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- Sortir du cadre (1) Traiter
- Le cadre (7) Traiter
- Qui dit "penser" dit "cadre", l'un ne va pas sans l'autre. Il n'y a pas de réflexion sans contexte, on ne réfléchit jamais à partir de rien. Les idées nouvelles n'apparaissent qu'en s'appuyant sur une structure d'idées existantes : un cadre de pensée. Le cerveau ne fait jamais table rase. (1) Traiter
- Le contexte (1) Traiter
- Il y a deux formes de pensées : la déduction, qui part d'une hypothèse et se confronte à la réalité, et l'induction, qui à partir de l'expérience, conduit à des hypothèses. (1) Traiter
- La pensée (14) Traiter
- Il y a quatre grandes catégories de cadres. Les connaissances et les croyances sont des modèles mentaux qui tendent à être permanents, à l'inverse des représentations qui sont des constructions de l'instant, qui mettent en scène le moment présent pour lui donner un sens et disparaissent tout aussi vite. Les cadres de quatrième type conduisent aux trouvailles, et de provisoires, ils deviennent alors définitifs. (1) Traiter
- La catégorisation est une mise en cadre inévitable. Penser va de pair avec classer. (1) Traiter
- La catégorisation (32) Traiter
- Il existe trois types de trouvailles - la découverte, l'invention et la création, suivant que l'on trouve ce qui était, ce qui sera ou ce qui peut être. (1) Traiter
- Les cadres n'existent pas dans la réalité, mais ils sont indispensables pour l'appréhender. (1) Traiter
- Il y a des cadres de toutes les tailles. Le plus petit modèle est le concept (exemple : le restaurant). Ensuite vient le stéréotype qui est un jugement minimal. Par exemple : le climat de l'Islande est froid, les banques sont riches... A l'autre extrémité, il y a les paradigmes qui sont des cadres tellement grands qu'on n'en voit plus les contours, qu'on en oublie parfois l'existence. Par exemple : une Europe sans conflit armé. Entre les extrêmes, il existe de nombreux schémas, structures, matrices et autres grilles de lecture. (1) Traiter
- Les cadres sont des abstractions simplificatrices, des réductions incomplètes. (1) Traiter
- L'art de la créativité est celui de construire de nouveaux cadres de pensée qui permettront alors de nombreuses trouvailles. (1) Traiter
- Les idées (3) Traiter
- Pour pouvoir penser, il faut pouvoir oublier. Sans une prise de distance par rapport au monde, l'homme ne peut forger de concept, il ne peut penser au monde. S'il voit chacun des arbres, il ne peut voir la forêt. Pour pouvoir abstraire, il doit d'abord pouvoir s'extraire. Cet éloignement par rapport aux choses crée un espace où la réflexion peut se déployer. D'un côté il y a les objets, et de l'autre, il y a nous, les sujets, obligés de ^rendre de la hauteur. (1) Traiter
- Prendre de la hauteur (2) Traiter
- L'oubli (7) Traiter
- L'abstraction (5) Traiter
- Penser consiste à relier, à organiser, à connecter quelques données entre elles pour essayer de construire une structure qui a du sens, un schéma cohérent, ou un modèle qui permet de comprendre [...] Ces connexions conduisent le sujet à élaborer une nouvelle "idée" qui peut ainsi être définie comme une "hypothèse de travail". (1) Traiter
- Relier (1) Traiter
- L'invention simultanée du calcul infinitésimal par Newton et Leibnitz (1) Traiter
- A l'origine de bien des idées se trouve l'étonnement. Une perception aiguisée, une attention en éveil permet de détecter ces petites choses qui conduisent aux grandes trouvailles (1) Traiter
- L'attention (4) Traiter
- Les marins ont des dizaines de mots différents pour qualifier ce que nous appelons simplement une corde. Les habitants du Groenland ont des dizaines de mots différents pour qualifier ce que nous appelons simplement de la neige. Ils voient ce que nous ne voyons pas : le détail, la nuance, la caractéristique qui nous échappe. Ils perçoivent une différence là où nous ne voyons que ressemblance. Ils sont riches de la diversité là où nous sommes les pauvres de l'uniformité. (1) Traiter
- Les mots (83) Traiter
- La matière première de la pensée est le concept. Par exemple, le travail est un concept, et le repos aussi. Tout comme le bureau, qui nous montre au passage que l'amplitude des concepts peut être large : il peut être l'endroit où je vais travailler mais aussi ma table de traval. Le concept est une idée générale qui permet de regrouper beausoup de choses particulières. Un concept englobe la diversité dans une unité confortable à l'esprit qui peut alors la manipuler à sa guise pour réfléchir. Il permet d'organiser notre connaissance qur les objets, c'est l'entité cognitive de base où nous mettons le sens des mots que nous utilisons. Le concept est à la pensée ce que la brique est au maçon, ce que les molécules sont au chimiste. (1) Traiter
- Le projet Mneseek (282) Traiter
- Le concept a une fonction de classement et cette mise en catégorie consiste en deux opérations distinctes : 1. La première définit le périmètre de la classe (que puis-je mettre dans cette catégorie ?). 2. La seconde décrit les liens entre cette classe et les autres (en quoi cette catégorie est-elle différente de sa voisine ?). Cette double opération peut se faire selon deux modes différents : le point de vue classique et le point de vue relativiste.
