Les limites de la raison
Raison - Etymologie : vient du Latin Ratio : "Calcul, compte" et par extension "faculté de calculer, de raisonner", et "explication, théorie", employé pour traduire le grec logos (à la fois "raison" et "langage"). A la différence de logos, ratio évoque d'abord le calcul, il vient du verbe reor : "calculer".
Pensée discursive, intelligence, sens, sagesse, vérité...
Il y a plusieurs manières de raisonner : par induction, par analogie...
De la glorification à la malédiction, en passant par l'indifférence ou l'instrumentalisation, chaque société fait un sort à la raison. Elle a ses héros et ses adversaires (Kierkegaard, Luther), voire ses héros-adversaires (Pascal).
La Révolution voua un culte à la raison. La déesse Raison.
On oppose la raison à d'autres moyens de connaissance : l'instinct, la nature, l'irrationnel, le rêve, la folie, la foi, l'expérience, le sentiment, l'impulsion (surréalisme, Chine), la complexité, la richesse de la vie affective, du réel.
Hyperspéculation : raisonner à perte de vue, dans tous les sens du terme.
En même temps qu'elle en a traité le concept, la philosophie occidentale a fait et refait le tour de la raison, si bien que l'on pourrait faire l'hypothèse certes discutable selon laquelle presque tout ce qui peut être humainement pensé par la raison l'a été.
(JG)
Etudier les limites et la puissance de la raison doit être la tâche nouvelle de la philosophie, d'après Kant
- « Chut, je rêve. »
- « Nous souffrons par les rêves. Nous guérissons par les rêves. »
- « Trop penser fait rêver. »
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Connaître est agir - Un livre de Miguel Benasayag (et Angélique del Rey)
Comment : Il y est question de paysage, de mythe de l'individu, très intéressant. Découvrez ici son sommaire et son résumé.
- Une éducation et une culture centrées sur la méfiance envers les sens, et qui donnent une place privilégiée aux mécanismes de la conscience, finissent par produire aussi un refoulement de nos sensations, de nos connaissances (qui proviennent, nos pas de façon passive de nos sens, mais aussi de la réalité de notre corps, de notre propre vie), éblouis que nous sommes par les effets de la représentation symbolique (1)
- La conscience (16)
- Les sens (4)
- Pour reprendre une image de Heidegger, il existe une aube du déploiement de la pensée qui ne connaît pas encore le concept. Nous dirions plutôt : où elle n'a pas encore produit le concept. La pensée préexiste au concept, mais quand celui-ci émerge de la combinatoire symbolique, les instances préconceptuelles de la pensée ne disparaissent pas pour autant. Elles cohabitent. Le concept relève de l'émergence d'un niveau supérieur de l'être à travers lequel il se regarde et se pense lui-même. Il n'est en aucun cas la condition d'existence de l'être ni de ses différents modes unifiés - situations, paysages. Nous nous situons donc dans une perspective très éloignée de ceux qui croient qu'il n'existerait qu'une distribution dichotomique entre un magma informe, d'une part, et les concepts pour lui donner existence, de l'autre. (1)
- Avant le concept (1)
- Le concept (1)
- Nous ne pouvons prétendre à une maîtrise volontariste du monde (1)
- Une critique du rôle central de la conscience, ainsi que du désir de maîtrise qui l'accompagne (1)
- La conscience (16)
- Notre réalité est un ensemble beaucoup plus large que celui du vrai (2)
- La vérité (16)
- La conscience éblouit et finit par saturer les autres voies de connaissance et d'information qui proviennent du paysage et de l'organisme même. Etre trop centré sur l'activité de la conscience, c'est être très limité dans sa capacité d'agir et de connaître, au sens d'une connaissance qui s'enracine dans la perception. Le problème de la conscience est donc celui de la croyance que nos cultures lui vouent en tant que centre de nos êtres et garante de la pensée. (1)
- La non-pensée (15)
- Ceci me fait penser à l'idée de non-pensée telle que développée dans le Shobogenzo de Maître Dogen, plus particulièrement à ce passage : "Que pensez-vous en restant immobile, assis sur le sol ?" Le maître dit : "Je pense la non-pensée." Le moine demanda : "Comment peut-on penser la non-pensée ?" Le maître dit : "Par ce qui n'est pas de l'ordre de la pensée." (JG)
