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La mort antique

La mort et ce qui ce passe après cet épisode incontournable ont de tous temps été un sujet particulièrement délicat. La période antique ne déroge pas à la règle. Les Egyptiens, on le sait, embaumaient leurs morts, les Grecs et les Romains brûlaient ou inhumaient les corps. Avec l'arrivée de la foi chrétienne, le principe d'inhumation s'est grandement développé. Les pratiques funéraires découlent souvent de la croyance en une vie de l'âme après la mort. Comment les funérailles puis le voyage post-mortem se passaient-ils ?



Figure féminine dénudée à demi-allongée, probablement Vénus



Figure féminine, probablement Vénus, provenant d'une tombe romaine de Fondo Fraia, Pozzuoli, vers 40-100 ap. J-C


Les funérailles chez les Grecs et les Romains


La mort pour les Grecs antiques est un long voyage. Les funérailles ne pouvaient se dérouler de jour de crainte d'importuner les Dieux. Pour cela, on mit au point des funérailles nocturnes qui restèrent au goût du jour durant de très nombreux siècles. Ces funérailles étaient précédées d'une procession des membres et amis de la famille et de pleureuses. Le mort était enseveli, une pièce dans la bouche. Celle-ci avait pour but de payer le voyage du mort dans l'au-delà. La cérémonie se poursuivait par des libations et des offrandes. De nombreux sacrifices avaient lieu aux dates anniversaires. On offrait un banquet au mort, en lui versant du vin et autres aliments via un petit orifice pratiqué dans la pierre tombale.

Si le mort était mécontent de ses funérailles, il pouvait revenir tourmenter les vivants ou demander aux dieux de punir sa famille.

Les Romains pratiquaient principalement l'incinération - et ce jusqu'au IIème siècle -. Les restes étaient ensuite déposés dans des urnes funéraires puis enterrés. Avec l'apparition du Christianisme, l'inhumation fait un retour en force. D'abord dans les grandes villes Rome, Lyon, puis dans les villes secondaires, les corps étaient placés dans des contenants de divers types. Les sarcophages en pierre sont les vestiges les mieux conservés. La nécropole se trouvait à proximité de la ville, souvent sur les grands axes qui permettaient de rentrer dans les cités. Les mausolées et autres sarcophages étaient réservés aux classes supérieures. Pour les familles moins riches, de simples cercueils en bois ou un linceul en tissu permettaient de déposer le corps en terre. Comme pour les Grecs, le défunt était accompagné de l'obole pour Charon. Ses bijoux ou des objets auxquels il tenait accompagnaient le mort dans la tombe. Les offrandes étaient également bienvenues.





Nécropole gallo-romaine de Triguères - Loiret.



Nécropole gallo-romaine de Triguères - Loiret.






L'au-delà : un voyage pas si tranquille que cela


Une fois mis au tombeau, le mort commence un long voyage. Accompagné par Hermès, il est conduit à l'entrée du Royaume des Morts, l'Hadès (qui deviendra l'Enfer). Le trajet est semé d'embuches : crevasses, précipices sans fond. Le mort doit traverser le Styx, frontière entre les vivants et le monde des morts. Pour cela, il doit utiliser la pièce que sa famille lui a donnée lors de la mise en terre et la remettre au passeur Charon. C'est sur l'autre rive que se trouve la porte des Enfers, gardée par le célèbre Cerbère. Le défunt peut entrer s'il donne au gardien monstrueux un gâteau au miel. Une fois le passage réalisé, Hermès laisse le mort seul entrer dans son nouveau Royaume.



Photo issue de A. Grabar, The Beginnings of Christian Art, p. 228, pl. 251 - Domaine public
Alceste, Hercule et Cerbère - Catacombe d’Alceste, Rome, Via Latina. IVème siècle

Hermès, Villa Adriana, Tivoli - IVème siècle, Musées Capitolins
Hermès, Villa Adriana, Tivoli - IVème siècle


Mais le voyage n'est pas terminé pour autant. Une fois le passage dépassé, un chemin terrifiant s'ouvre devant le défunt. Sur ce chemin - le vestibule des Enfers - les âmes des trépassés se dirigent vers le lieu du Jugement. C'est un lieu sinistre où les spectres sont nombreux. Parmi les monstres tous plus menaçants les uns que les autres, la Douleur, le Deuil, les Remords, les Maladies, la Vieillesse, la Terreur, la Famine, l’Indigence, la Fatigue, l’Épuisement, la Mort y ont élu domicile. Enfin, l'âme arrive sur le lieu où elle va être jugée. Trois juges l'attendent : Minos, Eaque et Rhadamanthe, tous trois fils de Zeus. Ils retracent la vie du défunt et infligent les punitions. Pour les peines inexpiables, c'est une peine pour l'éternité. Pour les morts pauvres qui n'ont pu remettre la pièce à Charon, ou ceux qui n'ont pas eu de sépulture décente, l'attente pour traverser le Styx et entrer dans le royaume des morts est de 100 ans.





Les fêtes en l'honneur des morts


Le monde romain a repris dans son ensemble la croyance et les rites grecs. Avec le temps, l'au-delà a perdu de son importance au profit des morts. La multiplication des offrandes permet de se garder de la colère du défunt. Une fête voit le jour : les Parentalia ou dies parentales, « jours des morts » qui a lieu du 13 au 21 février de chaque année. Le 13 débute la période avec la parentatio virginis vestalis. Durant cette période, les défunts rendent visite aux mortels qui doivent leur faire hommage. Les temples ferment. Rome est concentrée sur les sacrifices et autres repas familiaux donnés en l'honneur des disparus. Et gare à celui qui oublie de célébrer les Parentalies ! Il sera puni par la maladie, la misère et autres plaies durant le reste de son existence. Pour être sûr de ne pas prendre de risque, mieux vaut donc apporter la nourriture préférée des défunts sur leurs tombes.



