Skip to content
Search
Statements (41)
-
C'est à nous de discerner quelles sont les bonnes et mauvaises actions suivant les relations circonstancielles de chaque moment
-
Devant un ciel ou un paysage comme ça, il est impossible de ne pas voir Dieu, de ne pas le sentir, de n'avoir pas envie de lui parler.
-
M'étendant de tout mon long dans le bateau, les yeux tournés vers le ciel, je me laissais aller et dériver lentement au gré de l'eau quelquefois plusieurs heures.
-
Avec la pleine conscience, nous pouvons toucher le ciel bleu, la lumière du matin, l'air pur, les cours d'eau, les arbres, les oiseaux. Ces choses sont disponibles dans le moment présent.
-
Tout comme les peintres ont inventé l'art abstrait pour contrer l'arrivée de la photographie, l'avènement de l'intelligence artificielle pourrait s'accompagner d'une réactivation de la vie de l'esprit.
-
Une mère sermonne son garçon : "Ecoute, si tu es sage, tu iras au ciel, et si tu n'es pas sage, tu iras en enfer.
Le garçon réfléchit quelques secondes :
" Et qu'est-ce que je dois faire pour aller au cirque ?
-
La langue japonaise omet volontiers, lorsqu'ils sont évidents aux locuteurs, le sujet et les compléments de toutes sortes (compléments d'objet direct, second ou indirect, complément circonstanciels de lieu ou de temps etc.)
-
Le "chêne bourru", aux branches couvertes de bourre : "étêté de jeunesse par quelque accident", il a "poussé en épaisseur ; son feuillage, tout desséché par l'hiver, tenait encore dru, et il paraissait monter dans le ciel comme une roche"
-
Savoir se connecter à la nature est une force, un autre versant de l'amour. Se tenir face au ciel, devant l'océan, en montagne, en forêt, en contemplation, devant les étoiles, un oiseau ou une abeille dans un jardin : autant d'instants irremplaçables
-
Il y a trois types de rites :
- ceux liés à la naissance et à la mort (ordre passager des choses)
- ceux dédiés à la terre et au ciel (la dignité du haut est exaltée, la force vitale et nutritive du bas est reconnue.)
- le culte des ancêtres (inscrit l'homme dans une descendance, dans une histoire)
-
Pour les chinois, cette idée de la maîtrise dans les deux domaines est un idéal de vie, auquel chacun de nous devrait aspirer : dans le ciel, notre idéalisme peut déployer ses ailes et voler librement, affranchi de toutes rêgles et de tous obstacles, et dans le monde réel, il faut savoir garder les pieds sur terre. Les gens ambitieux et dépourvus de réalisme sont des rêveurs, et non des idéalistes ; ceux qui n'ont que la matière et point d'idéalisme sont de besogneux tâcherons, et non des réalistes.
-
On compte accumulés au fil des siècles dans des almanach poétiques(saïjiki) quelques milliers d'expressions ou de mots-saison, à partir desquels les haikistes façonnent leurs poèmes. Ces recueils, ces glossaires répertorient scrupuleusement tous les mots exprimant l'essence - le "parfum" - de la saison et els classent selon plusieurs catégories évocatrices : les moments de la saison, les phénomènes du ciel, le paysage, les activités humaines, la faune et la flore. Volonté d'ordonnancement du monde, souci d'exactitude esthétique, qui apparaissent comme une constante spécifique, intime du génie japonais.
-
Constituer une classe revient à tracer des limites. Or, aucune frontière ne va de soi. Il y a sans doute des grandients et des discontinuités dans le monde, mais le strict découpage d'un ensemble suppose la sélection d'un ou plusieurs critères pour séparer l'extérieur de l'intérieur. Le choix de ces critères est forcément conventionnel, historique, circonstanciel. Où commencent l'Allemagne, la couleur bleue, l'intelligence ? La plupart du temps, répétons le, les concepts et les classes d'équivalence permettant de reconnaître des analogies et de sidentités sont tracés par la culture. Mais des groupes ou même des individus peuvent, non sans difficulté, remettre en question une partie de ces délimitations conceptuelles.
