénieurs, scientifiques, entrepreneurs et investisseurs qui contribuent à édifier le technocosme où nous vivons désormais sont animés de véritables projets politiques concurrents, ils se réfèrent à des imaginaires antagonistes de la technique et des rapports sociaux. (1)
- Les trois temps de l'esprit : oralité, écriture, informatique (1)
- L'immense réseau associatif qui constitue notre univers mental est en métamorphose permanente (1)
- Le sens (37)
- Le sens d'un mot n'est autre que l'écheveau scintillant de concepts et d'images qui luisent un instant autour de lui. (1)
- Le sens (37)
- Principe de multiplicité et d'emboîtement des échelles : L'hypertexte s'organise sur un mode "fractal", c'est à dire que n'importe quel noeud ou n'importe quel lien, à l'analyse, peut lui-même se révéler composé de tout un réseau et ainsi de suite, indéfiniment, le long des degrés de l'échelle de précision (1)
- L'indexation des contenus (3)
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Vannevar Bush et le Memex : L'idée de l'hypertexte a été annoncé pour la première fois par Vannevar Bush en 1945 dans un article désormais célèbre dont le titre était "As we may think". Bush était un mathématicien, un physicien réputé qui avait conçu, dans les années trente, une calculatrice analogique ultra-rapide, et qui avait joué un rôle important dans le financement de l'Eniac, la première calculatrice électronique numérique. A l'époque où l'article paraît, notre auteur se trouve à la tête de l'organisme chargé de coordonner l'effort de guerre des scientifiques américains pour le compte du Président Roosevelt.
Pourquoi "As we may think" ? Selon Bush, la plupart des systèmes d'indexation et d'organisation des informations en usage dans la communauté scientifique sont artificiels. Chaque item n'y est classé que sous une seule rubrique et le rangement est purement hiérarchique (classes, sous-classes etc). Or, dit Vannevar Bush, l'esprit humain ne marche pas ainsi, il fonctionne par associations. Il saute d'une représentation à l'autre le long d'un réseau enchevêtré, trace des pistes bifurquantes, trame une toile infiniment plus compliquée que les banques de données d'aujourd'hui ou les systèmes d'information à fiches perforées de 1945. Bush reconnaît qu'on ne peut sans doute pas répliquer le processus réticulaire qui sous-tend l'exercice de l'intelligence. Il propose seulement de s'en inspirer. Il imagine donc un dispositif, dénommé Memex, pour mécaniser le rangement et la sélection par association à côté du principe de l'indexation classique.
Il faut d'abord constituer un immense réservoir documentaire multimédia, comprenant aussi bien des images, des sons et des textes. Certains dispositifs périphériques faciliteraient l'intégration rapide de nouvelles informations, d'autres permettraient de transformer automatiquement la parole en texte écrit. La deuxième condition à remplir serait la miniaturisation de cette masse documentaire, et pour cela, Bush prévoit notamment l'utilisation du mircofilm et de la bande magnétique, que l'on venait de découvrir à l'époque. Tout devrait tenir dans un ou deux mètres cubes, l'équivalent du volume d'un meuble de bureau. On accéderait aux informations par l'intermédiaire d'un écran de télévision muni de haut-parleurs. En plus des accès classiques par indexation, une commande simple permettrait à l'heureux propriétaire d'un Memex de nouer des liens indépendants de toute classification hiérarchique entre une information quelconque et n'importe quelle autre. Une fois le lien établi, chaque fois qu'un item particulier serait visualisé, tous ceux qui lui ont été rattachés pourraient être instantanément rappelés, par simple pression d'un bouton. Bush nous peint l'utilisateur de son dispositif imaginaire traçant des pistes transversales et personnelles dans l'immense continent broussailleux du savoir. Ces liens que l'on n'appelle pas encore hypertextes, matérialisent dans la mémoire auxiliaire du scientifique qu'est le Memex une part capitale du processus même de la recherche et de l'élaboration de connaissances nouvelles. Bush imagine même une nouvelle profession, une sorte d'ingénierie des ponts et chaussées au pays des publications, dont la mission serait d'aménager des réseaux de communication au sein du corpus immense et toujours croissant des sons, des images et des textes enregistrés. (1) - Vannevar Bush et le Memex (6)