A/ Le point de vue classique : La catégorie y est définie par un ensemble de propriétés. Les restaurants sont par exemple les endroits où, moyennant paiement, on peut prendre un repas. Selon ce point de vue, les catégories peuvent s'emboiter comme des poupées russes. Le restaurant d'entreprise, la taverne et le restauroute sont tous des restaurants qui sont eux-mêmes des commerces. Précisons encore : le restaurant est un conceptqui peut s'exprimer "en extension". C'est à dire qu'il s'étend aussi bien au Fouquet's et à la taverne de la gare d'Anvers qu'au McDonald's en bas de ma rue. Mais on peut aussi parler d'un restaurant "en compréhension", dire qu'il y a des tables, des chaises, de la nourriture, quelqu'un pour cuisiner etc. Plus la compréhension est grande, moins l'extension le sera... Autrement dit, plus on précisera en détail ce qu'est un restaurant, moins on pourra en donner d'exemples.
Le point de vue classique suppose deux hypothèses : 1. Les catégories sont homogènes. Tous les commerces qui peuvent être appelés "restaurant" le sont au même degré. 2. Les catégories sont décidables. Il est toujours possible de dire si une entité est un restaurant où ne l'est pas. Cette manière de voir les choses provient de la philosophie grècque. Elle a permis de structurer la pensée sur les bases de jugements et de raisonnements. Elle a également permis la naissance d'une discipline nouvelle : la logique formelle. Mais cette manière de voir les choses a aussi des faiblesses flagrantes. Il n'y a finalement qu'en mathématiques qu'une définition capture parfaitement un concept. La logique formelle a ses vices de forme...
B/ Le point de vue relativiste : On le sent intuitivement, les deux hypothèses précédentes sont intenables : au sein des catégories, ce n'est pas vraiment l'uniformité, ni l'homogénéité. On ne peut pas dire exactement pourquoi mais un chêne est plus représentatif de la catégorie "arbre" qu'un cerisier ou un peuplier. Un berger allemand est plus représentatif de la catégorie "chien" qu'un lévrier ou un basset. Tout se passe comme si toute catégorie avait son emblème, sa moyenne arithmétique, son prototype qui pourrait agir en ambassadeur de la classe. Un moineau est un peu plus "oiseau" qu'une perruche ou qu'un poulet qui sont pourtant des oiseaux, et ce n'est donc pas seulement une question de quantité ou de nombre. Quand on demande à une personne de citer les éléments d'une catégorie, une forme de séquence apparaît. La pomme vient avant le kiwi, le bleu vient avant le violet. Les catégories définies par des caractéristiques précises devraient être homogènes. Eh bien non, il faut bien l'admettre, certains éléments sont "un peu plus" que ce qui devrait être la même chose. Cela paraît absurde et pourtant, pour nous belges et français, F est "plus" une lettre de l'alphabet que O, l'Italie est "plus" un pays que Singapour. Et si on parle des célibataires, vous pensez à beaucoup de gens mais pas immédiatement au pape. A l'appui de cette thèse, faites le test suivant. Demandez à quelqu'un successivement : Un taxi est un véhicule. Vrai ou faux ? Un tank est un véhicule. Vrai ou faux ? Une navette spatiale est un véhicule. Vrai ou faux ? Les réponses sont trois foi "vrai". Mais il faudra chaque fois quelques instants de plus pour l'entendre... Comme si on pouvait être un peu plus ou u peu moins "véhicule" ! Une toute nouvelle approche devient alors possible. La catégorie est définie par son prototype et non plus par son périmètre. Et l'appartenance à la catégorie devient une question de distance au prototype, et non plus une question de caractéristiques partagées. Si l'approche classique relevait d'une vue "oui ou non" des choses, l'approche relativiste est au contraire tout en nuance et en continuité. Ludwig Wittgenstein a ainsi présenté en 1953 l'idée de family ressemblance, en prenant l'exemple des jeux. Ceux-ci forment indiscutablement une catégorie. Mais qui pourrait bien donner les caractéristiques communes au rugby et aux mots croisés ? Il est plus adéquat de parler de ressemblance de proche en proche. Le rugby a une parenté avec lae football, qui a une parenté avec le tennis, le tennis avec les échecs, les échecs avec le Scrabble, et le Scrabble avec les mots croisés. La réussite et le calembour font aussi partie des jeux, tout comme Sim City, le poker, le Rubik's Cube ou même la séduction. La liste est longue. Des enfants qui jouent à "papa-maman" ou encore des jongleurs qui jouent avec des quilles sont là pour témoigner que la catégorie de sjeux existe non pas grâce à des propriétés communes (comme le fait d'être plusieurs ou le rôle du hasard) mais par une ressemblance de proche en proche, un peu comme les membres d'une même famille (d'où l'appellation de l'idée présentée par Wittgenstein).
