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L’idée d’origine de la fameuse encyclopédie de Diderot et d’Alembert était de traduire un dictionnaire anglais vers le français. Ce volume de Ephraïm Chambers - la Cyclopœdia - était un ouvrage assez modeste qui montrait et définissait les principaux outils et instruments que l’on pouvait rencontrer au quotidien. Celui-ci avait été publié en 1728 et était composé d’articles et d’illustrations.






La Cyclopœdia de Chambers



Lorsqu’en 1745, on demanda à d'Alembert d’effectuer cette traduction, il ne put s’empêcher de vouloir étendre ce travail et il lui vint l’idée de créer une encyclopédie regroupant toutes les connaissances humaines, un véritable inventaire de ce qu’il était possible de rencontrer au XVIIIème siècle. Le titre complet de cet ouvrage majeur est Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et métiers, recueilli des meilleurs auteurs et particulièrement des Dictionnaires anglais de Chambers, d'Harris, de Diche, etc., par une Société de gens de lettres, mis en ordre par Diderot, et, quant à la partie mathématique, par d'Alembert, de l'Académie royale des sciences de Paris et de l'Académie royale de Berlin. Le premier volume est sorti six ans plus tard, en 1751.

L’aventure commença ainsi :

« Le but d'une Encyclopédie est de rassembler les connaissances éparses sur la surface de la terre, d'en exposer le système général aux hommes avec qui nous vivons et de le transmettre aux hommes qui viendront après nous ; afin que les travaux des siècles passés n'aient pas été des travaux inutiles pour les siècles qui succéderont, que nos neveux, devenant plus instruits, deviennent en même temps plus vertueux et plus heureux, et que nous ne mourions pas sans avoir bien mérité du genre humain. »


Les grands noms

C’est en collaboration étroite que Diderot - alors âgé de 32 ans - et son ami d’Alembert - 34 ans - ont réalisé ce travail phénoménal qui dura près de 20 ans – de 1751 à 1772. Rapidement les rôles ont été partagés, Diderot devait écrire le prospectus annonçant l’ouvrage et d’Alembert le Discours préliminaire, présentant le plan et la méthode de travail. Chacun réunit des collaborateurs pour assurer des articles de première qualité. Parmi ceux-ci, on peut noter la présence de Richelieu, Malesherbes, Turgot, Montesquieu, Buffon, Mme de Pompadour ou encore Voltaire. Laïcs et religieux - abbés Prades ou Morellet - participèrent à l’aventure, faisant de cet ouvrage un travail unique. Nombreux furent les rédacteurs qui offrirent leurs concours et qui furent rejetés, principalement ceux issus des groupes jésuites et jansénistes, sans doute trop imprégnés de religion au goût des principaux auteurs. Diderot travailla sur l’encyclopédie jusqu’à son achèvement, contrairement à d’Alembert qui cessa sa collaboration quelques années avant la fin. On compte pas moins de 150 auteurs, qui ont bravé les difficultés rencontrées au fur et à mesure de la publication.







Portrait de Denis Diderot par Louis Michel Vanlò




Portrait de Jean le Rond D'Alembert par Maurice Quentin de La Tour






Une publication difficile

Une fois les principales plumes réunies, les auteurs ont obtenu le « privilège », c’est-à-dire l’autorisation de publier en 1746. Cinq ans plus tard, les deux premiers volumes voyaient le jour. Le succès fut immédiat à travers l’Europe. Il se vend pas moins de 4200 volumes, chiffre très important pour l’époque, vu le coût de l’œuvre. Les autres volumes durent attendre pour être publiés, le Conseil du roi ayant suspendu l’impression plus de 18 mois. Les problèmes ont connu leurs origines avec un article sur la Genèse rédigé par un prêtre libre penseur. L’ouvrage est condamné au bûcher par l’Eglise. Finalement, en 1757, d’autres volumes ont pu être publiés grâce à Mme de Pompadour et Malesherbes, avant une nouvelle interruption prononcée par le Parlement, toujours à cause de ces « idées anti-religieuses ». Même J.J. Rousseau combat cet ouvrage car il n’a pas aimé l’article sur Genève, considérée par d’Alembert comme une cité rigoriste (voir Lettre à d'Alembert sur les spectacles). En 1759, le Conseil d’Etat interdit la vente et demande le remboursement des souscripteurs. La ruine de Diderot sera évitée de peu grâce encore une fois à l’intervention de Malesherbes. L’encyclopédie ne put être éditée qu’en 1765, mais cette fois-ci sans privilège royal mais toutefois avec l’accord tacite du gouvernement. Seule contrainte, les derniers volumes de l’ouvrage devaient être datés de l’étranger. L’achèvement eut lieu en 1772, les suppléments et tables datent eux de 1780.



Une encyclopédie à part

On imagine une encyclopédie comme un ouvrage clair et bien indexé. Avec celle de Diderot et d’Alembert, on se trouve face à un exemple totalement opposé. Voici ce qu’en dit Voltaire dans une de ses lettres à Diderot :
« Votre ouvrage est une Babel ; le bon, le mauvais, le vrai, le faux, le sérieux, le léger, tout est confondu. Il y a des articles que l'on dirait rédigés par un fat qui court les boudoirs, d'autres par des cuistres de sacristie ; on passe des plus courageuses hardiesses aux platitudes les plus écœurantes. »

Plus de 35 volumes, dont 17 de textes, et 71 181 articles composent ce travail.