- L'indexation des contenus (3)
- Théodore Nelson et Xanadu : Au début des années soixante, les premiers systèmes militaires de téléinformatique venaient à peine d'être installés, les ordinateurs n'évoquaient pas encore les banques de données, encore moins le traitement de texte. C'est pourtant à cette époque que Théodore Nelson invente le terme d'hypertexte pour exprimer l'idée d'écriture/lecture non linéaire sur un système informatique. Depuis cette époque, Nelson poursuit le rêve d'un immense réseau accessible en temps réel contenant tous les trésors littéraires et scientifiques du monde, une sorte de Bibliothèque d'Alexandrie de l'univers contemporain. Des millions de personnes pourraient utiliser Xanadu pour écrire, s'interconnecter, interagir, commenter les textes, films et enregistrements sonores disponibles sur le réseau, annoter les commentaires etc. Ce qqu'on pourrait appeler le stade suprême de la messagerie prendrait en charge une bonne part des fonctions remplies aujourd'hui par l'édition et le journalisme classique, Xanadu entant qu'horizon idéal ou absolu de l'hypertexte, serait une sorte de matérialisation du dialogue incessant et multiple que l'humanité entretient avec elle-même et avec son passé. (1)
- Théodore Nelson et Xanadu (1)
- L'indexation des contenus (3)
- Le rêve (132)
- Quoique des milliers d'hypertextes aient été élaborés et consultés depuis les premières visions de Vannevar Bush et Theodore Nelson, aucun d'eux n'a pour l'instant l'ampleur quasi cosmique imaginée par ces pionniers, et cela pour trois raisons. Tout d'abord, sur un plan strictement informatique, on ne sait pas encore programmer des bases de données au delà d'un certain ordre de grandeur. Les algorithmes efficaces en deça d'un certain seuil pour gérer une grande quantité d'informations se révèlent impuissants à traiter les gigantesques masses de données impliquées par des projetc comme ceux de Xanadu ou de Memex. Deuxièmement, l'indexation, la numérisation et le formatage uniforme de l'information aujourd'hui dispersée sur une foule de supports différents supposent la mise en oeuvre de moyens matériels perfectionnés, la réunion de nombreuses compétences et surtout beaucoup de temps ; c'est dire qu'elle serait extrêmement coûteuse. Enfin, et ce n'est pas la moindre des difficultés, la constitution d'hypertextes géants suppose un travail minutieux d'organisation, de découpage, de mise en scène, d'accompagnement et d'orientation de l'utilisateur, et cela en fonction de publics très divers. Or qui, en 1990, possède les compétences nécessaires au plan de la conception d'hypertextes à vocation universelle puisque, dans le domaine du multimédia interactif tout, ou presque, reste à inventer ? (1)
- Paul Klee espérait qu'à partir des mondes qu'il créait, on pourrait peut-être un jour surmonter l'imperfection de tout l'art du passé et créer une oeuvre "d'une immense vastitude, traversant l'ensemble des domaines élémentaires, figuratifs, sémantiques et stylistiques." (JG)
- Techniquement, un hypertexte est un ensemble de noeuds connectés par des liens. Les noeuds peuvent être des mots, des pages, des images, des graphiques ou parties de graphiques, des séquences sonores, des documents complexes qui peuvent être des hypertextes eux-mêmes. Les items d'information ne sont pas reliés linéairement, comme sur une corde à noeuds, mais chacun d'eux, ou la plupart, étendent leurs liens en étoile sur un mode réticulaire. Naviguer dans un hypertexte, c'est donc dessiner un parcours dans un réseau qui peut être aussi compliqué que possible. Car chaque noeud peut contenir à son tour tout un réseau. (1)
- L'imprimerie, au moment où elle fut inventée, ouvrit un tout autre rapport au texte et à l'écriture que celui qui avait cours avec le manuscrit : possibilité de survol du contenu, d'accès non linéaire et sélectif au texte, de segmentation du savoir en modules... (1)
- L'imprimerie (1)
- [Avec l'imprimerie], le livre devint maniable, quotidien, mobile, et disponible pour l'appropriation personnelle. (1)
- Le verbe to browse ("butiner", mais aussi "jeter un coup d'oeil") est employé en américain pour désigner la démarche curieuse de qui navigue dans un hypertexte. (1)
- La navigation (6)
