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Charles Baudelaire - L'étranger
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Quotations (10)
- « L'étranger est notre frère ; l'homme qui vient de bien loin est notre parent. »
- « Tous les étrangers seraient bien mieux dans leurs pays... La preuve : nous on y va bien en vacances ! »
- « Qui ne connaît pas de langues étrangères ne connaît pas la sienne. »
- « Le regard est un magicien naturel. Les communications mystérieuses qui s'établissent d'une maison à l'autre entre deux personnes étrangères, dépassent tout ce qu'on peut imaginer de prodigieux. La communication par le regard est le plus souvent indépendante de la volonté. C'est le symbole réel des affinités de nature. Nous cherchons dans les yeux d'un autre s'il n'est pas un autre nous-même ; l'oeil ne ment pas ; il est le traducteur véridique de la pensée intime. »
- « Un ambassadeur est un honnête homme que l'on envoie mentir à l'étranger pour le bien de son pays. »
- « Si l'on en fait un absolu, l'égalité est une absurdité puisqu'elle est radicalement étrangère à la nature. »
- « Nous offrons tellement de résistance dans la rencontre avec l'étranger. »
- « Une étrangère qui parle français, c'est toujours joli. »
- « Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère. »
- « Qu'il est aisé d'écarter et d'effacer toute représentation ou importune ou étrangère et de recouvrer aussitôt un calme parfait ! »
Categories (2)
Statements (7)
- L'étranger
- Echanger avec toi... "cet étranger"
- J'ai atterri, pour travailler, dans une grande cité. Où on pouvait me considérer comme un étranger
- - Eh ! Qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ? - J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !
- (A propos de l'Académie française) On ne peut accuser Richelieu d'avoir en vue le durcissement de quelque ciment culturel, puisqu'il choisit le mot "académie" en 1635, mais "les lynx" italiens et la "florimontane" de François de Sales, qui fonctionna trois ans avec succès à Annecy, ne durent pas être étrangers à son choix.
- Un vieil homme est assis à l'entrée d'une ville. Un étranger s'approche et lui demande : "Je ne suis jamais venu dans cette cité ; comment sont les gens qui vivent ici ? Le vieil homme lui répond par une question :" Comment étaient les habitants de la ville d'où tu viens ? Egoistes et méchants. C'est la raison pour laquelle je suis parti, dit l'étranger. Le vieil homme répond : "Tu trouveras les mêmes ici." Un peu plus tard, un autre étranger s'approche et demande au vieil homme : "Je viens d'arriver ; dis moi comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?" Le vieil homme répond : Dis-moi mon ami, comment étaient les gens dans la ville d'où tu viens ? Ils étaient bons et acceillants ; j'y avais de nombreux amis. J'ai eu de la peine à le quitter. Tu trouveras les mêmes ici, répond le vieil homme. Comment le vieillard peut-il donner deux réponses opposées à la même question ? Parce que chacun porte son univers dans son coeur.
- [...] la Nature se presse de rendre compte d'elle-même à l'esprit. La classification commence. Pour le jeune esprit, chaque chose est distincte, se suffit à elle-même. Bientôt il découvre comment relier deux choses et voit en elles une seule nature ; puis trois, puis trois mille ; et ainsi, tyrannisé par son propre instinct unificateur, il continue de lier les choses, réduisant les anomalies, découvrant que sous le sol courent des racines qui unissent les choses contraires et éloignées pour les faire fleurir sur une même tige. Il apprend alors que, depuis l'aube de l'histoire, il y a accumulation et classification constantes de faits. Mais qu'est-ce que classifier, sinon percevoir que ces objets ne sont pas chaotiques, ne sont pas étrangers, mais ont une loi qui est aussi la loi de l'intelligence humaine ? L'astronome découvre que la géométrie, pure abstraction de cette intelligence, est la mesure du mouvement des planètes. Le chimiste trouve des proportions et une méthode intelligible dans toute la matière ; la science n'est rien d'autre que la découverte de ce qui est analogue, identique, dans les parties les plus éloignées. L'âme ambitieuse s'assied devant chaque fait réfractaire; elle ramène l'un après l'autre, à leur classe et à leur loi, tous les nouveaux pouvoirs, toutes les constitutions étrangères, et continue toujours afin d'animer, pénétrante, la dernière fibre de l'organisation, les limites de la nature. Ainsi lui est-il suggéré, à cet écolier qui se tient sous le dôme arqué du jour, que lui et cela sont issus d'une même racine ; l'un est feuille et l'autre, fleur; relation, sympathie courent dans chaque veine. Et qu'est cette racine ? N'est-elle pas l'âme de son âme ?