Debout sur ce sol, détendre les orteils, lever la jambe, marcher. Personne n'attend. On est là. Lenteur des pas. Chaque pied recueille la douceur pénétrant entre les orteils. Mouvement apaisant. Encore.
Marcher sur la pointe des pieds. Un pas. Attendre.
Encore avancer. Progresser, les jambes tendues d'envie, les bras étirés vers le ciel, les doigts écartés, cherchant à l'agripper. Cheminer à petits pas vers un bord. Dans cette silhouette allongée en tangage, les lèvres façonnent un rictus. Les yeux percent un lointain. Ils maintiennent le cap.
LA PIERRE SOURIT
écoute ça éveille
ça sourit
écoute ça fatigue
écoute la pierre des sommeils
des sommeils qui obéissent
qui grossissent
sommeils de semblant
écoute mains qui jettent
mains qui accrochent
mains qui poussent
mains qui étouffent
écoute
la pierre sourit, la pierre s'oublie
la pierre réussit, elle s'embrasse
les couleurs s'enlacent
magie...
Je remercie Maryse Vallin pour m'avoir donné l'autorisation de reproduire ici deux poèmes extraits de ce livre (Julien Guerraz).
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