- Les "menus" montrent à tout instant à l'usager les opérations qu'il peut accomplir. (1)
- La navigation (6)
- La quasi-immédiateté du passage d'un noeud à l'autre permet de généraliser et d'utiliser dans toute son étendue le principe de non-linéarité. Cela devient la norme, un nouveau système de l'écriture, une métamorphose de la lecture, baptisée navigation (1)
- La navigation (6)
- On se perd beaucoup plus facilement dans un hypertexte que dans une encyclopédie... C'est comme si l'on explorait une grande carte sans jamais pouvoir la déplier, toujours par bouts minuscules, il faudrait alors que chaque petite parcelle de surface porte ses coordonnées ainsi qu'une carte miniature avec une zone en grisé indiquant l'emplacement de la parcelle ("Vous êtes ici"). Il s'invente aujourd'hui toute une interface de la navigation, faite d'une multitude de micro-dispositifs d'interface déformés, réemployés, détournés (1)
- La navigation (6)
- Penser sur le projet Mneseek à créer des pages de mise bout à bout de ressources, par exemple Tout voir (Films) | Tout voir (Enoncés), Tout voir sur les pages categories_valeurs et sous_valeurs (JG)
- On connaît depuis longtemps le rôle fondamental de l'implication personnelle de l'étudiant dans l'apprentissage. Plus activement une personne participe à l'acquisition d'un savoir, mieux elle intègre et retient ce qu'elle a appris. Or, le multimédia interactif, grâce à sa dimension réticulaire ou non-linéaire, favorise une attitude exploratoire voire ludique, face au matériau à assimiler. C'est donc un instrument bien adapté à une pédagogie active (1)
- L'apprentissage (3)
- [L'hypertexte] se replie et se déplie à volonté, change de forme, se multiplie, se découpe et se recolle autrement. Ce n'est pas seulement un réseau d emicro-textes, mais un grand méta-texte à géométrie variable, à tiroirs, à replis. Un paragraphe peut apparaître ou disparaître sous un mot, trois chapitres sous un mot du paragraphe, un petit essai sous un des mots de ce chapitres, et ainsi virtuellement sans fin, de double fond et double fond. (1)
- La navigation (6)
- L'hypertexte informatisé autorise tous les pliages imaginables : dix mille signes ou seulement cinquante repliés derrière un mot ou une icône, des emboitements compliqués et variables, adaptables par le lecteur. (1)
- La navigation (6)
- Des graphes dynamiques pour représenter des structures comceptuelles (1)
- Chaque grande innovation en informatique a ouvert la possibilité de nouveaux rapports entre hommes et ordinateurs. (1)
- On tombe amoureux d'une moto, d'une voiture ou d'une maison, on se passionne pour un ordinateur, un logiciel ou un langage de programmation... L'informatique n'intervient pas seulement sur l'écologie cognitive mais encore sur les processus de subjectivation individuels et collectifs... Il y a toute une dimension esthétique ou artistique de la conception des machines ou des logiciels, celle qui suscite l'engagement émotionnel, stimule le désir dexplorer de nouveaux territoires existentiels et cognitifs, branche l'ordinateur sur des mouvements culturels, sur des révoltes, des rêves. Les grands acteurs de l'histoire de l'informatique, comme Alan Turing, Douglas Engelbart ou Steve Jobs, ont perçu l'ordinateur autrement que comme un automate fonctionnel. Ils ont joué et vécu sur sa dimension subjective, merveilleuse et prophéétique (1)
- La technique (28)
- Le rêve (132)
- La construction de nouveaux agencements de sens (1)
- Il n'est d'usage sans torsion sémantique inventive, qu'elle soit minuscule ou capitale... Tout usage créatif, en découvrant de nouvelles possibilités, atteint le plan de la conception... Conception et usage sont en fait les dimensions complémentaires d'une même opération élémentaire de connexion, avec ses effets de réinterprétation, de construction de nouvelles significations. Dans le prolongement l'une de l'autre, la conception et l'usage contribuent alternativement à faire buissonner l'hypertexte sociotechnique. (1)
- L'argumentation assistée par ordinateur, aide au raisonnement, à la conversation... (1)
