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Le livre de la jungle et Le second livre de la jungle – Rudyard Kipling

Il m’aura fallu attendre la préparation d’un programme de lectures sur l’œuvre de Kipling pour me plonger dans les merveilleux « Livres de la jungle ». J’avais vu comme beaucoup d’entre nous leur adaptation par les studios Walt Disney et en avais gardé l’image d’un Mowgli tendre et espiègle, entouré de ses amis Baloo et Bagheera. Certes, je les ai retrouvés mais avec la rudesse des animaux sauvages dont les comportements se plient à un code d’honneur, celui de la Loi de la Jungle. Le Docteur de la Loi n’est autre que Baloo qui enseigne à Mowgli les « maîtres mots » de tous les peuples de la jungle. Polyglotte, il se fait l’ami de tous à l’exception de Shere Khan, son ennemi juré, qu’il mettra en pièces. Car Mowgli est juste mais n’a aucun problème de conscience quand il s’agit de combattre. Jamais à l’origine du conflit, il trouve néanmoins les ruses qui le font triompher de Shere Khan, des Bandar-Log, des dholes et du Cobra blanc, souvent avec l’aide de Kaa qui, loin d’être le stupide serpent de Walt Dysney, sauvera Mowgli et ses amis grâce à sa longue expérience et sa connaissance intime de la jungle. A plusieurs reprises les animaux disent leur amour pour Mowgli et il n’est pas rare de lire des « je t’aime » dans la gueule de Baloo ou Bagheera. Mais je vous parle encore des amis de Mowgli quand il y a tant d’autres histoires à découvrir, celles de Kotick le phoque blanc, de Kotuko le chasseur inuit, du miracle de Purun Baghat, de Rikki-tikki-tavi la mangouste ou encore de Toomai des Eléphants.

« Or, Kotuko, qui dessinait fort bien dans le style inuit, grava des images de toutes ces aventures sur une longue lame d’ivoire plat percée d’un trou au bout. [...] Je l’ai trouvé sous des vieilleries à Colombo, et l’ai traduit d’un bout à l’autre. »



Couverture - Le livre de la jungle



Frédérique Bruyas

www.mneseek.fr (partage de liens internet culturels)










La violence dans Le livre de la jungle

Mon idée ici : une courte étude du thème de la violence dans le livre de la jungle de Rudyard Kipling, voici quelques éléments (Je me bornerai au premier tome des aventures de Mowgli, de ses amis et autres).

Un grand merci d'abord à Frédérique pour m'avoir fait découvrir le livre de la jungle et le second livre de la jungle. Ces deux livres, à la fois poétiques et haletants, m'ont fait passer un beau moment. La violence y est omniprésente, on la retrouve dans tous les chapitres. L'affection, l'amour jouent aussi un grand rôle.

La violence semble inhérente, consubstantielle à la vie que ce soit dans la jungle ou au dehors. C'est le cobra qui mange les oisillons tombés du nid, la mangouste Rikki-tikki-tavi qui chasse le cobra. Les animaux agissent par instinct et luttent pour leur vie, leur territoire... Dès leur naissance, les petits apprenent à chasser et à se défendre grâce au jeu. La lutte pour la vie se retrouve au sein d'une même espèce (c'est la lutte des phoques entre eux pour leur territoire dans le chapitre "Le phoque blanc"...) ou entre espèces.
La violence est présente aussi chez les hommes (ils chassent Mowgli du village) et bien sûr dans le rapport des hommes aux animaux (violence des hommes qui écorchent les phoques et chassent les éléphants). Le tigre Shere Khan chasse l'homme, les hommes enflamment l'herbe. Haine de Shere Khan pour Mowgli qui finira par avoir raison du tigre.
Si un des thèmes du livre est la recherche de la paix (notamment par la loi), celle-ci est acquise par la violence. Car pour survivre, Mowgli doit tuer Shere Khan... L'harmonie du monde de la jungle s'appuie sur la violence naturelle. De la même manière, la loi de la jungle censée régler les rôles, les attributs, les interdits de chacun, exerce-t-elle une forme de violence. Mais la loi de la jungle permet aux animaux de vivre en bonne intelligence.
Le corrolaire de la violence, la douceur, l'affection, donne au livre de la jungle sa profondeur. Amour maternel d'abord : c'est Mère Louve qui s'attendrit devant le jeune Mowgli au point de l'adopter et de le défendre désormais contre Shere Khan et devant ses autres ennemis. De même lorsque Mowgli retourne chez les hommes, sa nouvelle mère lui donne son affection et le défend contre ceux qui veulent le chasser. Etonnant parallèle entre le monde des animaux et celui de l'homme. Amour paternel ensuite : Père loup élève Mowgli en lui donnant les clés de la vie dans la jungle. Amour fraternel aussi des frères loups de Mowgli. Baloo (qui enseigne aux petits la loi de la jungle) et Baghera défendent Mowgli au Conseil des loups. Lors de l'enlèvement de Mowgli par les Bandar-Log, les deux compères ne se consolent pas d'avoir perdu le petit d'homme et font tout pour le sauver. Baghera, sorte de mamie gâteau qui se laisse gentiment martiriser par le petit Mowgli, réconforte celui-ci quand il doit quitter la jungle. Mowgli s'écriant : "ô Baghera que j'aime !". L'affection des animaux pour Mowgli n'est pas aveugle : ils n'hésitent pas à le corriger quand il a mal agi. Ils le reconnaissent pourtant comme leur frère. Et Mowgli n'est pas en reste : il aide par exemple les loups à se défaire des épines prises dans leur poil et bien sûr tue Shere Khan. Mowgli représente le trait d'union entre les hommes et les animaux. Il n'est pas le seul : Face à deux serpents bruns, la mangouste Rikki-tikki-tavi sauve ses amis humains, ceux là même qui l'avaient recueillie et soignée. Dévouée et modeste, elle veille sur les hommes.
Violence et affection apparaissent ici comme les deux faces complémentaires de la réalité du monde de la jungle et finalement du monde en général. En ce sens, le regard de Kipling sur la vie est précieux, la leçon est profitable.



Julien Guerraz

www.mneseek.fr (partage de liens internet culturels)






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