-
Des armes, des chouettes, des brillantes, Des qu'il faut caresser souvent pour le plaisir Et qu'il faut nettoyer comme pour le plaisir L'autre, celui qui fait rêver les communiantes Des armes bleues comme la terre, Des qu'il faut se garder au chaud au fond de l'âme, Dans les yeux, dans le coeur, dans les bras d'une femme, Qu'on garde au fond de soi comme on garde un mystère Des armes au secret des jours, Sous l'herbe, dans le ciel, et puis dans l'écriture, Des qui vous font rêver très tard dans les lectures, Et qui mettent la poésie dans les discours. Des armes, des armes, des armes, Et des poètes de service à la gâchette Pour mettre le feu aux dernières cigarettes Au bout d'un vers français brillant comme une larme.
-
On tombe amoureux d'une moto, d'une voiture ou d'une maison, on se passionne pour un ordinateur, un logiciel ou un langage de programmation... L'informatique n'intervient pas seulement sur l'écologie cognitive mais encore sur les processus de subjectivation individuels et collectifs... Il y a toute une dimension esthétique ou artistique de la conception des machines ou des logiciels, celle qui suscite l'engagement émotionnel, stimule le désir dexplorer de nouveaux territoires existentiels et cognitifs, branche l'ordinateur sur des mouvements culturels, sur des révoltes, des rêves. Les grands acteurs de l'histoire de l'informatique, comme Alan Turing, Douglas Engelbart ou Steve Jobs, ont perçu l'ordinateur autrement que comme un automate fonctionnel. Ils ont joué et vécu sur sa dimension subjective, merveilleuse et prophéétique
-
La recherche au niveau de l'intelligence collective à support numérique a pris historiquement deux directions concurrentes : les modèles neuronaux (Chat GPT...), et les modèles symboliques (shema.org, wikidata, cidoc crm pour les musées...). Le développement des systèmes symboliques demande de la main d'oeuvre experte (il faut les faire à la main), de l'argent et du temps,
pèche au niveau de l'interopérabilité entre systèmes. Les modèles neuronaux parce que probabilistes (paterns...) génèrent des erreurs, sont opaques.
Les modèles d'intelligence artificielle symboliques sont des systèmes de classifications avec des relations entre les classes (étiquettes, tags, ontologies, knowledge graphs...). C'est un système d'organisation des données qui va favoriser leur exploration, leur restitution quand on en a besoin et le raisonnement automatique..
-
Il y a deux grands types de structures mentales : d'une part les connaissances et croyances, d'autrepart les représentations. Les connaissances et croyances sont stables, peristentes et à long terme. Le savoir que nous avons accumulé depuis notre enfance est organisé en modèles et en catégories. Plus résistantes au temps que le savoir, nos croyances, nos convictions, influencent en profondeur notre manière de penser. Les représentations, quant à elles, sont éphémères. A peine construites, elles disparaissent. Ce sont des montages de l'instant, occasionnels, particuliers et circonstanciels. L'esprit met en scène ce qu'il voit et entend, il se fait une opinion. Par exemple, s'il voit une collision de voitures, il se fait une opinion sur la responsabilité des personnes impliquées. L'esprit se construit une représentation cohérente de ce qu'il voit.
-
Les collecticiels [...] aident chaque interlocuteur à se repérer dans la structure logique de la discussion en cours en lui fournissant une représentation graphique du réseau d'arguments. Il permet également la liaison effective de chaque argument avec les documents auxquels il se réfère, qui le fondent peut-être et forment en tout cas le contexte de la discussion. Ce contexte, contrairement à une discussion orale, est ici totalement explicite et organisé... Les hypertextes d'aide à l'intelligence coopérative assurent la mise en scène du réseau des questions, des positions et des arguments... Le débat se ramène à la construction progressive d'un réseau argumentaire et documentaire toujours présent aux yeux de la communauté, maniable à tout instant... Une sorte de lente écriture collective désynchronisée, dédramatisée, éclatée, comme croissant d'elle-même suivant une multitude de lignes parallèles et pourtant toujours disponible, ordonnée, objectivée sur l'écran... Une fois les discussions analysées en dizaines de questions et de positions, on peut descendre encore plus bas dans la microstructure de la conversation. Le logiciel Euclia permet de représenter chaque argument comme un réseau de propositions étayées par des entités (preuve, analogies, hypothèses de départ) qui sont elles-mêmes des arguments, jusqu'à que l'on arrive aux hypothèses ou aux faits ultimes. Euclid propose à ses utilisateurs un certain nombre de schémas d'arguments pré-construits (comme l'argument par analogie, ou a fortiori, ou celui qui consiste à invalider les prémisses de l'adversaire). Il propose aussi des outils de visualisation de la structure logique du discours.
