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Image | L'Ascension - Giotto (1303)



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L'Ascension - Giotto (1303)
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Le bleu chez Giotto di Bondone est l'une des grandes innovations de la peinture occidentale. Bien avant le bleu éclatant de Fra Angelico ou celui de Marc Chagall, Giotto fait du bleu un véritable espace spirituel, un moyen de donner de la profondeur au monde visible et de suggérer la présence du divin.

- Le bleu comme ciel de la transcendance

L'exemple le plus célèbre est celui de la Chapelle Scrovegni (vers 1305).

Le plafond est un immense ciel bleu semé d'étoiles d'or. Ce n'est plus seulement un décor : le fidèle est littéralement placé sous le ciel du salut. Le bleu crée un espace infini qui contraste avec les murs où se déroule l'histoire de la vie du Christ et de la Vierge.

Cette voûte bleue possède plusieurs fonctions :

* évoquer le paradis ;
* donner une unité à tout le cycle de fresques ;
* envelopper le spectateur dans une atmosphère de méditation.

- Le bleu comme profondeur spatiale

Avant Giotto, les fonds byzantins étaient souvent entièrement dorés, symbolisant un monde intemporel.

Giotto conserve parfois l'or, mais il introduit aussi des paysages et surtout des fonds bleus qui ouvrent l'espace.

Le bleu devient :

* la couleur de l'air ;
* la distance entre les personnages ;
* la profondeur du monde créé.

Il participe ainsi à la naissance d'une représentation plus réaliste de l'espace.

- Le bleu de la Vierge

Comme de nombreux peintres médiévaux, Giotto réserve souvent le plus beau bleu au manteau de Marie.

Ce choix est à la fois :

* théologique : le bleu exprime la pureté, la fidélité et la royauté céleste ;
* économique : lorsque le pigment est obtenu à partir du lapis-lazuli, il est extrêmement coûteux. Son emploi manifeste l'importance exceptionnelle du personnage.

On peut dire que **le bleu de Giotto est le premier grand ciel de la peinture occidentale**. Il ne sert plus seulement à identifier un personnage sacré : il devient un espace habitable par le regard, un milieu où l'histoire humaine rencontre la transcendance. C'est cette capacité à faire du bleu un espace à la fois réel et spirituel qui influencera profondément les peintres de la Renaissance, de Masaccio à Piero della Francesca.







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