Alors quel serait le jeu "type" ? Un sport comme le football sans doute, ou alors le Monopoly. L'expérience montre en effet que les prototypes choisis sont un compromis entre la visualisation et l'abstraction.
Le prototype aura un grand nombre de propriétés communes à beaucoup d'autres éléments (définition doublement imprécise) tout en permettant une représentation imagée. Je "vois" une table de bridge ou une table d'opération, mais quand on me dit "meuble", je ne "vois" plus rien. Table sera alors le prototype, c'est le concept le plus abstrait qui entraîne néanmoins une visualisation instantanée, car je vois bien les pieds...

L'approche relativiste n'est sans doute pas très rationnelle, elle est certes subjective et les aspects psychologiques rivalisent avec les aspects philosophiques. Si on dit de quelqu'un que c'est une girafe, on pense à sa taille. Si on dit que c'est un requin, on pensera à son tempérament. Pourquoi dans un cas penser à son physique et dans un autre à son comportement ?
L'approche relativiste s'inspire évidemment du nominalisme, qui est devenu célèbre au Moyen Age lors de la tout aussi célèbre querelle des universaux. Pour les nominalistes, les propriétés communes aux objets ne sont que des mots et des noms, et il est vain de les rechercher car elles ne sont qu'illusions. Le rouge n'existe pas, même s'il y a des poissons rouges et des croix rouges. Les pèlerins ,n'existent pas même si beaucoup de gens vont à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Prenons un dernier exemple. Je lisais récemment dans un journal que Shanghai était devenue une ville "occidentale". Plutôt étrange, non ? Il y a quelques années encore, si ma mémoire est bonne, la Chine était en Orient. Comment ce pays est-il donc devenu lui aussi un pays du soleil couchant ? Ce genre de surprise sémantique illustre bien l'inévitable différence entre la fluidité d'un monde en changement continu, et la rigidité des concepts que nous formons pour le décrire et l'interpréter. Car finalement, qu'est-ce que l'"Occident" ? Il y a aujourd'hui au moins six significations !
Au départ, l'Occident était une direction, celle de l'Ouest, ce qui suppose bien-sûr un point de référence pour nous... orienter. Ce fut évidemment - pour nous ! - Athènes. Et l'ennemi perse était donc à l'Est; L'Occident désigna ensuite petit à petit une région du monde, l'Europe de l'Ouest, même si son centre de gravité se déplaçait vers Rome. Le mot glissa alors de la géographie vers la religion. A l'époque des croisades, "occidental" et "chrétien" étaient presque synonymes. Depuis la révolution industrielle, l'Occident englobe l'Europe et les Etats-Unis partis à la conquête de l'Ouest. Les dimensions scientifiques, industrielles et économiques l'emportèrent sur les autres et relient les deux côtés de l'Atlantique. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la politique devint dominante. Celui qui s'échappait d'URSS vers sont sinistre rideau de fer passait en Occident. Aujourd'hui, l'Occident serait plutôt qualifié par quelques valeurs fondamentales comme l'universalité (le fait de s'adresser à tous), l'attrait pour la nouveauté (la mode est une invention occidentale) et la perpétuelle remise en cause (le droit à l'expression et à la critique). Shanghai n'est donc pas si occidentale que cela...