- Les collecticiels [...] aident chaque interlocuteur à se repérer dans la structure logique de la discussion en cours en lui fournissant une représentation graphique du réseau d'arguments. Il permet également la liaison effective de chaque argument avec les documents auxquels il se réfère, qui le fondent peut-être et forment en tout cas le contexte de la discussion. Ce contexte, contrairement à une discussion orale, est ici totalement explicite et organisé... Les hypertextes d'aide à l'intelligence coopérative assurent la mise en scène du réseau des questions, des positions et des arguments... Le débat se ramène à la construction progressive d'un réseau argumentaire et documentaire toujours présent aux yeux de la communauté, maniable à tout instant... Une sorte de lente écriture collective désynchronisée, dédramatisée, éclatée, comme croissant d'elle-même suivant une multitude de lignes parallèles et pourtant toujours disponible, ordonnée, objectivée sur l'écran... Une fois les discussions analysées en dizaines de questions et de positions, on peut descendre encore plus bas dans la microstructure de la conversation. Le logiciel Euclia permet de représenter chaque argument comme un réseau de propositions étayées par des entités (preuve, analogies, hypothèses de départ) qui sont elles-mêmes des arguments, jusqu'à que l'on arrive aux hypothèses ou aux faits ultimes. Euclid propose à ses utilisateurs un certain nombre de schémas d'arguments pré-construits (comme l'argument par analogie, ou a fortiori, ou celui qui consiste à invalider les prémisses de l'adversaire). Il propose aussi des outils de visualisation de la structure logique du discours. (1)
- Une fois décolorées et aplaties les singulières et mouvantes entités du concret, lorsque la lave épaisse du devenir a été projetée sur les quelques états possibles d'un système simple et maniable, alors, notre conscience myope, débile, au lieu de se perdre dansles choses, peut enfin dominer, mais ce ne sera que sur ces ombres minuscules que sont les signes... La réduction de devenirs insaisissables à l'état de petits signes permanents et maniables, qui pourront donc être l'objet d'opérations inédites (1)
- Les signes (1)
- Le langage (16)
- Les modes de connaissance inédits qui émergent de l'utilisation des nouvelles technologies intellectuelles à support informatique (1)
- La connaissance (26)
- L'écriture, en séparant les messages des situations où s'utilisent et se produisent les discours, suscite l'ambition théorique et les prétentions à l'universalité (1)
- L'écriture (8)
- L'ambition théorique (1)
- L'ambition (17)
- L'écriture est une manière d'étendre indéfiniment la mémoire de travail biologique. (1)
- L'écriture (8)
- Les technologies intellectuelles tiennent lieu d'auxiliaires cognitifs des processus contrôlés, ceux qui mettent en jeu l'attention consciente et disposent de si peu de ressources dans le système cognitif humain. (1)
- La prose écrite n'est pas un simple moyen d'expression de la philosophie, des sciences, de l'histoire ou du droit. Elle les constitue. Or la prose, détrônée par les formes de représentation que porte l'informatique, pourrait acquérir bientôt la même saveur désuète de beauté gratuite et d'inutilité que la poésie aujourd'hui. Le déclin e la prose annoncerait celui du rapport au savoir qu'elle conditionne, et la connaissance rationnelle basculerait vers une figure anthropologique encore inconnue. (1)
- Leibnitz, théoricien de la catalographie (1)
- La nouvelle écriture hypertextuelle ou multimédia sera certainement plus proche du montage d'un spectacle que de la rédaction classique, où l'auteur ne se souciait que de la cohérence d'un texte linéaire et statique. (1)
- Inventer de nouvelles structures discursives, découvrir des rhétiriques encore inconnues ..., du texte à géométrie variable... (1)
- Passage du concept de vérité à celui de pertinence. (1)
- Constituer une classe revient à tracer des limites. Or, aucune frontière ne va de soi. Il y a sans doute des grandients et des discontinuités dans le monde, mais le strict découpage d'un ensemble suppose la sélection d'un ou plusieurs critères pour séparer l'extérieur de l'intérieur. Le choix de ces critères est forcément conventionnel, historique, circonstanciel. Où commencent l'Allemagne, la couleur bleue, l'intelligence ? La plupart du temps, répétons le, les concepts et les classes d'équivalence permettant de reconnaître des analogies et de sidentités sont tracés par la culture. Mais des groupes ou même des individus peuvent, non sans difficulté, remettre en question une partie de ces délimitations conceptuelles. (1)
