La peinture de Nicolas Poussin
"J'ai éprouvé des sentiments mêlés en visitant l'admirable exposition de Poussin, au Grand Palais, en 1994. Sans doute aurait-il fallu contempler chaque tableau après avoir lu la description dans le catalogue pour comprendre la scène représentée, tirée de la mythologie ou de la Bible. Il y a une musique à programme ; c'est là, dans une certaine mesure, une peinture à programme. Pour la goûter, il n'est pas inutile d'en bien connaître le sujet. L'on s'attend aussi, d'un tableau à l'autre, à retrouver le manteau d'un rouge éclatant que porte l'un des personnages ou la toge d'un bleu qui n'est qu'à Poussin. La tragédie classique imposait à l'écrivain des contraintes : un décor unique, la salle du palais où tout le monde se croise, une exposition, des confidents, les cinq actes... La peinture de Poussin évoque irrésistiblement la tragédie classique ; les personnages dessinés d'après les modèles fabriqués par le peintre, en cire ou en plâtre, qu'il plaçait dans une boîte formant une scène, et qui devait servir pour plusieurs tableaux, jouent devant nous un drame. Chez lui comme chez Racine, l'alexandrin triomphe.", Michel Mohrt, Les dimanches de Venise
-
Image : La Sainte Famille à l'escalier, Nicolas Poussin (1648)
- L'équilibre entre l'ombre et la lumière...
- Image : Moïse adoucissant les eaux de Marah, Nicolas Poussin (1629-1630)