Alors qu'est-ce que l'Occident finalement ? C'est un concept, une idée qui sert à interpréter ce qui se passe, et comme pour tous les modèles mentaux, l'image en nous est floue, réductrice et discontinue. impossible de dire à quel moment précis la signification du mot "Occident" a changé, mais les six étapes sont bien présentes. (1)
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- Catégories, hyperonymes, classes (32) Traiter
- Aristote nous dit : Acceptez le classement en catégories - quitte à schématiser la réalité - et en échange vous pourrez poser des jugements et construire des raisonnements. Le concept de catégorie a rendu possible l'invention du syllogisme, et plus globalement l'avènement de la logique. C'est la plus grande invention de tous les temps. (1) Traiter
- Il y a deux grands types de structures mentales : d'une part les connaissances et croyances, d'autrepart les représentations. Les connaissances et croyances sont stables, peristentes et à long terme. Le savoir que nous avons accumulé depuis notre enfance est organisé en modèles et en catégories. Plus résistantes au temps que le savoir, nos croyances, nos convictions, influencent en profondeur notre manière de penser. Les représentations, quant à elles, sont éphémères. A peine construites, elles disparaissent. Ce sont des montages de l'instant, occasionnels, particuliers et circonstanciels. L'esprit met en scène ce qu'il voit et entend, il se fait une opinion. Par exemple, s'il voit une collision de voitures, il se fait une opinion sur la responsabilité des personnes impliquées. L'esprit se construit une représentation cohérente de ce qu'il voit. (1) Traiter
- Le savoir (89) Traiter
- Les croyances (1) Traiter
- Les représentations (1) Traiter
- Le système tonal (1) Traiter
- La musique (25) Traiter
- Une nouvelle forme d'écriture cinématographique (1) Traiter
- La prostitution (1) Traiter
- Le cinéma (3) Traiter
- Le regard (2) Traiter
- La liberté (4) Traiter
- L'aliénation (2) Traiter
- La philosophie (9) Traiter
- Le choix (4) Traiter
- Il y a (1) Traiter
- Si l'on prenait le temps (1) Traiter
- Le temps (34) Traiter
- Parfois on regarde les choses | Telles qu'elles sont | En se demandant pourquoi | Parfois, on les regarde | Telles qu'elles pourraient être | En se disant pourquoi pas (1) Traiter
- Je n'veux pas rester sage (1) Traiter
- No se puede vivir sin amor (1) Traiter
- Que viva Mexico ! (1) Traiter
- Rester sauvage (33) Traiter
- Ce qui est merveilleux (30) Traiter
- Entrez dans le rêve (1) Traiter
- Le rêve (95) Traiter
- M'éteindre dans mon sommeil | Lors d'un rêve sans fin (1) Traiter
- La mort (10) Traiter
- Attraper le lapin | Et casser son horloge (1) Traiter
- Pour renaitre faut crever (1) Traiter
- Renaître (1) Traiter
- La réincarnation (3) Traiter
- Eteindre le soleil (1) Traiter
- Et il y a des mots que je ne dirai pas | Tous ces mots qui font peur quand ils ne font pas rire | Qui sont dans trop de films, de chansons et de livres | Je voudrais vous les dire, et je voudrais les vivre (1) Traiter
- Si le dégoût de la vie vient en toi | Si la paresse de la vie s'installe en toi | Pense à moi, pense à moi (1) Traiter
- La vie (10) Traiter
- Y a une route (1) Traiter
- La vie ne vaut rien | Rien ne vaut la vie (1) Traiter
- La tristesse (18) Traiter
- Je serai toujours à tes côtés (1) Traiter
- Pour toujours (1) Traiter
- Je ne puis vivre personnellement sans mon art. Mais je n'ai jamais placé cet art au-dessus de tout. S'il m'est nécessaire au contraire, c'est qu'il ne se sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous. L'art n'est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d'émouvoir le plus grand nombre d'hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l'artiste à ne pas s'isoler ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d'artiste parce qu'il se sentait différent, apprend bien vite qu'il ne nourrira son art et sa différence, qu'en avouant sa ressemblance avec tous. L'artiste se forge dans cet aller-retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s'arracher. C'est pourquoi les artistes ne méprisent rien, ils s'obligent à comprendre au lieu de juger. (Albert Camus - discours de Suède 1957) (1) Traiter