- Les dispositifs matériels sont des formes de mémoires. Intelligence, concepts et même visions du monde ne sont pas seulement gelés dans les langues, ils sont aussi cristallisés dans les instruments de travail, les machines, les méthodes (1)
- La raison ne serait pas un attribut essentiel et immuable de l'âme humaine, mais un effet écologique, reposant sur l'usage de technologies intellectuelles variables dans l'espace et historiquement datées. (1)
- Les limites de la raison (129)
- Les créations de nouveaux modes de représentation et de manipulation de l'information marque des étapes importantes dans l'aventure intellectuelle de l'humanité. (1)
- Nous articulons aux appareils spécialisés de notre système nerveux des dispositifs de représentation et de traitement de l'information qui leur sont extérieurs. Nous construisons des automatismes (comme celui de la lecture) qui soudent très étroitement les modules biologiques et les technologies intellectuelles... Dès sa naissance, le petit humain pensant se constitue au moyen de langues, de machines, de systèmes de représentations qui vont structurer son expérience. (1)
- Un grand nombre de modules du système cognitif sont "encapsulés", automatiques et très rapides. Cela signifie, entre autre, qu'ils échappent à la conscience (1)
- Les limites de la raison (129)
- "Que pensez-vous en restant immobile, assis sur le sol ?" Le maître dit : "Je pense la non-pensée." Le moine demanda : "Comment peut-on penser la non-pensée ?" Le maître dit : "Par ce qui n'est pas de l'ordre de la pensée." (2)
- L'esprit (8)
- La conscience (16)
- L'esprit est majoritairement inconscient, machinal, fait de pièces et de morceaux. L'ignorance mutuelle de ces parties assure la rapidité et l'indépendance de certains traitements (1)
- Le tout et les parties (17)
- L'esprit (8)
- Les limites de la raison (129)
- La conscience (16)
- La majeure partie du fonctionnement de notre esprit échappe à notre contrôle volontaire. (1)
- L'esprit (8)
- Les limites de la raison (129)
- La conscience (16)
- La linéarité et le sentiment d'unité ne valent qu'à une échelle moyenne d'introspection. Au niveau neuronal, le fonctionnement parallèle, la multiplicité des entités en interaction, et donc l'inconscience, sont au contraire des traits déterminant. Ni la conscience, ni l'unité substantielle, ni le fonctionnement séquentiel ne sont indispensables à la pensée (1)
- La conscience (16)
- La conscience fonctionne précisément en s'érigeant comme centre causal et source de représentation. En proclamant "Je sais, je pense, je veux etc.", elle s'approprie et s'attribue ce qui, en toute rigueur, n'appartient qu'à un agencement infiniment complexe dépassant les limites de l'individu (1)
- Les limites de la raison (129)
- La conscience (16)
- Le paysage (29)
- L'ordinateur ou bien encore l'arrangement formé par le papier, le crayon et l'alphabet forment des micro-modules relativement cohérents qui viennent s'ajouter comme des noeuds supplémentaires à de nombreux autres noeuds semi-indépendants d'un réseau cognitif à la fois personnel et transpersonnel. (1)
- Comment délimiter nettement la pensée de ce dont elle vit et qui s'étend dans toutes les directions, sans limites précises ? Comment séparer l'intelligence du réseau organique, objectif, social, auquel elle tient ? (1)
- La conscience (16)
- Le paysage (29)
- Certes, la personne pense, mais parce qu'un méga-réesau cosmopolite pense en elle, villes et neurones, école publique et neurotransmetteurs, systèmes de signes et réflexes. En cessant de maintenir la conscience individuelle au centre, on découvre un nouveau paysage cognitif, plus complexe, plus riche. (1)
- La conscience (16)
- Les limites de la raison (129)
- Le paysage (29)
- Traduire d'anciens savoirs dans de nouvelles technologies intellectuelles revient à produire de nouveaux savoirs (1)
- La connaissance (26)
- L'ensemble des messages et des représentations circulant dans une société peut être considéré comme un grand hypertexte mouvant, labyrinthique, aux cent formats, aux mille voies et canaux. (1)