Les Parentalia


Le dernier jour des Parentalia - soit le 21 - est un jour durant lequel le peuple devait rendre hommage aux Mânes. La fête de la Feralia est le point culminant des célébrations. Même si elle fut durant de longues années considérée comme secondaire, cette fête a connu un regain d’intérêt sous l’empereur Auguste. Suite à une grave épidémie de peste instaurée par les Mânes oubliées, les Romains ont remis au goût du jour les Feralia qui devinrent une date importante dans la relation des hommes avec les morts. Pour satisfaire ces esprits, on organisait la même cérémonie que lors du temps de deuil : offrandes de fleurs, fruits, grains de sel...




Inscription dédiée aux Mânes pour protéger le défunt

Inscription dédiée aux Mânes pour protéger le défunt 



Les Lemuria


Autre célébration en l'honneur des morts, les trois jours dédiés à la chasse aux esprits malfaisants. Pour chasser les Lémures, le chef de famille jette des fèves à ces opportuns visiteurs afin qu'ils s'en nourrissent et laissent en paix les vivants. L’acteur principal de cette célébration est le père de famille qui se lève au milieu de la nuit et va écarter les ombres nocturnes, nus pieds et pouces joints aux autres doigts. Main levée, il jetait alors des fèves sombres dans son dos. Il ne devait en aucun se retourner sous peine de voir un Lémure. Une fois l’offrande faite, il se lavait les mains et frappait un gong, psalmodiant « Sortez, Mânes de mes aïeux ! ». Il devait procéder neuf fois à cette opération avant de pouvoir regagner son lit.  



Mourir en Egypte pharaonique




Pour les Egyptiens, la vie après la mort est une certitude. Le problème est que cette idée évolue selon les régions et les périodes. Pour certains, la vie après la mort est un paradis champêtre, les champs de Ialou. D'autres y voient le domaine d'Osiris. Certains pensent enfin que le défunt vit dans sa tombe. Il n'y a qu'une seule condition pour accéder à la vie éternelle : la préservation du corps. Pour cela, les égyptiens pratiquaient la momification. Mais une vie remplie de morale est également une condition sine qua non pour accéder aux béatitudes. Pour cela, comme c'est le cas avec les Grecs, il faut traverser un fleuve et dominer les embûches du monde caché, où se trouvent de nombreux monstres. Le défunt peut être aidé en cela d'amulettes ou d’interventions divines (Atoum, Hathor, ...). Vient enfin le jugement de son cœur devant Osiris. Sa vie dans le monde de l'au-delà est également tributaire des offrandes que sa famille lui fait car il doit continuer à se nourrir.

Pour faire ce voyage, le défunt doit être soigneusement préparé. La cérémonie de l’ « ouverture de la bouche » débutait les préparatifs. Les prêtres effectuaient une purification, des onctions, sans oublier bon nombre d’incantations. Des objets spécifiques - Setep, Adze et couteau pesesh-kef - étaient utilisés. Ces opérations avaient pour but de rendre au défunt ses sens pour l’autre monde.


Jugement du défunt - Livre des morts de Hunefer, vers 1275 av. JC.
Jugement du défunt - Livre des morts de Hunefer, vers 1275 av. JC


Suivait le voyage, à proprement parlé, fort périlleux. Installé dans une barque, le mort devait traverser le monde inférieur empli de monstres. Il arrivait alors au pays des Dieux et devait traverser sept portes, en récitant une formule magique sans commettre la moindre erreur. S’il réussissait, il arrivait dans la salle du dieu Osiris pour être jugé. La « pesée du cœur » permettait aux juges - au nombre de 42 - de vérifier les actes terrestres du mort. L’âme du défunt était ensuite pesée. Celle-ci ne devait pas être plus lourde que la plume de Maât, déesse de la vérité. Autrement, le défunt ne pouvait pas accéder à l’au-delà.

Le corps est conservé dans des tombeaux, des sarcophages, ou des canopes. Les sarcophages, monuments luxueux, sont décorés de formules magiques pour accompagner l'âme du défunt à travers son périple.
Sarcophage d’Hat – XXVIème dynastie. Musée égyptien Berlin
Sarcophage d’Hat – XXVIème dynastie. Musée Egyptien Berlin



La mort chez les Chrétiens

Les Chrétiens - ainsi que les Juifs - avaient pour habitude de conserver leurs dépouilles dans des souterrains appelés catacombes. Avec la reconnaissance de la religion chrétienne par Constantin en 313, les pratiques se modifient graduellement. Plus la religion chrétienne devient importante, moins on trouve d'objets dans les tombes. La crémation n’est plus autorisée. On dispose des sarcophages dans des lieux spécifiques, en dehors des villes : les catacombes. Celles-ci vont être décorées de splendides fresques pour accompagner l‘âme du défunt. Une certaine superstition continue toutefois et il est encore possible de voir des tombes accompagnées de plats à offrandes, comme c’est le cas par exemple à Nîmes.
Peinture murale dans les Catacombes à Rome
Peinture murale des catacombes à Rome



Sarcophage chrétien du martyr Saint Quitterie, IVème siècle
Sarcophage chrétien du martyr Saint Quitterie, IVème siècle










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