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Livre : Eloge de rien
by Judo73 — Littérature
JACNO - RECTANGLE
by supertramp — Musique
La chanson "Tango bleu" par Patrice et Mario
by Judo73 — Musique
Jean-Louis Murat - Mustang
by Judo73 — Musique
Jean-Louis Murat - Nu dans la crevasse
by Judo73 — Musique
Jean-Louis Murat chante "Bang bang"
by Judo73 — Musique
Citations (en anglais) de Lin Yutang
by Judo73 — Littérature
Tanguy et Laverdure
by monadologos — Cinéma
Eloge du non savoir - François Roustang, thérapeute et philosophe
by Judo73 — Philosophie
Enrico Macias : Tango : l'amour c'est pour rien
by monje — Musique
Quotations (11)
- « The scamp [...] will be the champion of human dignity and individual freedom, and will be the last to be conquered. All modern civilization depends entirely upon him. »
- « I am doing my best to glorify the scamp or vagabond. I hope I shall succeed. For things are not so simple as they sometimes seem. In this present age of threats to democracy and individual liberty, probably only the scamp and the spirit of the scamp alone will save us from being lost in serially numbered units in the masses of disciplined, obedient, regimented and uniformed coolies. »
- « Our task is not so much discovery as re-discovery. What one needs is not so much thinking as remembering. Sometimes it suffices to sit quietly and listen well, when venerable men have thought before us. Constant forgettings of truths once perceived are the very charm of the human mind; the history of human thought is nothing more than the story of these forgettings and rememberings and forgettings again. »
- « All women's dresses, in every age and country, are merely variations on the eternal struggle between the admitted desire to dress and the unadmitted desire to undress. »
- « Besides the noble art of getting things done, there is the noble art of leaving things undone. The wisdom of life consists in the elimination of non-essentials. »
- « Les robes des femmes, de tout âge et de tout pays, sont une simple variante de l'éternel lutte entre le désir reconnu de s'habiller et le désir caché de se déshabiller. »
- « A côté du noble art de faire faire les choses par les autres, il y a celui, non moins noble, de les laisser se faire toutes seules. »
- « Où il y a un étang, il y a des grenouilles. »
- « Rendre l'intangible tangible, sensuel, est l'un des plus grands services que l'on puisse rendre à la famille humaine et à l'économie de la connaissance. »
- « Cherche la vérité dans la méditation et non continuellement dans les livres moisis. Celui qui veut voir la lune regarde le ciel et non l'étang. »
Categories (3)
Statements (5)
- L'intangible
- Je m'étais mis à choyer immodérément les mots pour l'espace qu'ils admettent autour d'eux, pour leurs tangences avec d'autres mots innombrables que je ne prononçais pas
- On n'arrête pas de trouver des possibilités techniques qui n'étaient pas envisagées dans la recherche initiale et qui produisent à leur tour des normes sociales. Quelque chose "prend la tangente", et les hommes se trouvent piégés par les techniques qu'ils ont créées.
- Dans Walden, Thoreau décrit l'esthétique des paysages entourant sa cabane (chapitre IV : Bruits). Il énumère aussi les sons audibles depuis sa cabane : les cloches de l'église, le meuglement des vaches, le chant du whip-poor-will, le hululement des hiboux, le coassement des grenouilles et le chant des coqs. Par ailleurs, il écrit ses observations sur la géographie de l'étang de Walden et ses voisins : l'étang de Flint (ou Sandy Pond), White Pond, et Goose Pond
- Walden passe par la redécouverte des mots précis, des étymologies et des échos stylistiques (prosonomasie) entre les mots. « Les dénombrements sans fin des mots de Walden font [ainsi] partie de son entreprise de sauvetage du langage. » Thoreau rêve d'une « parole-écriture végétale qui ne serait lue ou entendue que par les oiseaux ou les anges ». Le secret de cette langue est possédé par les animaux du bois et par l'étang de Walden et « tout le livre parle du recouvrement prestigieux et possible d'une langue adamique, celle d'une profération poétique où les mots seraient adéquats aux choses. Il s'ensuit que l'animal, de par le fait qu'il est plus proche de la nature, détiendrait le secret de ce babil ancien et mimologique parlé à l'aube des temps. » Il existe donc deux langages : l'un maternel et l'autre paternel ; l'homme doit réapprendre à les parler. Proche de ce que sera plus tard la philosophie de Wittgenstein, Thoreau fait de Walden « une éducation à l'âge adulte pour redonner sens aux mots » ; Walden est ainsi « une entreprise de réappropriation du langage, exactement comme le Tractatus-philosophicus, une entreprise de réhabilitation du langage par le silence. » Plusieurs fois dans le roman, Thoreau écoute les cris animaux, ses « voisins inférieurs », et dont la langue est assimilée aux poèmes humains. Il les imite et tente d'en cerner la signification en laissant libre cours aux associations d'idées. Ses onomatopées et calembours sont la clé de cette langue adamique par laquelle Thoreau souhaite s'affranchir de la littérarité. Par ce travail du sonore, Thoreau entend établir « un protocole de lecture qui a pour fonction d'initier les lecteurs au plaisir du bruit ». La rencontre avec l'écho donne le départ du nouveau langage du narrateur, celui de l'harmonie imitative. Ce dernier lui permet de décrire la nature en donnant à chaque élément de celle-ci un son particulier, en accord avec son essence. Il s'agit d'une initiation car le processus d'acquisition linguistique est progressif. La nature s'humanise et « le meuglement lointain de quelques vaches » semble celui de « certains ménestrels », de même « les whippoorwills chantaient leurs vêpres ». Viennent ensuite les oiseaux qui laissent la place aux chats-huants, comparables à des « pleureuses ». Les animaux semblent articuler de plus en plus leurs langages, et, ce faisant, un sens se forme. Ils ne ressemblent plus à des hommes mais à des poètes : les chats-huants ont ainsi un « cri lugubre véritablement ben-jonsonien », en référence au poète Ben Jonson, contemporain de Shakespeare. En somme, Walden est « la manifestation suprême de cette conscience linguistique exigeante » de Thoreau.