Onze volumes de planches

A côté de ces nombreux articles, on trouve des illustrations qui proviennent de diverses sources. Beaucoup ont été reprises directement du dictionnaire anglais de Chambers. On peut aussi retrouver certaines planches issues de l’Histoire et mémoires de l’Académie des Sciences.

Ces dessins et gravures ont été rassemblés durant plus d’un demi-siècle par les membres de l’Académie et la majorité des planches de l’encyclopédie de d’Alembert a été tirée du volume « Arts et Métiers ». Même si de nos jours cela peut sembler être du plagiat pur et simple, cette pratique était très usitée à cette époque. D’autant que de nombreuses planches ont été retravaillées pour suivre l’évolution des objets et des métiers.

Ainsi, par exemple la planche 10, du tome IV, dédié aux métiers de l’imprimerie et de la papeterie intitulée « Papeterie, cuve à ouvrer » a été redessinée par Louis-Jacques GOUSSIER (1722 - 1799), peu de temps avant l’impression. Cette planche montre d’ailleurs clairement comment l’illustration était composée. En haut, on trouve une vue générale de l’atelier avec les différents ouvriers – l’artiste est d’ailleurs lui-même représenté. En bas, on montre les détails de la machine.

Louis-Jacques GOUSSIER est le principal illustrateur de l’encyclopédie. Il dessina pas moins de 900 planches sur les 2885 visibles dans les volumes dédiés. Pour travailler, cet autodidacte dans l’art de dessiner, se rend sur place et se renseigne sur chaque élément qu’il représente. Son sérieux et ses connaissances seront d’ailleurs mentionnées par d’Alembert lui-même, dans son Discours préliminaire :
Outre une illustration descriptive, Goussier a aussi donné de nombreuses coupes très précises ainsi que des élévations qui étonnent encore aujourd’hui par leur précision.  Il faut toutefois noter que chaque représentation d’un atelier est épurée. On en donne une vue sage, silencieuse et un brin utopique.






De nombreux autres collaborateurs sont connus, et on peut remarquer que chacun avait sa spécialité. Ainsi, Jacques-Nicolas BELLIN, « premier ingénieur hydrographe de la marine » a participé au volume incluant des planches liées au domaine maritime. Il a également écrit des articles, considérés par Diderot comme « médiocres ». Il s’inspire pour ces travaux de planches plus anciennes conservées au dépôt de la marine – aujourd’hui Service historique de la Marine. Ses planches ont toutes été corrigées par Goussier.

Philippe-Etienne de la Fosse, pionner de la médecine vétérinaire, a aussi mis ses connaissances à la disposition des encyclopédistes. Ce maréchal des écuries du Roi a travaillé plus particulièrement sur le volume V.







La Rue est le nom de deux frères - Philibert-Benoît et Louis-Felix - qui ont travaillé sur les planches liées à la minéralogie. On a pu noter qu’il persistait un doute quant à un des La Rue. Les planches concernant la montagne n’ont pu en effet être réalisées par les deux frères connus – l’un est mort et le second n’est plus jeune comme l’indique la légende au moment de l’impression. On pense donc qu’un autre La Rue a dû travailler à l’encyclopédie.








Les auteurs

La liste des contributeurs est longue. Les principaux sont aujourd’hui encore symboles de l’encyclopédie. Diderot est un philosophe, mais également un écrivain et un traducteur. Il fut en première ligne lorsque l’ouvrage à peine édité fut condamné par un mouvement anti philosophique. On le traita d’impie, d’hérétique, de « plagieur » et même de bête – voir la pièce de Palissot les Philosophes.
Autre grand rédacteur, Louis de Jaucourt a écrit de très nombreux articles dont les plus marquants furent sans conteste ses réquisitoires contre l’esclavagisme. Il fut un fervent partisan de l’encyclopédie et lorsque que celle-ci fut interdite, il poursuivit la rédaction des articles en payant de sa poche les secrétaires. Il a signé plus de 17 000 articles !






Portrait de Louis de Jaucourt



Autre grand nom, d’Alembert fut moins prolixe et dut limiter son travail après les récriminations des « antis ». Il se limita aux articles concernant les mathématiques avant d’abandonner totalement le projet en 1759.



Un éditeur engagé

Le Breton a été un éditeur hors norme. Il a rédigé l’article « encre » et a aussi dû subir de nombreuses interdictions. En 1759, on lui retire son privilège d’édition. Diderot voit alors une sortie de secours pour publier son ouvrage en travaillant à Riga avec la protection de Catherine II. Il finit par refuser, désirant rester fidèle à ses engagements. L’encyclopédie va donc continuer à être imprimée par Le Breton, qui va trahir son employeur avec l’aide de Brullé. Tous deux en effet vont réécrire plus de 40 articles et en supprimer un bon nombre. Diderot ressent cela comme une véritable trahison :

« Vous m’avez mis dans le cœur un poignard que votre vue ne peut qu’enfoncer davantage. » (Lettre de Diderot à Le Breton du 12 décembre 1764)

Pour plus de renseignements sur les illustrateurs et collaborateurs, cliquez ici





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