- Ecrire (11) Traiter
- Anthropologie (1) Traiter
- Une histoire qu'a pas de sens (1) Traiter
- Le sens (36) Traiter
- Humour (313) Traiter
- Il était une fois trois petits mulots qui s'affairaient dans les champs en prévisoin de l'hiver. Le premier cherchait frénétiquement des provisions et transportait toutes sortes de graines dans son trou. Le deuxième battait la campagne, en quête de tout ce qui pourrait lui permettre de se protéger du froid, et il remplissait le terrier de paille, de foin et de duvet. Et le troisième mulot ? Lui se promenait de-ci de-là en regardant le ciel, goûtant au spectacle de la nature, quand il ne s'allongeait pas pour se reposer un moment. Ses deux laborieux compagnons le houspillaient en partant au travail et lui disaient : "Quel paresseux tu fais ! Si tu ne prépares pas l'hiver, comment feras-tu quand la bise sera venue ?" Mais le troisième mulot n'essayait même pas de se justifier. Quand l'hiver arriva, les trois mulots s'abritèrent dans leur tanière encombrée de provisions. Ils ne manquaient ni de vivres ni de literie douillette, mais ils n'avaient rien à faire de toute la journée. Peu à peu, l'ennui s'installa, et ils ne savaient comment passer le temps. Alors le troisième mulot commença à raconter des histoires à ses deux compagnons : il leur parla de l'enfant qu'il avait vu au bord du champ un après-midi d'automne, d'un homme qu'il avait observé près de la mare un matin d'été. Il leur rapporta des conversations qu'il avait eues avec d'autres mulots du champ voisin ; il leur chanta la chanson d'un oiseau qu'il avait vu au printemps. C'est à se moment-là que les deux mulots travailleurs comprirent que pendant toute la belle saison leur compagnon avait recueilli des rayons de soleil pour les aider à passer agréablement l'hiver. (Le bonheur selon Confucius, Yu Dan) (1) Traiter
- Le plan de l'ouvrage défie le principe même d'une cohérence systématique, linéaire, didactique ou circulaire telle qu'elle s'est développée en occident. (1) Traiter
- A propos du Shôbôgenzô (4) Traiter
- Le français, langue sans pareille pour sa clarté et sa précision. (1) Traiter
- Linguistique (12) Traiter
- Le chinois, comme le japonais, n'est pas une langue flexionnelle ; les relations des mots et de chaque partie de la phrase, sont indiqués, non par le genre, la marque du singulier ou du pluriel, la déclinaison, la conjugaison, etc., mais seulement par la position des mots (1) Traiter
- La langue chinoise (3) Traiter
- La langue japonaise (8) Traiter
- Le chinois ancien ne connaît pas la copule "être"; le rapport du sujet et du prédicat est indiqué par une simple juxtaposition (1) Traiter
- Chez Dôgen, le langage est conçu comme matière à exploiter, et le mot est perçu comme chose parmi les choses du monde (1) Traiter
- Dans le Shôbôgenzô, la poésie et la philosophie, la surface et la profondeur ne font qu'une (1) Traiter
- La poésie (60) Traiter
- La langue japonaise omet volontiers, lorsqu'ils sont évidents aux locuteurs, le sujet et les compléments de toutes sortes (compléments d'objet direct, second ou indirect, complément circonstanciels de lieu ou de temps etc.) (1) Traiter
- Tel qu'il se présente originalement, le Shôbôgenzô est constitué de calligraphies qui ne comportent aucune ponctuation, ni de virgule, ni de point final, ni de guillemets (1) Traiter
- L'univers du phénomène qui n'est ni vrai ni faux, tout comme le rêve, par son perpétuel mouvement de l'apparaitre et du disparaitre (1) Traiter
- C'est auprès de la nature que l'homme doit apprendre la liberté du non-faire (1) Traiter
- Non-faire (95) Traiter
- La Nature (10) Traiter
- "Une fleur éclôt, et le monde se lève." A l'éclosion d'une seule fleur, le monde entier se transforme, puisque ce monde est un monde de la résonance (1) Traiter
- Résonance (40) Traiter
- "Que pensez-vous en restant immobile, assis sur le sol ?" Le maître dit : "Je pense la non-pensée." Le moine demanda : "Comment peut-on penser la non-pensée ?" Le maître dit : "Par ce qui n'est pas de l'ordre de la pensée." (2) Traiter