- L'état des techniques influe effectivement sur la topologie du méga-réseau cognitif, sur les types d'opérations qui s'y déploient, les vitesses de transformation et de circulation des représentations qui rythment sa métamorphose perpétuelle... Une certaine configuration de technologies intellectuelles à un moment donné ouvre un certain champ de possibles à une culture... La signification et le rôle d'une configuration technique à un moment donné ne peuvent se séparer du projet qui l'anime, ou peut-être des projets concurrents qui se la disputent et la tiraillent en tous sens. (1)
- L'encyclopédisme (160)
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La société des idéologues (page wikipedia)
Commentaire : Les idéologues voulaient créer une science des idées
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Livre : La pensée sauvage, de Claude Lévi-Strauss
Commentaire : Une assez courte notice sur ce livre qui a eu une influence majeure en anthropologie
- En nous présentant des systèmes de classification totémique dont l'existence est incontestablement archaïque, ce livre nous prouve que le désir de classification du vivant et plus généralement de tout ce qui constitue l'univers des hommes (jusqu'aux concepts), ne correspond pas à une capacité des civilisations antiques (par exemple les systèmes de mémorisation de Cicéron), ou même modernes (systématique de Carl von Linné, combinatoire de Gottfried Wilhelm Leibniz, ou encore travaux de Francis Bacon), mais qu'il existe sans aucun doute chez les peuples de tous continents des systèmes évolués de classification et de combinaisons. (1)
- La classification (1)
- La connaissance (26)
- L'anthropologue brésilien Eduardo Viveiros de Castro estime qu'"en forgeant le concept fondamental de"pensée sauvage", [Lévi-Strauss] a montré que science, philosophie, art, religion, mythologie, magie, etc. se déploient en réalité sur un même axe, celui de la connaissance humaine" (1)
- La connaissance (26)
- Le concept de pensée sauvage (Lévi-Strauss) (1)
- Ce sont justement les classifications ou modes de connaissances alternatifs (pour nous) dont parle Lévi-Strauss qui sont intéressants. Voir entre autres le livre de Philippe Descola Les formes du visible, une anthropologie de la figuration (JG)
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Le film "Pas son genre"
Commentaire : Un film d'amour sur l'amour de la sagesse. L'histoire de la rencontre d'un professeur de philosophie et d'une coiffeuse.
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Quand l'acte de catégorisation devient dynamique, le reflet (évolutif) d'une pensée. Quand l'acte catégoriser est lui-même fluant
Le rapport à Lascaux comme hypothèse : tentons de regarder en quoi, d'aujourd'hui à Lascaux, rien n'a vraiment changé.
(SyletJu)
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Quand l'acte de catégorisation devient dynamique, le reflet (évolutif) d'une pensée. Quand l'acte catégoriser est lui-même fluant
- « Il n'est permis d'affirmer qu'en géométrie. »
- « Tu sais, penser est la deuxième plus belle chose du monde. La plus belle est la poésie. S'il existait une pensée poétique et une poésie pensante, ce serait le paradis »
- « Ceux qui, une fois dans leur vie, ont trouvé un ton nouveau, une nouvelle manière de regarder, une autre façon de faire, ceux-là, je crois, n'éprouveront jamais le besoin de se lamenter que le monde e »
- « Rendre l'intangible tangible, sensuel, est l'un des plus grands services que l'on puisse rendre à la famille humaine et à l'économie de la connaissance. »
- « La sagesse est à la connaissance ce que le diamant est au graphite. »
- « La donnée n'est pas de l'information, l'information n'est pas de la connaissance, la connaissance n'est pas de la compréhension, la compréhension n'est pas de la sagesse. »
- « Le seul monde qui puisse satisfaire le désir d'infinité de l'homme, c'est celui de la connaissance, de la compréhension et de la sagesse. »
- « La connaissance est partout... Nous sommes tous chercheurs. »
- « La connaissance se comporte comme une collection et, plus précisément, comme une collection d'organismes interféconds, ce qui est encore plus intéressant. »
- « Les anciens sages nous recommandent de ne pas papillonner de source en source, de mirage en mirage, mais de creuser notre puits avec patience et persévérance. »
- « Celui qui creuse un puits jusqu'à 72 pieds et ne va pas jusqu'à la source, il est comme s'il n'avait jamais travaillé. »