-
Il était une fois trois petits mulots qui s'affairaient dans les champs en prévisoin de l'hiver. Le premier cherchait frénétiquement des provisions et transportait toutes sortes de graines dans son trou. Le deuxième battait la campagne, en quête de tout ce qui pourrait lui permettre de se protéger du froid, et il remplissait le terrier de paille, de foin et de duvet. Et le troisième mulot ? Lui se promenait de-ci de-là en regardant le ciel, goûtant au spectacle de la nature, quand il ne s'allongeait pas pour se reposer un moment. Ses deux laborieux compagnons le houspillaient en partant au travail et lui disaient : "Quel paresseux tu fais ! Si tu ne prépares pas l'hiver, comment feras-tu quand la bise sera venue ?" Mais le troisième mulot n'essayait même pas de se justifier. Quand l'hiver arriva, les trois mulots s'abritèrent dans leur tanière encombrée de provisions. Ils ne manquaient ni de vivres ni de literie douillette, mais ils n'avaient rien à faire de toute la journée. Peu à peu, l'ennui s'installa, et ils ne savaient comment passer le temps. Alors le troisième mulot commença à raconter des histoires à ses deux compagnons : il leur parla de l'enfant qu'il avait vu au bord du champ un après-midi d'automne, d'un homme qu'il avait observé près de la mare un matin d'été. Il leur rapporta des conversations qu'il avait eues avec d'autres mulots du champ voisin ; il leur chanta la chanson d'un oiseau qu'il avait vu au printemps. C'est à se moment-là que les deux mulots travailleurs comprirent que pendant toute la belle saison leur compagnon avait recueilli des rayons de soleil pour les aider à passer agréablement l'hiver. (Le bonheur selon Confucius, Yu Dan)
-
La graphie japonaise - alliant idéogrammes et syllabaire phonétique - favorise l'extrême densité du haiku. Là où l'écriture littéraire de l'Occident semble donner d'emblée un socle cartésien à la description de la réalité, la figure fulgurante de l'idéogramme se prête plus facilement à "l'expression de l'inexprimable", à la transmission d'un espace que ne saurait saisir la seule pensée discursive.
En outre, la structure même de la langue favorise l'ambiguïté. Le japonais offre un vocabulaire des plus riches, à la fois flou et extrêmement nuancé. Il décline le monde avec autant de subtilité que le français - mais sur un mode plus énigmatique. Ici, un vocable recouvre souvent un éventail de notions que d'autres mots traversent. Incertaine, la frontière délimitant les territoires de sens dévoile tout un champ d'associations. Ambiguïté permanente qui déploie l'étendue de ses facettes dans le haiku, jusqu'à en faire parfois un véritable "langage crépusculaire", lequel n'est pas sans évoquer le sandhya-bhasa ("langue du paradoxe") chère au bouddhisme médiéval indien : les mots sont alors détournés de leur rôle en vue de dire un au-delà (ou un en-deça) d'eux-mêmes, de cerner une conscience globale antérieure à toute conceptualisation, y compris celle du langage.
Au delà du clair de lune
je laisse ma barque
pour entrer dans le ciel
(Koda Rohan)
La grammaire particulière du haiku nourrit encore d'autres ambivalences. Ainsi, le "collage" de plusieurs idéogrammes - dont la fonction grammaticale reste "flottante" - ouvre la porte à plusieurs sens, révélant du même coup une palette d'interprétations. Les sens se chevauchent, se complètent, se démultiplient - trivial et spirituel s'entrecroisent. Le flou sémantique accroit l'exactitude poétique.
Un seul et même mot, uta, désigne en japonais la poésie et le chant. Et c'est à voix haute, comme un chant, que le haiku se lit.