- La méditation (23) Traiter
- La non-pensée (6) Traiter
- Les limites de la raison (148) Traiter
- Le terme "kôjô" en japonais désigne la montée vers l'état absolu de l'Eveil où sont abolies toute opposition et toutes pensées discriminantes. (1) Traiter
- L'Eveil (3) Traiter
- La pensée discriminante (2) Traiter
- Limpide et pure, la méditation doit se pratiquer avec l'esprit de la gratuité et de la non-obtention et se situer dans la sphère de la vacuité (1) Traiter
- La gratuité, la non-obtention (1) Traiter
- La vacuité (6) Traiter
- Kufû, la pratique ingénieuse (1) Traiter
- L'entraînement (3) Traiter
- Dans quel dessein pratiques-tu la méditation assise ? (En pratiquant la méditation assise, que dessines-tu ?). A tête reposée, étudiez à fond et pratiquez avec ingéniosité cette question (1) Traiter
- Soyez-en donc persuadés une fois pour toute : non seulement votre point de vue n'est pas à déterminer comme le vôtre, mais il doit aussi exister l'enseignement essentiel dans les oeuvres des dix mille domaines. (1) Traiter
- Les domaines de la connaissance (1) Traiter
- Daijaku dit encore : "Tu étudies la méditation assise, c'est pour apprendre à être assis en éveillé" (1) Traiter
- Telle est la pratique ingénieuse appelée le dépouillement du corps et du coeur (1) Traiter
- Le mot hyô (le recto) ri (le verso) est le plus souvent employé comme synonyme de funi (le non-dualisme) : "Le recto et le verso ne font qu'un" (hyôri ittai) (1) Traiter
- La connaissance consiste à ne pas souiller le phénomène ; ne pas souiller le phénomène est la connaissance. (1) Traiter
- La connaissance de soi n'est autre que les montagnes et les rivières, c'est à dire la Nature qui réalise sa propre image en se faisant écho à elle-même (1) Traiter
- Ce que disent les montagnes (10) Traiter
- Connaître en triturant, avec toutes nos forces, cet univers entier, les montagnes et les rivières (1) Traiter
- La vertu acquise de la voix des vallées et des formes-couleurs des montagnes (1) Traiter
- Les trois poisons qui nuisent à la racine du bien sont la convoitise, la colère et l'ignorance (1) Traiter
- Formes-couleurs des montagnes et voix des vallées. C'est elles qui ont une immense langue et énoncent les quatre-vingt-quatre mille poèmes. (1) Traiter
- Tout est bon en tant que tel (1) Traiter
- La vertu acquise des éveillés antérieurs vous purifie et vous sauve, elle fait naître en vous une foi pure et l'esprit d'application libérés de toutes entraves. Dès l'instant qu'apparaît cette foi pure, le soi-même et l'autre se font également transformer par elle. Le bénéfice de cette transfornation se répand sur les êtres sensibles et sur les êtres non sensibles. (1) Traiter
- Si on dit en français "faire des rêves", on dit en japonais "voir des rêves" (1) Traiter
- Faire des rêves (1) Traiter
- L'expression courante muga-muchû veut dire littéralement le "non-moi au milieu du rêve". Il s'agit d'être absorbé, captivé ou transporté dans le total oubli de soi par tout ce qui ravit nos coeurs, telle jeu chez l'enfant, l'art, la conversation, le travail, les sentiments amoureux, etc. (1) Traiter
- Autour du "flow" (1) Traiter
- Non-moi au milieu du rêve (1) Traiter
- Malgré sa nature dépourvue de l'être-là réel, le rêve est soumis, comme tout autre phénomène, à la loi des actes (1) Traiter
- Le karma (13) Traiter
- Mise en parallèle de l'inexistence du rêve et de la vacuité de l'objet perçu (1) Traiter
- L'inexistence du rêve (1) Traiter
- "Je méditais et méditais" (1) Traiter
- Ne cherchez ni commencement ni fin du passer et du venir. Tout s'en va d'ici et maintenant, et tout vient d'ici et maintenant (2) Traiter
- Le moment présent (20) Traiter
- La pratique du présent tel quel (8) Traiter
- Présent, passé, futur (6) Traiter
- A obtenir l'équilibre, on voit l'équilibre (1) Traiter
- L'équilibre (1) Traiter
- Le mot japonais shizen : la "nature", veut dire littéralement "de soi-même ainsi", "ce qui va de soi", "ce qui advient spontanément". La tradition taoïste développera, à partir de ce mot, les notions de pure spontanéité et de non-agir, notions tournées vers l'état originel de fusion et de non-dépendance totale. (1) Traiter