- La conscience (16)
- L'autre de la conscience n'est donc pas une instance irrationnelle quelconque, mais une expérience perceptive plus large, plus liée aux pratiques qu'à l'abstraction. (1)
- L'abstraction (5)
- La non-pensée (15)
- Le besoin de replacer les mécanismes conscients à leur véritable place. Quand je suis en train d'étudier, de jouer de la musique, de faire du sport, je peux être "conscients" de mes actes, mais dans tous les cas, ce ne sont pas là des activités qui dépendent, ou encore moins, surgissent de la conscience. (1)
- La non-pensée (15)
- La conscience (16)
- Les effets et activités de la conscience sont tout à fait lacunaire et discontinus, et le processus de pensée ne ressemble en rien à une sorte de longue phrase qui se déroulerait dans la tête de celui qui pense. Nous pensons et gaissons, au quotidien, dans ce mélange permanent qui saute d'un registre à l'autre, de la conscience vers des combinatoires autonomes (jouer de la musique, etc.). Par exemple, de la pensée consciente d'un problème, nous sautons vers des images non linguistiquement traduisibles, et, souvent, nous obtenons la solution de façon non exprimable : nous trouvons, et ce n'est qu'ensuite que nous devons faire le travail de formalisation de la trouvaille. C'est donc par une vue de l'esprit que l'on finit par croire que nous ne pouvons pas agir en dehors et au-delà des représentations conscientes, car la réalité des processus des organismes humains est très éloignée de ce récit. (1)
- La non-pensée (15)
- Quand je fais du sport, lorsque je marche etc, je change la vision que j'ai de ma vie, de mes projets... (JG)
- La conscience (16)
- « La seule vraie science est la connaissance des faits. »
- « Prise en trop grande quantité, la logique, comme le whisky, perd sa vertu bénéfique. »
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Image: La Tour de Babel, Pieter Brueghel
- L'échec de la rationalité face au divin (1)
- L'histoire se trouve dans le Livre de la Genèse, premier livre de la Bible, après le Déluge. L'Arche de Noé a sauvé les espèces vivantes de la planète. L'homme, poussé par son orgueil, reprend le cours de ses activités. À cette époque lointaine, tous les hommes parlent une seule et même langue. Animés par le projet de bâtir une grande tour qui atteindra le ciel, ils sont punis par le pouvoir divin. Pour compromettre le chantier, Dieu brouille le dialogue des hommes. Les hommes ne se comprennent plus : c'est l'origine des langues.
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Pourquoi la musique nous émeut elle..
Comment : 42 la réponse a presque tout
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Archive - Lights - Live at Athens
Comment : Majestic
- « La vie réelle se porte mieux si on lui donne ses justes vacances d'irréalité. »
- « [...] la raison ne pleure jamais, ce n'est pas son affaire, et les entrailles ne raisonnent pas, elles ne nous ont pas été données pour cela »
- « La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent. »
- « Il y a sans doute des lois naturelles, mais cette belle raison corrompue a tout corrompu. [...] Humiliez-vous, raison impuissante »
- « La raison n'aperçoit qu'elle-même dans les phénomènes »
- « La raison a cette destinée singulière, dans un genre de ses connaissances, d'être accablée de questions qu'elle ne saurait éviter, car elles lui sont imposées par sa nature même, mais auxquelles elle »
- « [deux] excès, exclure la raison, n'admettre que la raison. »
- « Raisonner est l'emploi de toute ma maison | Et le raisonnement en bannit la raison »
- « Rien n'est moins applicable à la vie qu'un raisonnement mathématique. Une proposition, en fait de chiffres, est décidément fausse ou vraie ; sous tous les autres rapports, le vrai se mêle au faux. »
- « La rasion agit avec lenteur, et avec tant de vues, sur tant de principes, lesquels il faut qu'ils soient toujours présents, qu'à toute heure elle s'assoupit ou s'égare, manque [faute] d'avoir tous ses »
- « Point de raison ! C'est la vraie religion, cela. Point de raison ! Que Dieu vous a fait, monseigneur, une belle grâce ! Estote sicut infantes : soyez comme des enfants. Les enfants ont encore leur inn »