- Dôgen signale que la pratique ne doit pas être conçue comme quelque chose tournée vers l'avenir (1) Traiter
- Les montagnes sont constamment au repos et constamment en marche. On parle de l'écoulement des montagnes et de l'écoulement du Soi (1) Traiter
- L'eau coagulée est plus dure que le diamant. Qui pourrait la briser ? Fondue, l'eau est plus tendre que le lait. Qui pourrait la briser ? (1) Traiter
- Poésie de l'eau (14) Traiter
- L'eau ne résiste à rien et suit le cours naturel des choses. Ainsi, dans la pensée chinoise, la métaphore de l'eau est souvent associée au Dao et à l'idéal taoïste de non-agir (1) Traiter
- Métaphore (3) Traiter
- La résistance (8) Traiter
- Du fait qu'elle coule toujours vers le bas, l'eau est ce vers quoi tout le reste conflue, appelant ainsi l'image de la vallée. Dans son humilité, elle est pourtant ce qui donne vie à toute chose, symbole en cela du féminin, du Yin qui conquiert le Yang par attraction plutôt que par contrainte. De la figure du féminin, on en arrive à celle de la mère. (1) Traiter
- La mère (2) Traiter
- L'humilité (3) Traiter
- Tous les existants sont en dernier lieu la délivrance de soi ; ils sont sans nulle demeure (1) Traiter
- Etudier à fond l'écoulement et le non-écoulement. Etudier à fond la montagne (1) Traiter
- Dôgen affirme l'identité réciproque du temps et de l'existence ; le temps est l'existence, et l'existence est le temps (1) Traiter
- Un ancien éveillé dit : Ne faites pas de mauvaises actions,/ Pratiquez les bonnes actions,/ Laissez d'elle-même se purifier cette conscience,/ Ceci n'est autre que l'enseignement de tous les éveillés. (1) Traiter
- Le bien (6) Traiter
- Ainsité (2) Traiter
- Lorsque la loi de cause à fruit est déjà clairement distinguée dans son aspect originel, elle n'est autre que le non-faire, la non-naissance, la non-permanence ; elle est sans ombre ni chute, puisqu'elle se dépouille d'elle-même ! (1) Traiter
- La puissance des actes qui s'accumule (1) Traiter
- La "Loi non discriminante" est une Loi absolue, non analytique, qui embrasse en profondeur le long mouvement de la méditation (1) Traiter
- C'est à nous de discerner quelles sont les bonnes et mauvaises actions suivant les relations circonstancielles de chaque moment (1) Traiter
- Les commentaires de l'édition traduite du Shôbôgenzô forment un tout cohérent avec le texte même de Dôgen. Elles lui seront ici catégorisées conjointement. (1) Traiter
- Tout en étant la pratique, les bonnes actions ne sont pas à moi, ni connues par moi (1) Traiter
- Faire le bien n'est pas à mesurer (1) Traiter
- Dans la pratique (méditation), il y a toujours la réalisation des bonnes actions comme présence (1) Traiter
- Quoique la cause ne soit pas avant et le fruit ne soit pas après, par la cause qui atteint sa plénitude, le fruit atteint sa plénitude (1) Traiter
- Plénitude (3) Traiter
- "Laissez d'elle-même se purifier cette conscience". Le "Laisser d'elle-même" est le non-faire, le "se purifier" est le non-faire (1) Traiter
- Qui connaît une seule poussière connaît l'univers entier. Qui pénètre un seul existant pénètre les dix mille existants. Un ancien dit : "Au premier moment de ta naissance, tu as déjà pris part au rugissement du lion" (1) Traiter
- La connaissance (25) Traiter
- L'Oeil qui sait entendre la résonance de l'univers au delà de la frontière entre l'animé et l'inanimé (1) Traiter
- A la question posée par un moine : "Qu'est-ce que la prédication de la loi faite par l'inanimé ?", le maître répond : "Ne pas jaser." (1) Traiter
- Jusqu'aux confins de tous les futurs et de l'avenir infini (1) Traiter
- Le futur (45) Traiter
- Tantôt le subit tantôt le graduel et voir le fruit se réaliser comme présence (1) Traiter
- Réfléchissez à fond et plus largement sur ce qu'est l'Oeil (1) Traiter
- Il y a mille pouvoirs pénétrant le coeur qui portent l'Oeil (1) Traiter
- La prédication de la loi faite par l'inanimé n'est autre que la totalité des énoncés des éveillés et des patriarche (1) Traiter
- Le caractère japonais shin est un idéogramme qui représente le coeur en tant qu'organe. Il désigne à la fois l'esprit et le coeur. Contrairement à la tradition occidentale qui veut établir une nette distinction entre l'esprit et le coeur, entre la pensée et les sentiments et les émotions, la mentalité extrême-orientale considère que la faculté intellectuelle s'exerce aussi bien dans le coeur que dans la tête. Le coeur est considéré comme organe à la fois des affects et de l'intellect. On pense avec le coeur, l'esprit et le coeur n'étant pas dissociés. (1) Traiter
- Le coeur (12) Traiter
- La vertu acquise du non-confectionné, la vertu acquise du non-faire (1) Traiter
- C'est l'arrêt de la pensée et la fixation de l'esprit qui sont les existants non-confectionnés. La non-naissance et le non-faire, voilà la réalité ! (1) Traiter
- La fixation de l'esprit (1) Traiter
- L'arrêt (12) Traiter
- Trouvez le refuge dans la vraie Loi et étudiez la Loi de l'éveillé en suivant les écritures bouddhiques et les bons maîtres (1) Traiter
- L'étude (13) Traiter
- C'est en recueillant la Vacuité dans la Vacuité qu'on fait de soi un éveillé (1) Traiter
- Le corps et le coeur de la Voie de l'Eveillé sont les herbes, les arbres, les tuiles, les cailloux ; ils sont le vent, la pluie, l'eau et le feu. Transformer ceux-ci en Voie de l'Eveillé n'est autre que le déploiement du coeur de l'Eveil. Déployer un seul déploiement du coeur de l'Eveil à cent, à mille, à dix mille reprises. (1) Traiter
- Il faut étudier à fond tous les existants tête par tête (1) Traiter
- L'Aspect réel est l'Aspect réel du tel quel, et le tel quel est le corps et le coeur de ce présent ! C'est avec ce corps et avec ce coeur qu'il faut déployer le coeur de l'Eveil. Ne détestez pas patauger dans l'eau et marcher sur les cailloux. Confectionner, en trituranr un seul brin d'herbe, le corps doré de l'Eveillé de six shakus, et dresser, en triturant une seule poussière, le mausolée d'un ancien éveillé, tel doit être le déploiement du coeur de l'Eveil. Cela n'est autre que de voir et écouter l'Eveillé, de voir et écouter la Loi, de faire de soi un éveillé et de faire la pratique de l'Eveillé. (1) Traiter
- Confectionner, en triturant un seul brin d'herbe, le corps doré de l'Eveillé de six shakus, et dresser, en triturant une seule poussière, le mausolée d'un ancien éveillé, tel doit être le déploiement du coeur de l'Eveil (1) Traiter
- Trituration (1) Traiter
- Jouer avec l'Oeil, goûter le déploiement du coeur de l'Eveil, et s'en servir (1) Traiter
- Selon la légende, la fleur d'Udumbara éclôt une fois tous les trois mille ans, et désigne métaphoriquement la manifestation des éveillés, événement rarissime dans ce monde terrestre. [...] A ce moment-là, assis au milieu d'un million de fidèles rassemblés sur le Mont du Pic du Vautour dans le pays de l'Ouest, l'Eveillé-Shâkyamuni tritura une fleur d'Udumbara et cligna l'Oeil. A ce moment-là, l'honorable Kâçyapa lui adressa un sourire. L'Eveillé-Shâkyamuni dit alors : "J'ai en moi la vraie Loi, Trésor de l'Oeil - le coeur sublime du Nirvâna. Je transmets ceux-ci à Kâçyapa." (1) Traiter
- Etre assis tout simplement et se dépouiller du corps et du coeur (1) Traiter
- La simplicité (27) Traiter
- Sachez-le aussi, l'égarement est la chose qui n'existe pas. Sachez-le aussi, l'éveil est la chose qui n'existe pas. (1) Traiter
- Ni le rejet ni la préférence (1) Traiter
- Réfléchissez sur vous-même ; ce que vous ne voudriez pas pour vous-mêmes sera toujours le vôtre. Prenez-en conscience aussi : ces voix du printemps et de l'automne dont vous voudriez qu'elles soient les vôtres ne le sont pas. Vos idées ne sont ni accumulées ni ne demeurent en vous. (1) Traiter
- Lorsque vous clarifiez le fait que les formes-couleurs que vous repoussez ne sont pas à être colorées selon votre préférence, c'est alors que ne se cache plus le visage et les yeux originels de l'homme qui simplement pratique la Voie au quotidien. (1) Traiter
- La vaste terre entière n'est autre que le corps humain réel, elle n'est autre que la porte de délivrance ; elle n'est autre qu'un Oeil de l'Eveillé de la lumière, elle n'est autre que notre corps de la Loi (1) Traiter


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